Mamusicale

//Interview – L érotisme exotique des Charlotte Fever

Mamusicale | 11 novembre 2019

Aujourd’hui à la Felicita, dans un feuillage aussi exotique que leur groupe, on retrouve les Charlotte Fever, groupe que l’on suit depuis qu’on les a découvert à la release-pool party vendéenne de Raymond Amour (live report). Interview croisée de Cassandra et Alexandre, les deux Charlotte Fever.

 

Bonjour Les Charlotte Fever. Pour nos lecteurs qui ne vous connaissent pas encore, pouvez-vous vous présenter : Qui êtes-vous ? Depuis quand vous connaissez-vous ?

AM : Moi c’est Alexandre. Je chante, je fais de la guitare et du synthé au sein du groupe Charlotte Fever.

CH : Moi c’est Cassandra, je chante, je fais du synthé, du keytar et des PAD dans le groupe Charlotte Fever

AM : Avec Cassandra, on s’est rencontrés il y’a 10 ans. On est amis. On a commencé à collaborer sur un projet il y’a 5 ou 6 ans, à l’époque où je jouais dans un groupe de rock psychédélique avec 5 personnes, un truc un peu violent mais intello. Ça m’a un peu fatigué sur la fin mais avec Cassandra on s’entendait bien musicalement donc on a décidé de monter un projet tous les deux. Beaucoup plus simple, beaucoup plus spontané et efficace. On sentait qu’on était très complices tous les deux et on a commencé à écrire des morceaux et on a arrêté l’autre projet.

Pourquoi Charlotte Fever ?

AM : On a une amie en commun, qui s’appelle Charlotte, qui porte le projet en tant que manager depuis le 1er jour. La 2ème raison, un peu plus underground…

CH : Le groupe a commencé un dimanche pluvieux. Charlotte avait une sinusite et beaucoup de fièvre. On était chez moi et avec Alex, comme on s’ennuyait, on s’est dit que faire de la musique ce serait cool et on a commencé à composer le 1er morceau en s’amusant. Et on a laissé tomber Charlotte, qui est allée toute seule à la pharmacie. On a appelé le morceau « Charlotte Fever ». Et comme il fallait trouver un nom de groupe, on l’a appelé pareil. Et ensuite on s’est dit que le côté international marchait assez bien.

Le double tranchant c’est qu’aujourd’hui les gens pensent que je m’appelle Charlotte !

AM : Moi aussi dès fois ils pensent que je m’appelle Charlotte. J’aimerai bien qu’ils pensent que je m’appelle Charlotte (rires).

Votre univers est très coloré et délicatement subversif, de la « Synth pop caniculaire ». Quelles sont vos sources d’inspiration ?

AM : Le projet est inspiré d’artistes comme Sébastien Tellier, Tame Impala ; dont Kevin Parker qui nous influence beaucoup, Polo et Pan, Serge Gainsbourg aussi, Niagara pour des repères un peu plus francophones. Surtout que Cassie ressemble à Muriel.

CH : Je suis fan de Niagara depuis longtemps et je voulais trop la rencontrer, mais elle a arrêté. J’ai cru que notre reprise allait la tenter, on lui a envoyée, on l’a tagguée sur Facebook…mais très peu d’espoir. Si jamais dans cette itw un message pouvait être passé !

Sinon pour les inspirations, il y’a énormément les années 80, qu’on aime bien pour frotter les sons de nos synthés.

AM : On mélange pas mal les synthés un peu froids des années 80 avec des instruments et des percussions plus chaudes qu’on peut trouver en Amérique Latine, genre marimba, güiro, bongo, congas. Pour que ça sente le soleil, parce qu’à Paris il fait trop gris !

Vous avez sorti un 1er EP il y’a quasiment 1 an. Parlez-nous de lui.

AM : Carrément ! C’est un EP qu’on a commencé il y’a un an. On a commencé à écrire des morceaux qui évoquaient des paysages idylliques, des jungles, des paysages un peu tropicaux. Parce que dans nos studios de la Cité Universitaire, c’est pas très beau et on avait besoin de s’évader. Cet EP reflète la frustration d’être sous les nuages gris de paris. D’imaginer ces paysages nous permet de voyager et de se sentir mieux

CH : On a commencé à chanter en français, parce que pour nous c’était important que la langue française avait sa place dans la musique. Après le succès de La Femme à l’international, on s’est dit qu’il ne fallait pas avoir peur d’utiliser le français. Ça a débloqué quelque chose artistiquement dans notre musique, parce qu’on s’est demandé quels mots utiliser pour que ce soit le plus musical possible. Broder une histoire autour de ces mots. Le milieu tropical nous parle beaucoup. La cover de l’EP qui est faite par Anna Wanda qu’on aime énormément. Elle a vraiment réussi à dessiner ce qui avait dans nos têtes. On est toujours super fiers de cet EP.

AM : Après, dans les morceaux qui détonnent un peu avec les tropiques, il y’a Gang naturiste où ça parle de naturisme. On a tourné le clip en Normandie.

CH : L’EP est découpé en deux parties. Il y’a une partie tropicale. Mais on parle aussi beaucoup de femmes nues, de femmes fortes, et de sexe. Parce que ça fait partie des choses qu’on veut évoquer, parce qu’on est dans le plaisir. C’est un peu notre inspiration de Serge Gainsbourg sur ça, où il pouvait parler de sexe de façon crue mais élégante.

Comment procédez-vous pour l’écriture des chansons ?

AM : On fait ça tous les deux, parce qu’on est tout le temps tous les deux au studio. Après, moi je gère bien la partie production (les sons, l’ordi pour le recording). On est ensemble et on fait un brain storming. Pour les paroles, ça naît de conversations entre nous deux. Il n’y a pas de règle, même si ces derniers temps j’ai plus écrit les parties chantées masculines et Cassie les parties féminines.

CH : Pour les sujets on est d’accord. Comme les musiques sont assez cinématographiques, on arrive à trouver un sujet évident.

Vous travaillez assez vite du coup ?

AM : Ça dépend. Souvent ça va vite, mais parfois on est bloqués sur un truc.

CH : Après, on a une règle. Un bon morceau ça doit rester spontané et simple. Si on se prend la tête et si on est bloqués sur un morceau, on y revient plus tard et on en commence un autre. Sur le prochain EP, il y’a un morceau qui nous a pris plus de temps que les autres mais qui fait l’unanimité  dans notre entourage. Moi ce morceau il m’a fait peur parce que c’est le premier où on est revenus, qu’on a laissé et aujourd’hui il est génial. Mais on aime pas se prendre la tête. La règle d’or pour nous c’est la spontanéité.

Justement, vous pouvez nous parler un peu de l’EP en préparation ?

AM : il y’ a pas mal d’influences disco, modernes, un peu Cerrone, toujours Gainsbourg avec un parler chanter. C’est assez dansant.

CH : c’est un EP pour moi qui est un peu plus sombre. Il y’a un peu moins de tropiques. Il y’a toujours la notion de plaisir et de sexe, sans prise de tête.

AM : il n’y a pas de chanson triste. Il n y’a que des chansons dansantes.

Il en est où ?

AM : Les morceaux sont mixés. Il va sortir en début d’année. La cover n’est pas prête. Ce sera une femme mais pas Anna Wanda, qui va quand même participer. On a décidé de faire un booklet érotique qui va accompagner le vinyle.

CH : Pour chaque chanson, il y’aura une petite nouvelle érotique dans un livret avec une image d’un illustrateur ou illustratrice. Ana Vanda va faire des dessins.

AM : On est dans de l’érotique, du sexe élégant.

Concernant vos clips, vous en avez tourné pas mal ; vous faisiez référence à Gang naturiste, pour lequel vous avez fait appel à vos amis. Comment vous procédez pour les clips ? Cette chanson-là on peut en faire un clip ?

CH : Notre 1er clip c’est Bagatelle. Celui qui nous a demandé le plus de temps et de moyen c’est Gang Naturiste. On a loué un lieu, on a fait un story board. Voyeur, qui est sorti récemment et entièrement animé par Anna Vanda. On a beaucoup de clips

AM : Tous les morceaux qu’on écrit, on a vraiment des images en tête, donc ils sont tous clipables, même si on en a malheureusement pas les moyens. On a beaucoup de matière pour mettre de la vidéo dessus. C’est plutôt notre entourage pro qui va nous aiguiller sur les morceaux forts à cliper.

Comment gérez-vous votre image, sur les réseaux sociaux, votre site ?

Le site c’est notre manager qui s’en occupe, elle fait les stories. Tout passe par elle, même quand on a des idées et qu’on veut faire des choses, pour que tout reste cohérent au milieu des idées qu’on a.

CH : Pour Instagram, les messages qu’on reçoit, c’est nous qui répondons directement. La musique passe beaucoup par le visuel. Les jeunes sont intéressés par les live et les clips. Insta c’est le meilleur moyen de faire sa promotion. Pour nous c’est évident de passer par les réseaux sociaux.

AM : Avant le CV des artistes, c’était leur Facebook. Maintenant, c’est Instagram et Youtube. Mais on est pas Youtubeurs

CH : Ça justifie de ce que font les artistes dans leur journée. Quand on est partis en tournée, on a eu une audience de dingue parce que les gens voient ce qu’on fait, on fait des concerts, on voyage, on fait des photos. Ils voient ce que ça peut être d’être musicien en 2019. On a gagné beaucoup de followers en 1 mois. C’est aussi accompagné par les plateformes de streaming comme Deezer et Spotify. C’est comme ça qu’un groupe devient un peu une entreprise parce que nous on peut voir quel pays a le plus écouté nos morceaux. On peut avoir notre « retour sur investissement ». C’est intéressant de voir les likes après un concert pour voir si les gens ont aimé.

Justement, parlez-nous de votre aventure « aux Amériques »

C’est l’alliance française du Salvador qui a organisé toute la tournée et qui a proposé notre projet aux autres alliances françaises d’Amérique centrale. Ils ont tous validé le projet et on a fait 10 dates organisées par eux du Panama jusqu’au  Guatemala, sauf au Belize, car il n’y a pas d’Alliance française.

Vous remplissiez des salles de combien de personne là-bas ?

AM : En moyenne entre 100 et 200 personnes. Mais on a fait des concerts plus intimistes dans un théâtre de 70 personnes.

CH : On a fait 3 dates en plus dans des écoles.

On est revenus avec des fans. De gens qui sont encore là bas et qui nous demandent quand on revient.

Cette tournée ça vous a apporté quoi pour la suite ?

AM : Déjà, on a eu des expériences humaines de dingue. Tous les 3 jours on rencontrait des gens vraiment sympas. Dans les alliances françaises ils sont vraiment trop trop cool. C’est des passionnés, avec lesquels on était vraiment sur la même longueur d’ondes. Ils étaient aux petits soins. On s’est fait des potes. On a eu des lettres de recommandation pour éventuellement repartir avec l’alliance française ailleurs.

CH : On a eu un rythme très soutenu là-bas. On a eu un concert tous les 3 jours, des avions, des bus. C’est cool de se dire que le temps est passé vite et qu’on a réussi parce qu’avant de partir on ne sait pas si on va avoir autant d’énergie pour autant de concerts. Au final on a trop kiffé. Ça valide le fait que notre musique elle marche, même ailleurs, face à des gens qui ne parlent pas français. Parfois avec des étudiants qui apprennent le français. C’est incroyable de se dire que ça fait danser tout le monde.

AM : on s’est baignés dans le Pacifique. Ça, ça change une personne ! (rires) Et dans une lagune aussi. On a vu de la lave sur un volcan aussi.

Maintenant vous êtes rodés sur scène ?

CH : Oui. En plus là bas, on a expérimenté notre premier set d’une heure. En France on nous laisse pas forcément jouer une heure, c’est entre 30 et 45 minutes. On a pu faire une mise en scène qu’on avait préparée. J’espère qu’on pourra faire ça en France.

Pour les prochaines semaines, vous avez quoi de prévu ?

AM : On va jouer dans une prison à Nanterre

CH : Pour le concert de Noël des détenus de la prison de Nanterre. Après on doit préparer la sortie de notre EP. Et on va essayer de faire un concert à paris avant Décembre.

AM : On a pas de date fixée mais on aimerait bien faire une date de retour à paris. On va faire une résidence à la Scène Musicale.

Pour terminer…

Le saviez-vous ? Cassandra est très fière de son Keytar des années 80 ! Les Charlotte Fever sont en train de travailler sur une scénographie loufoque, un peu « Whats’the fuck ?! » Alléchant … à suivre !!

Vous pouvez les suivre sur Instagram   Youtube  Facebook ou encore sur charlottefever.fr/

Crédit photo : Kevin Blain

// Interview par : Laure Girardeau

Chroniqueuse / Live report / Interviews

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