Mamusicale

//Seemone en interview : Dans l’intimité de son premier album.

Chanson française, Interview Artistes | 1 juillet 2020

Une voix de velours, des textes authentiques et une émotion transperçante… Seemone a un style bien à elle et sait nous toucher au bon endroit. Depuis son passage remarqué dans l’émission Destination Eurovision, elle n’a de cesse de dévoiler toute l’étendue de son talent. Avec déjà deux singles à son actif et un troisième à paraître, elle concrétisera l’essai à l’automne prochain en nous livrant son premier album, rempli de tendresse et d’amour.

C’est avec beaucoup d’humilité et de sincérité que Seemone a accepté de répondre à nos questions lors de son interview avec Mamusicale.

Dans quel contexte a été écrit « Dans Mes rêves » ?

C’est le premier morceau que l’on a travaillé sur l’album. Fabrice Mantegna, le réalisateur, co-auteur et co-compositeur de l’album m’a poussée à travailler après Destination Eurovision en essayant de faire des efforts sur la composition. Un jour, j’ai fredonné une mélodie et il a ensuite composé toute la musique à partir de ça. Pour le texte, il voulait faire appel à Joëlle Kopf, une grande amie à lui. Elle a été très émue par la chanson et en a accepté l’écriture. C’était exactement ce qu’on voulait. Ce morceau est finalement une très belle fusion entre trois cerveaux.

As-tu voulu rendre un hommage à Joëlle Kopf en sortant ce morceau ?

C’est le dernier texte qu’elle ait écrit alors forcément, cette chanson a sonnée différemment pour moi lorsque Joëlle nous a quittée. On a été très touchés par sa disparition. Nous avons été invités à chanter « Dans mes rêves » devant ses proches lors d’un hommage organisé à Strasbourg. Depuis, elle a pris une toute autre dimension pour nous. C’est un peu comme si elle nous parlait.

Je trouve les paroles plutôt abstraites, laissant une grande part à l’interprétation de chacun. Quelle est la tienne ?

Je pense que Joëlle a vu en moi une jeune femme un peu perdue, qui rêvait de faire de belles choses mais qui ne savait pas trop comment les réaliser. Elle était très intelligente et très lucide sur les personnes qu’elle avait en face d’elle. C’est vraiment un message d’espoir. Cette chanson m’a beaucoup aidée à réfléchir autrement. Dans mes rêves, je suis capable de parler d’amour et de chanter tout ça mais dans ma vie, où j’en suis ? Joëlle a touché droit au but avec ses mots.

Chacun peut interpréter cette chanson en fonction de son vécu, et j’imagine que tu as eu des échos d’interprétations totalement différentes de la tienne ?

C’est très touchant, surtout quand les gens nous racontent des histoires très personnelles. Un jeune homme nous a par exemple envoyé un message pour nous raconter qu’en écoutant cette chanson il avait l’impression que son amoureux disparu lui parlait. C’est vraiment très important pour moi de savoir comment ça touche les gens dans leur propre histoire.

Qu’est-ce qu’il y avait dans tes rêves étant enfant ? Et maintenant ?

Quand j’étais une enfant, je voulais absolument être comédienne, je voulais qu’on me voie, qu’on me remarque, qu’on m’entendre et qu’on m’écoute. J’avais un terrible besoin d’être regardée, qui peut être autant positif que négatif. J’avais très peur d’être oubliée ou mise de côté donc dans mes rêves, tout le monde me voyait et j’étais considérée.

Et aujourd’hui dans mes rêves, je souhaite être entendue et faire du bien, plutôt que d’être vue. Je pense que j’ai des choses à dire, j’ai beaucoup travaillé sur moi et ça change une vie.

Depuis quand as-tu cet album en tête ?

Alors, soyons la plus honnête du monde (rires) ! Je n’ai jamais eu d’album en tête avant qu’il soit enregistré. Je n’ai jamais imaginé que je puisse être chanteuse et encore moins d’en faire mon métier. C’est Fabrice qui avait un album en tête. Moi, je ne suis pas musicienne, je n’ai pas de formation musicale, la musique m’est vraiment tombée dessus à travers le chemin qu’il m’a fait faire. Je n’avais jamais écrit donc je me suis découverte à l’écriture de cet album. On a toujours co-écrit les textes ensemble. Quand on est sortis de Destination Eurovision, on a travaillé ensemble pour trouver des mélodies. Aussi fou que cela puisse paraître, j’ai découvert l’album une fois qu’il était terminé.

Comment en es-tu arrivée à la chanson et à Destination Eurovision ?

Puisque je voulais être comédienne étant petite, et que j’avais une voix particulière, on m’avait conseillé de prendre des cours de chant pour stabiliser ma voix. J’avais pris des cours avec quelques professeurs mais j’étais assez complexée. Et un jour, une copine m’a donné le contact de son prof de chant, et c’était Fabrice. Ça a été la rencontre de ma vie. Ensuite, il m’a dit « avec une voix comme la tienne, je ne te laisse pas le choix, on va faire de la musique ! ». D’une manière ou d’une autre, il m’a appris la vie à travers la musique. Ça fait maintenant 7 ou 8 ans qu’on se connait. C’est très important pour moi de dire à quel point on est plusieurs dans un projet. Je n’aurai jamais rien fait seule et je ne suis que toute petite comparée aux grands qui ont travaillé avec moi.

Peux-tu déjà nous parler des thèmes qui t’ont inspiré pour l’écriture et la composition des titres ?

Il n’y en a qu’un seul : l’amour. Mais l’amour sous toutes ses formes, avec beaucoup de questionnement : Est-ce que je suis capable d’aimer ? Est-ce que j’ai envie d’aimer ? Est-ce que j’ai le droit d’aimer ? Est-ce que j’ai peur d’aimer ? C’est le questionnement d’une jeune femme en pleine introspection. C’est Daniel Balavoine qui disait : « Pour faire un disque il faut avoir fait tant de chemin, juste un peu d’ivresse et beaucoup de chagrin » et je suis complètement d’accord avec ça. J’ai énormément grandi avec cet album.

Est-ce qu’on peut alors parler d’un album autobiographique ?

Oui, complètement. C’est un album intime, secret mais qui en même temps se veut assez général puisque je suis sûre que je ne suis pas toute seule à me poser ces questions. C’était très important pour Fabrice et moi que ça touche au bon endroit, sans exclure personne. J’adorerais que quelqu’un qui n’écoute que du rap français ou de la techno se laisse toucher par notre projet. C’est un gros pari. On sait que cet album est atypique, authentique et un peu à contre-courant de ce qui se fait en ce moment mais ça nous tenait vraiment à cœur d’aller jusqu’au bout.

Tu décris ton album comme étant à « contre-courant » des tendances actuelles, pourquoi ?

C’est surtout une question de style. On veut vraiment faire de la chanson française et c’était important pour nous. Il n’y a pas de batterie sur cet album, c’est quelque chose que Fabrice ne voulait pas lâcher. Globalement, il a été composé piano, voix, cordes, avec un style peut-être un peu baroque. On voulait épurer la composition, dans une époque où on a tendance à en mettre un peu trop. Notre mot d’ordre, c’était la simplicité, en retirant tout ce qui ne sert à rien pour aller toucher les gens et les faire vibrer sans en faire trop.

Et comment t’imagines-tu sur scène ?

Je suis très heureuse car on a signé avec un tourneur qui s’appelle Thierry Cornolti et c’était vraiment quelque chose de très important. On a très envie d’aller sur scène car c’est un projet qui se défend et se vit à travers les gens. J’ai vraiment cette envie de les voir, les sentir dans une salle et de me rendre compte de ce qu’on peut partager en faisant de la musique. Je m’imagine sur scène le plus simplement possible, sans artifices, avec Fabrice puisqu’il est ténor d’opéra et il m’accompagne au piano…  C’est un grand musicien et moi une toute petite chanteuse. Ça forme un joli duo.

 

Un grand merci à Seemone pour cette interview, qui n’a pas fini de nous surprendre et nous émouvoir. Nul doute que son premier album à paraître à l’automne prochain saura conquérir un large public. En attendant, retrouvez Seemone sur ses Réseaux Sociaux (Facebook  Instagram).

Crédit photo : Akatre

// Interview par : Laurine Bocq

Chronique album / Live report

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