Mamusicale

//L’ouverture explosive de Solidays 2019

Live Report | 7 juillet 2019

En ce premier jour d’été, l’hippodrome de Longchamp était the place to be pour célébrer tant de choses à la fois : la fête de la musique, l’amour, la tolérance… Retour sur le festival le plus attendu de la région parisienne, dont l’influence – et l’affluence – ne cessent d’augmenter.

Même si les concerts ne commencent qu’en début de soirée, le site du festival, lui, est accessible dès 16 heures, et propose de nombreuses activités qui font l’originalité de Solidays. Avant même d’obtenir son bracelet d’entrée, on se voit proposer des préservatifs gratuits, car c’est aussi et surtout ça l’esprit ici : une prévention attentive autour de la sexualité, doublé d’une ouverture d’esprit au premier plan. Une fois les portiques de sécurité franchis, deux expositions m’attendent pour commencer ma soirée. Je commence par Sex in the City, un labyrinthe à travers lequel la parole se libère, dans une ambiance bienveillante et pédagogue ; puis je vais jeter un coup d’œil à l’exposition de l’auteur de Titeuf. S’il avait déjà participé à la sensibilisation de la sexualité auprès des enfants avec Le guide du zizi sexuel, publié en 2001, Zep marque le coup en s’adressant à son public qui a bien grandi depuis, avec 30 planches qui mettent à plat à nouveau les tabous sur le ton de l’humour.

Ofenbach

Le coup d’envoi de ma soirée est lancé avec le concert d’Ofenbach. Avant leur arrivée sur scène, comme avant celle de chaque artiste, le micro est donné à des militants d’associations, présent pour avertir le public, le mobiliser, pour des causes qui suscitent le soutien des milliers de jeunes essentiellement présents sur ce festival, comme dans ce cas-ci pour le planning familial et le droit à l’avortement.

La sensibilisation passe aussi à travers des écrans géants de chaque côté des plus grandes scènes, qui diffusent des publicités alertant sur la maladie du Sida, cause principale soutenue ici, ou encore l’homophobie. L’articulation est néanmoins réussie avec des messages d’espoir et d’encouragement pour montrer l’avancée des progrès qui ont été faits, ce qui permet de raviver les troupes auprès des stands de dons. Par exemple, on nous rappelle que depuis la création du festival, près de 25 millions d’euro ont été récoltés en faveur de la lutte contre le sida.

Après des applaudissements aussi fort que lors du concert qui va suivre, la militante se retire de scène pour laisser la place aux deux DJs français Dorian Lauduique et César de Rummel, connus sous le nom d’Ofenbach et pour avoir créé les morceaux « Be Mine » et « Katchi », qui résonne toujours aussi bien un an après sa sortie. A la fin de leur show, le duo nous laisse découvrir l’une de leur facette cachée, plus authentique, en interprétant « Be Mine » en version acoustique. Une nouvelle voie – si je peux me permettre le jeu de mot – que le public savoure tout autant que la version électro.

Lomepal

Une heure plus tard, mon ventre gargouille. En attendant de voir Lompal, je savoure mon dîner aux pieds d’une grue, du haut de laquelle sautent à l’élastique les festivaliers les plus courageux. Ce rappeur français est l’une des têtes d’affiches les plus importantes de tout le festival. Après la sortie de son album Jeannine en décembre 2018, et des concerts aux places vendues en un rien de temps, son succès est garanti ce soir. En arrivant à bord d’une voiturette aux couleurs du festival, la dérision est vite accompagnée de la passion qui le gagne dès l’interprétation des premières notes. Entre « Ne me ramène pas », « 1000° » et « Plus de larmes », la tension ne fait qu’augmenter un peu plus après chaque chanson.

Mais le moment à retenir sera celui de la magnifique surprise qu’il nous fait en invitant Orelsan le temps de rapper sur « La vérité », titre qui apparaît en featuring ensemble sur son album. Le clou du spectacle : l’émotion entre frissons et larmes aux yeux sur la dernière chanson, « Trop beau ». Cette performance démontre le talent des paroliers du rap français qui continuent d’exceller dans leur domaine.

Prochaine étape : le concert de Macklemore. Un an après l’avoir vu sur les planches de Rock en Seine, son show reste toujours aussi spectaculaire. C’est un artiste complet, qui alterne entre un rap impeccable et des chorégraphies qui ont le don de rendre le public euphorique. Tout en restant sur scène, Macklemore sait être au cœur de son public en nous rappelant que Paris est sa ville préférée de toute la terre entière. Il interagit si bien qu’il invite deux festivaliers au hasard à faire une courte démonstration de danse, devant plus de 20 000 personnes ! Ces moments sont toujours les plus fous lors de ses concerts.

En patientant mon ultime concert, je profite des 30 minutes qui m’en séparent pour aller jeter un coup d’œil à celui de Kiddy Smile, un DJ français que j’avais rencontré au festival Paramour Le Bal en février 2019. Dans le live report que j’en avais fait, vous pourrez retrouver l’interview que m’avait accordé Kiddy Smile. Déjà touché par la cause de la lutte contre le Sida, il réitère sa générosité et son talent en faisant vibrer la nuit de Solidays. Aucun doute, il mérite amplement sa place dans l’un des plus gros festivals parisiens.

Vladimir Cauchemar

Enfin, avant que mes jambes ne me lâchent, je vais les faire danser une dernière fois sous la toile du Dôme, au premier rang devant Vladimir Cauchemar. Un autre DJ français, qui a la particularité de cacher son visage derrière un masque de tête de mort. Une anonymité qui rappelle quelque peu les Daft Punk, mais avec un élan techno beaucoup plus déjanté. Sa chanson phare ? « Aulos Reloaded », sortie en 2018 en collaboration avec 6ix9ine, a déjà dépassé les 22 millions d’écoute sur Spotify.

Après cette journée intense, je retiens surtout qu’une nouvelle génération de talents français parvient à déchaîner des milliers de personnes, sans commettre la moindre fausse note. L’avenir de la scène française s’annonce brillant.

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Crédit photo : Pierre-Yves Leblanc (TVDuNet.com)

// Live report : Marine Saint-Germain

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