Mamusicale

//Synapson en interview – voyager sans sortir de chez soi

Electro / Rock, Interview Artistes, Pop | 9 décembre 2020

10 ans, ça se fête. Synapson dévoile cette année un projet-anniversaire qui renoue avec les premiers amours du duo et qui ont fait leur succès. Global Musique vol. 1, sorti le 27 novembre dernier, signe une série de collaborations qui met en avant des artistes de tous horizons. Que ce soient Oumou Sangaré, Bougeziwe Mabandla, Flavia Coelho ou encore Tim Dup, Synapson invite au voyage à travers onze cartes postales. Paul nous a accordé une interview inédite.

Vous venez de sortir votre nouvel album “Global Musique vol.1”, qui réunit des talents incommensurables des quatre coins du monde. Comment avez-vous vécu ces derniers mois pour le travail de composition à distance ?

Heureusement pour nous, le projet a démarré fin 2019 donc des sessions avaient déjà été faites en amont. Les morceaux avec Oumou Sangaré, Bongeziwe Mabandla, Pongo avaient été enregistrés avant la pandémie. Pour le reste, nous avons travaillé à distance. Une bonne partie des voix était déjà prête avant mars. Pour tirer quelque chose de positif de cette période, on peut dire que le temps gagné à ne pas faire de concert nous a permis de terminer tous les morceaux entamés.

Vous mettez en avant des artistes internationaux comme Blick Bassy au Cameroun ou Bambie Thug aux UK. C’est important pour vous de créer une passerelle entre les cultures, de prendre la formation Synapson et de l’emmener ailleurs ?

Oui complètement. Nous sommes un duo de musique électronique. Nous ne sommes pas chanteurs donc on va forcément chercher de nouvelles voix, essayer de se confronter à des cultures différentes et des artistes internationaux. C’est important pour nous d’aller chercher des sonorités, des musicalités, de nouvelles manières d’approcher la musique pour enrichir nos productions.

Et la composition à deux, ça se passe comment ?

On va dire que l’on se partage le boulot ! Alex, c’est plutôt le mélodiste : il a une vraie formation de piano-jazz depuis qu’il est jeune. Moi, j’ai une formation d’ingénieur du son. Mais il n’y a pas vraiment de règle. On a chacun notre studio, on échange un peu au quotidien. Les démos que l’on prépare passent d’un studio à l’autre, on mélange nos spécificités. On enregistre, on mixe, on réalise et on masterise donc on maîtrise toute la chaîne audio. Nous sommes un peu les artisans des morceaux, sauf des voix.

Nous avions eu un premier aperçu de ce nouvel album avec la collaboration exceptionnelle de Tim Dup et Lass. D’ailleurs, cette dernière association s’est vue agrémentée d’un visuel exceptionnel, dévoilé il y a quelques jours. Pouvez-vous nous raconter comment a été imaginé ce clip ?

En fait, tout le projet Global Musique est une ode au voyage et on souhaitait que ce morceau, qui représente le mieux cet état d’esprit, puisse faire voyager à travers le clip. On nous a parlé de Soldat Films, qui est une maison de production, et l’agence de pub Willie Beamen qui nous a proposé l’idée créative. Grâce à eux, nous avons découvert un studio du côté d’Orly qui intègre un écran LED incurvé de 22 mètres sur lequel tu peux monter tes propres décors et paysages. Les images sont projetées sur cet écran gigantesque.

Qu’est-ce qui différencie cet écran d’un fond vert ?

La différence, c’est qu’on filme comme si le décor existait vraiment. On ne va pas venir projeter les images a posteriori. On shoote avec les images sur les écrans. Les leds vont donner des couleurs et des ambiances. En clip vidéo, c’est le premier à sortir avec cette technologie d’écrans. Sur le tournage, on avait même une décoratrice qui est venue mettre des éléments devant les écrans pour tromper l’œil au maximum. Quand tu regardes le clip depuis un smartphone, le rendu est assez bluffant !

Avec ce nouvel album, nous avons compris qu’il y aurait un volume 2. Va-t-il se construire de la même manière que le premier ?

Totalement. On va essayer de multiplier les collaborations. Dans ce premier volume, on a eu surtout des artistes du continent africain, d’Europe ou encore d’Amérique du Sud. C’est principalement car on écoute beaucoup de musiques de ces trois continents. Le prochain défi serait de partir un peu plus à l’Est avec l’Asie par exemple. C’est une musique que l’on écoute moins mais qui serait intéressante à explorer. L’idée, c’est de pousser les curseurs au maximum. On verra où ça nous mène…

Vous avez été invités par la Manufacture de Haute Horlogerie Audemars Piguet pour imaginer un morceau inspiré par l’environnement de la marque installée au Brassus, en Suisse. Comment avez-vous imaginé ce morceau intitulé ”Supersonnerie” ?

On est partis en Suisse avec un petit micro et avons enregistré le son de la montre Supersonnerie : Le marteau qui frappe un timbre et qui déclenche le son pour sonner l’heure. On a aussi repris des bruits de la manufacture, et avons parsemé la composition de tous ces petits sons que l’on a ramené de là-bas. L’idée du voyage, ce n’est pas seulement une voix mais ça peut aussi être une expérience comme celle-ci. On est rentrés avec suffisamment de matière pour en faire un titre.

Ce nouvel album symbolise aussi les 10 ans de Synapson. Avez-vous avez un beau souvenir à nous partager ?

C’est très dur de choisir, mais j’en ai deux qui me viennent en tête. Tahiti car on a eu la chance d’y jouer trois fois. La musique nous a amenés là-bas, et c’est une chance extraordinaire. L’Olympia aussi, car on avait réussi à rassembler tous les artistes avec lesquels nous avions travaillé, ainsi que nos familles et nos amis.

Un grand merci à Paul de m’avoir accordé ce temps. L’album de Synapson Global Musique Vol.1 est disponible depuis le 27 novembre sur toutes les plateformes de téléchargement. Bonne écoute et bon voyage à toutes et à tous. Retrouvez toute leur actualité sur Instagram, Facebook, YouTube

 

Crédit photo : Paul Lombard

// Interview par : Alice Mazières

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