Mamusicale

//Yadam en interview : Un EP pour changer les mentalités

Interview Artistes | 28 février 2020

Rencontre avec YADAM: “J’espère que Safeplace va permettre aux gens d’ouvrir leurs esprits et leurs mentalités.”

A tout juste 21 ans, YADAM a des rêves plein la tête, qu’il s’apprête à concrétiser avec la sortie ce vendredi de son premier EP “Safeplace”. 3 pays, 3 cultures, 3 langues différentes et une histoire singulière: voilà toute la richesse que YADAM nous fait partager au travers des 5 chansons qui composent “Safeplace”.

Peux-tu te présenter à Mamusicale comme tu le fais dans ton single YADAM ?

Bonjour, je m’appelle YADAM. J’ai 21, je suis Vénézuélien, j’ai grandi aux États-Unis et maintenant j’habite en France. Je suis le produit de trois cultures différentes avec des vécus différents. Ma mère m’appelle un caméléon parce que j’ai dû apprendre à m’habituer aux différents lieux et personnes.

Peux-tu me donner trois émotions pour décrire ton EP ?

D’abord, il y a de la colère. Mais elle est nécessaire, c’est une colère contre le destin. C’est une colère qui me fait évoluer et qui fait ressortir quelque chose de mieux. Ensuite, il y a de la nostalgie et de l’espoir. 

Qu’est ce qui t’as amené à la pop, c’était un genre que tu écoutais déjà avant ?

J’ai toujours écouté de la pop anglaise. Mais j’ai voulu en faire une différente, expérimentale, avec des sonorités peu communes. La différence se fait dans la manière de jouer avec certains instruments, certains effets. C’est une alternative à ce qu’on a déjà.

Sur ton EP, tu as un titre qui s’appelle “Empty Doors”, peux-tu nous en parler ?

“Empty Doors” c’est mon titre préféré de l’EP. Il rassemble mes 3 langues. J’ai écrit cette chanson parce que j’étais déçu d’avoir eu une opportunité aussi grande que la Nouvelle Star et d’avoir été dans une illusion. Toutes les opportunités qu’on a sont des portes vides et c’est à nous de construire ce qu’on a envie de voir derrière ces portes. C’est ce que j’ai appris.

J’ai découvert grâce à la Nouvelle Star que je voulais être chanteur. Les gens pensent que la télévision fait une carrière mais tout ce qui se passe après c’est à l’artiste de le construire. Et c’est ce que j’ai dû apprendre après les gros coups que j’ai reçu à la fin de la Nouvelle Star. J’avais aussi une certaine responsabilité avec mon public qui était là. Donc, pour moi ça a été une porte vide.  D’une porte vide, j’ai voulu en créer une opportunité.

L’inspiration derrière “Empty Doors”, c’est que dès qu’une porte se ferme, d’autres s’ouvrent. Mais même si certaines s’ouvrent, c’est pour tomber dans le vide ensuite. Je n’ai jamais eu une chanson à écouter quand je me sentais comme ça et j’ai voulu faire en sorte que “Empty Doors” puisse remplir ce vide. J’aime aussi cette chanson car c’est un mélange de soul et de pop et je pense que c’est vers cette direction que j’ai envie de continuer.

Selon toi, est-ce plus difficile de se faire connaître en France en étant un artiste étranger ?

Oui! En fait, on a déjà des clichés sur les artistes en fonction de leur nationalité. Je n’aime pas rentrer des cases car je ne suis pas dans un type idéal. Je ne culpabilise pas le fait d’être étranger. J’en veux plutôt au monde de la musique de ne pas être ouvert à autre chose qu’aux clichés. Même si je suis Vénézuélien, il y a beaucoup plus que la culture folk ou Reggaeton chez moi. J’ai hâte de sortir “Safeplace” pour leur montrer qui je suis et ce que j’ai été capable de faire en restant moi. J’espère que “Safeplace” va permettre aux gens d’ouvrir leurs esprits et leurs mentalités.

Peux-tu me décrire ta relation avec chacune des langues ?

Quand j’étais aux États-Unis, je n’aimais que l’anglais, je n’acceptais pas l’espagnol. J’étais dans le déni. J’avais grandi aux États-Unis et pour moi j’étais Américain. Revenir au Venezuela, ça a été un choc parce que j’étais parti quand j’avais 4 ans. 10 ans plus tard, j’étais un ado en pleine crise. C’est ce qui m’a amené à l’apprentissage d’autres langues. J’ai commencé avec le français. Et au final, c’est en France que j’ai appris à apprécier beaucoup plus ma langue natale, mes origines et tout ce que je ne pouvais pas voir au Venezuela à cause de la crises et des situations problématiques du pays. Maintenant que je me sens bien, j’ai de l’empathie envers mon pays. J’ai envie de vivre ici mais en espagnol.

“Safeplace” m’a permis de comprendre ce que chaque langue signifie pour moi. En anglais, j’ai vécu un des plus grand conflit de ma vie quand j’ai dû partir des Etats-Unis. En espagnol, j’ai de la nostalgie. En français, j’ai de l’espoir. Les 3 émotions de l’EP se retrouvent dans chaque langue.

Est-ce que ce n’est pas trop difficile de trouver les bons mots dans 3 langues différentes ?

Quand j’ai tenté de faire mes premières chansons en français, mon manager me corrigeait. Mais quand je passe trop de temps à parler en français, après j’ai du mal à parler bien anglais. Et on me dit “T’as un accent français quand tu parles anglais” (rires). Maintenant que je vis en français, lorsque je parle en espagnol ou en anglais, je parle comme un français. Ça montre encore que je suis un caméléon (rires)!

Quand j’écris une chanson, je l’écris déjà avec l’idée d’une langue. Mais pour les chansons mixtes, je travaille avec une autre personne qui m’aide à trouver les bons mots. Par exemple, c’est Paul Roman qui m’a aidé sur la partie française de “Empty Doors”.

Peux-tu me dire tes influences musicales dans tes 3 langues ?

En anglais, c’est Florence and The Machine et beaucoup BANKS car sa musique exprime beaucoup de colère dans laquelle je me retrouve.

En espagnol, il y a Natalia Lafourcade et je me suis beaucoup inspiré d’un de ses morceaux pour faire mon morceau “Vacio”. En français, c’est Yseult! Je l’aimais déjà avant de faire la Nouvelle Star et je rêve de la rencontrer, je le dis dans toutes les interviews (rires)! C’est une grande inspiration et je pense qu’ensemble on pourrait faire de belles choses. Et Christine and The Queens également. J’ai hâte de sortir “Safeplace” pour montrer aux autres artistes que j’existe.

Est-ce que tu as senti que tu avais une communauté grandissante en France depuis la Nouvelle Star ?

Oui! On a lancé une campagne de financement sur KissKissBankBank qui nous a permis de récolter 15 000€, c’est une somme! C’était 254 personnes précisément qui ont donné et même si ma communauté commence avec ces 254, c’est déjà quelque chose.

C’est leur amour et leur soutien tous les jours qui me pousse. Depuis la campagne, je fais tout pour être proche d’eux. Je ne me sens pas seul et c’est très important pour quelqu’un comme moi. C’est la seule chose que je remercie la Nouvelle Star de m’avoir donné dans la porte vide.

As-tu eu des retours du Vénézuela et des Etats-Unis ?

Ça commence! Avec la sortie de “Safeplace” j’espère qu’une des chansons va rentrer en radio au Vénézuela et la presse commence à relayer aussi. J’ai même été invité pour chanter pour le président! Il y a deux présidents au Vénézuela: le mauvais, et le nouveau qu’on espère va devenir très bon.

Celui qui représente notre futur est venu à Paris et on m’a invité à chanter l’hymne national et ça c’est très fort. Également, lorsque que j’ai sorti un extrait de Vacio en ligne, je me suis rendu compte que ma communauté la plus forte était espagnole pour l’instant. Il y a aussi des fans qui me suivent depuis les Etats-Unis, en Californie précisément.

C’est trop cool. Aujourd’hui, je rêve que ma musique soit écoutée ailleurs et qu’elle puisse me faire voyager. Et je sais que c’est réalisable si je travaille.

Qu’est-ce que tu conseillerais aux gens qui voudraient réaliser leur rêve mais qui ont peur des risques ?

Si tu as envie de faire quelque chose mais que tu as peur des risques, c’est parce que tu es trop dans ta zone de confort. Si tu as un rêve, prend la responsabilité de ce que tu as envie d’accomplir même s’il faut travailler plus et faire des sacrifices.

Moi j’ai pris la responsabilité de laisser ma maison, mon pays. Après, j’ai aussi été obligé de sortir de ma zone de confort. Mais si les gens ont besoin, je peux les pousser (rires)! C’est ce que j’essaie de faire avec mes amis. Si tu y crois vraiment, tu ne dois pas avoir peur des risques. Il faut discerner la peur et l’envie.

Un grand merci à YADAM pour cette rencontre pleine de simple et sincère. Retrouvez-le sur ses réseaux sociaux pour ne rien manquer de son actualité! Facebook   Twitter et Instagram

// Interview par : Laurine Bocq

Chronique album / Live report

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