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//VICTOR SOLF de HER, « fils illégitime de Nina Simone et Kanye West »

Interview Artistes, Pop, Rock / Soul, Soul Blues | 3 février 2020

Il y a presque un an jour pour jour, Victor Solf achevait l’aventure Her par un Zénith de Paris complet. Il amorce aujourd’hui son retour en solo en piano-voix avec son premier EP « Aftermath », un projet intime et sensible, centré sur le piano.

“Pour cet EP, j’ai voulu orienter mon travail vers le piano, vers ma voix, vers la soul, le gospel et la musique des années 60 […] en la modernisant parce qu’on est en 2020 et que j’adore aussi la musique de notre époque.”

 

Qui es-tu, Victor Solf ?

J’aime dire que je suis né en 1965 à Détroit et en 2019 à Londres pour être le fils illégitime de Nina Simone et de Kanye West… S’il n’y avait pas de problème de génétique bien sur !

J’adore le concept. (Rires). Peux-tu nous en dire plus sur ton travail d’écriture et de composition ?

C’est plus de moments de solitude, mais je dois dire que c’est très agréable. J’ai appris à l’accepter et à l’apprécier. Je passe beaucoup de temps au piano, à l’écriture. Ça demande un certain temps de se mettre dans un état d’esprit de création, d’essayer de sentir les choses… Quand j’écris et je compose, la seule chose que je souhaite, c’est que ça me plaise, que ça me donne des frissons, que je sois totalement transporté. Ça semble facile dit comme ça, quand on écrit ses première chansons, mais je deviens plus exigeant au fil du temps.

Pour toi, la rigueur est essentielle ?

Oui. En fait, plus tu écris, plus tu deviens perfectionniste. Je fais souvent l’analogie avec la cuisine : un chef qui va apprendre à cuisiner, au début il va avoir des horizons très larges. Plus il va cuisiner, plus il va se spécialiser et commencer à avoir des plats signature tout en cherchant sans cesse à se renouveler. C’est un peu ma philosophie en tant qu’artiste.

Combien de temps t’a pris cette phase de création ?

A peu près un an. J’ai pris la décision de faire un projet solo il y a bien plus longtemps. Ça a été assez anarchique au début car j’avais du mal à sortir de ma zone de confort. Pendant plusieurs années, j’ai beaucoup travaillé avec des guitares, des basses, beaucoup d’effets.

Pour cet EP, j’ai voulu orienter mon travail vers le piano, vers ma voix, vers la soul, le gospel et la musique des années 60 et me la réapproprier en la modernisant parce qu’on est en 2020 et que j’adore aussi la musique de notre époque.

C’est quoi tes inspirations de notre époque justement ?

J’adore des artistes comme Kanye West, James Blake, FKA twigs pour leur production, Jamie XX évidemment, Jon Hopkins c’est très fort ce qu’il fait. Ce sont des grandes inspirations que j’ai, parfois très électro. C’est le cadre que je me suis donné.

Dans ton EP, tu es seul aux commandes de ta musique et tes arrangements ?

En fait, j’ai collaboré avec des artistes lorsque les compositions étaient terminées, mais c’est toujours moi qui ai dirigé, choisi. J’ai eu très vite une idée vraiment précise ce que je voulais faire. J’ai eu envie de m’éloigner de la guitare, de la basse pour me limiter au piano.

Le piano, c’est ton premier instrument ?

C’est assez paradoxal car c’est mon premier instrument mais je l’avais jamais vraiment exploité. Ça peut paraître bête, mais je ne savais même pas comment enregistrer cet instrument. J’ai appris sur un piano droit, et j’ai gardé cette même sonorité pour mon projet.

J’ai vu que tu avais lancé ce que tu appelles les Sunday Sessions. Ces mini concerts acoustiques me font beaucoup penser à l’atmosphère des piano-bar. D’où t’est venue cette idée ?

Je tourne toujours autour de cette idée de me mettre en danger, de sortir de ma zone de confort. Je me suis rendu compte que j’avais dépassé la barre des 200 concerts, toujours un peu dans le même format – une scène, un batteur, une basse, une guitare – et je me suis demandé ce que je pouvais faire de différent. J’ai commencé d’abord par jouer des morceaux de piano sur Instagram, puis j’ai pris goût de partager ces moments avec mon public. Je me suis dit que ce serait génial qu’il n’y ait même plus de téléphone, que je sois vraiment avec eux sans filtre. J’ai organisé ça à Rennes et à Lille, et ça a été une super expérience.

Est-ce que tu perds pour autant le goût des grandes scènes ?

Je suis très à l’aise aussi sur les grosses scènes, les Zéniths. J’adore ça, je suis un fan absolu de James Morrison, de James Brown, de Michael Jackson, ce truc de showman. Ça fait réellement partie de mon identité. Quand je suis sur scène, j’ai l’impression d’être sur un ring.

En parlant de scène, c’est quoi ton actualité 2020 ?

Je jouerai à la Gaîté Lyrique le 2 juin, et je vais annoncer très bientôt des festivals. Avec ce nouveau projet, je vais essayer de m’aventurer vers des choses que je n’ai jamais faites. Je ne peux pas en dire plus pour le moment malheureusement car c’est encore en chantier, mais le mot d’ordre, c’est de me mettre en danger. C’est malheureusement assez facile de rentrer dans une habitude, dans les codes et j’ai envie de tester de nouvelles choses.

Je prépare également un prochain clip, mais je n’en dis pas plus…

Comment tu as vécu ta précédente tournée à l’étranger ?

Le voyage et la découverte d’autres cultures, c’est ce qui m’a vraiment donné envie d’être musicien. J’ai adoré prendre le temps de découvrir des lieux magnifiques lors de ma précédente tournée.

Tes 3 coups de cœur du moment ?

Je viens de terminer une série géniale qui s’appelle Messiah, j’ai adoré le film Parasite, et en 3ème coup de cœur, je dirais un restaurant de tapas japonais que j’aime beaucoup qui s’appelle Abri Soba dans le 9ème.

Ton dernier concert ?

Rihanna.

Ton endroit préféré ?

Je pense d’abord à Lampaul-Ploudalmézeau dans le Finistère, ainsi que la magnifique ville de Plougastel. (Rires)

Ton meilleur souvenir de tournée ?

Avec Rihanna, évidemment. Les gens vont croire que je suis un grand fan de Rihanna ! Alors oui, je l’adore, mais je ne suis pas aussi fanatique que j’en ai l’air. (Rires)

Plus sérieusement, le dernier Zénith de Paris pour Her, c’était vraiment incroyable. J’ai pu jouer devant 6000 personnes…C’est une sensation indescriptible. Je connaissais la setlist par cœur. Je fais encore l’analogie avec les restaurants, mais c’est comme quand tu ouvres la porte d’un restaurant, tout est déjà prêt. Jusqu’au moment où tu vas sortir du restaurant, tu vas être bercé par quelque chose. C’est vraiment la sensation que j’ai eue au Zénith, de ma première note jusqu’à ma sortie de scène.

Toutes les actus de Victor Solf sont à retrouver sur Facebook, Instagram, Youtube.

Crédit photo : Antoine Hénault

// Interview par : Alice Mazières

Chronique album / Live report / Interviews

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