Mamusicale

//OLDELAF – L’aventure de 2020

Chanson française, Interview Artistes | 27 octobre 2020

Oldelaf a fait trois concerts complets au Rack’am de Bretigny sur Orge, les 14,15 et 16 octobre 2020. Mamusicale s’est rendue sur place pour lui poser quelques questions.

Merci de me recevoir entre les balances et le concert. Pour débuter, peux-tu faire un survol rapide des grands moments de tes 25 ans d’aventures musicales ?

Ça fait même plus de 25 ans, mes premiers concerts avec mes chansons étaient en 1992. Mais pour résumer en 3 mots, je dirais triomphe, gloire …

Beauté ?

Beauté c’est pas mal !

Il y a plusieurs périodes, le démarrage puis Caméléon et les p’tits humains avec un album autoproduit pour chacun des groupes. On faisait de la chanson souvent humoristique. Les autres musiciens étaient étudiants, donc pas très disponibles pour tourner. Sans manager, sans prod, c’était compliqué mais très formateur. Puis les autres membres ont décidé de ne faire que de la chanson en supprimant le coté humoristique. J’ai fondé Oldelaf et monsieur D en 2000. Les gens se sont embarqués dans ce projet qui a grossit et duré 10 ans. On a terminé dans un Olympia complet en janvier 2010. Ensuite c’est Oldelaf avec la volonté de faire des chansons plus mixtes. En 2011, il y a la « Tristitude » avec une énorme médiatisation. Depuis, il y a eu quatre albums plus deux pour les enfants. Au total, ça doit faire la douzaine.

Dans ce parcours, à quel moment tu te dis, je vais faire de la musique à temps plein, devenir pro ? 

Je l’avais décidé avant. C’est un rêve que je nourrissais jeune dans ma chambre. J’ai commencé comme pianiste de bar à 14 ans. J’ai composé mes premières chansons vers 13 ans.

Quels sont tes inspirateurs, ceux qui t’ont donné envie de chanter ?

Les VRP et les Nones Troppo. Cette veine-là m’a toujours transportée. Pour moi ce sont les seuls à avoir fait des grands disques de chansons humoristiques. Les grands frères et amis se sont les Joyeux Urbains. Les Fatals Picard, ce que je voyais d’eux me faisait vraiment rire avant même d’intégrer le groupe. On partageait le même type d’humour, on a eu une vraie route parallèle.

La genèse d’une compo se déroule comment ? Texte puis musique ?

Dans l’idéal, ça arrive en même temps. Il y a une idée, une phrase qui te fait marrer. Ça se passe dans la tête et j’enregistre des bouts de trucs sur mon téléphone. Plus jeune, c’était la musique puis les paroles qui venaient se poser dessus. En fait, maintenant j’ai du mal à avancer sur des paroles sans avoir la musique. 

Tu as lancé un projet Ulule, pour financer ce nouvel album ‘L’aventure’.  Le crowfunding est-il le seul moyen de financer un album en restant totalement libre de créer ou de sa création ?

J’ai toujours été clair là-dessus, je n’ai rien contre signer dans une grosse production. Il y a deux ans, j’ai voulu voler de mes propres ailes, mais producteur c’est un métier et ce n’est pas le mien ! Ça a été merveilleux cette expérience de crowfunding mais je ne fais qu’un vœu partiel de liberté, si un producteur est partant pour produire mon album je serais très content.

286% de l’objectif, on se dit que les gens sont sympas, fans ou crédules ?

J’espères les trois ! (sourires). Les gens ont compris que les modes de production changent. Ils n’ont pas ce qui leur convient sur les radios actuelles. Ce sont des personnes qui aiment le spectacle vivant. Certains me suivent depuis longtemps et ramènent la famille. Ça part d’un coup de cœur. On fait des vrais concerts ou tu te marres, c’est un peu addictif, ils ont envie d’aider ça. Mais il n’y a pas que des fans, certains sont dans le soutien, et aide pour aider.

Tu peux nous parler de ton idée de créer ce dernier album sur la route en camping-car ? C’était en parallèle d’une tournée ?

On a voyagé. L’album a été enregistré de façon itinérante.

En parallèle d’une tournée ?

Non, je ne voulais pas, il y a trop de trucs à faire sur une tournée. On a consacré notre temps à écrire, composer et enregistrer. Le voyage a toujours été une source d’inspiration importante. Pourquoi pas faire la création et l’enregistrement d’une chanson dans une forêt ou face à la mer. Nous étions une équipe réduite, un régisseur, un tech son, Victor (Paillet) et moi. Le seul truc impossible, ça a été d’enregistrer en roulant. Il y a eu des moments merveilleux. Je suis très heureux de cette aventure, d’où le nom de l’album.

Question longue à la Nagui : vous avez donc parcouru la France afin de composer les chansons de ton dernier album. « L’aventure » est sortie le 28 février et le 17 mars la France était confinée. N’auriez-vous pas contribué à la propagation du virus et de ce fait as-tu une responsabilité dans le confinement ?

Tu as tout à fait raison ! Si ça se trouve c’est nous. On a une vie assez malsaine et donc on peut se poser la question. Plus sérieusement, sortir un album sur le voyage au moment du confinement, ça a eu un côté grotesque !

Tu as écrit une chanson qui a pour titre « L’amour à l’hôtel Ibis », ça t’a permis de diminuer les coûts d’hébergement de tes tournées ?

C’est mieux que ça. On a joué aux 85 ans de Paul Dubrule, co fondateur du groupe Accor dans une propriété du Lubéron devant 400 invités en compagnie des Gipsy Kings avec qui nous avons joué « Djobi Djoba » et « Bamboléo ». Nous avons été adoubé par le fondateur …

Tu inventes « La tristitude » et tu fais un hit, Ségolène Royal invente « la bravitude » et tout le monde se moque, tu expliques ça comment ?

En fait, je crois qu’elle a un peu tout faux. Les néologismes doivent être bien cadrés par les politiques. On ne leur pardonne pas grand-chose, parce que la plupart du temps ils font n’importe quoi. En tout cas ces 2 là sont indépendants, la « tristitude » n’est pas en rapport avec la « bravitude ».

Pour toi, cette période de covid et de confinement a été plutôt créative ou pas ?

Je ne pouvais pas créer, je venais d’accoucher de 30 chansons. L’album venait de sortir, j’étais en pleine promo. Il y a l’album « L’aventure » plus celui fait uniquement pour les crowdfunder. C’était très bizarre, on a vraiment eu une frustration totale.

Quel regard portes-tu sur l’avenir des spectacles vivants et de la musique en particulier ?

C’est catastrophique. C’est le Hiroshima de l’économie du spectacle, sur les salles, les artistes, il va y avoir un tri terrible. Moi qui m’en sort bien, qui ai un nom, je suis dans la misère financière. Pour les artistes plus précaires c’est terrible. Et en plus avec ce couvre-feu …

Le musicien est-il maudit ? Le piratage et les plateformes ont cassés les ventes de cd et le virus les concerts. Comment vit-on de sa création en 2020 ?

Je dois avouer avoir tout envisagé, je ne suis pas un optimiste permanent, je suis prévoyant. Je me suis posé des questions sur la possibilité d’une blessure, que les gens n’aiment plus mes chansons, d’un « burn-out » voire un « foie-out » … J’avais envisagé plein de choses, mais de ne plus avoir le droit de jouer, jamais ! Dans leur esprit, on est inutile, on ne fait pas parti de l’équation.

Pour avoir un bon bilan carbone, tu es partant pour des concerts acoustiques éclairés à la bougie ?

Je propose des concerts sportifs où les spectateurs pédalent pour fournir l’énergie. S’ils veulent plus de son et de lumières, ils pédalent plus vite. En acoustique, si il y a une panne de courant, on continu. Ce qui n’est pas le cas pour des artistes qui font des spectacles simplement en appuyant sur play !

Tu as grandi en écoutant quoi ?

Je suis très chansons françaises, Alain Souchon, Joe Dassin, Julien Clerc mais au-dessus de tout, il y a les Beatles.

Ton dernier coup de cœur musical ?

Sans que ce soit un coup de cœur, je dirais Angèle, c’est hyper radiophonique, elle est jeune et raconte des trucs malins.

Le morceau ou le groupe que tu écoutes en boucle en ce moment ?

Les Beatles et la chanson « Porque te vas »

Ton dernier concert en tant que spectateur ?

Souchon.

Une salle ou une scène où tu rêves de jouer ?

C’est fait. L’Olympia c’était un rêve d’enfant. D’avoir mon nom et des amis des 4 coins du monde, c’était un bilan de vie, un aboutissement.

L’artiste avec qui tu rêves de partager la scène ?

Paul Mc McCartney, mais il faut se dépêcher !

Un souvenir marquant sur scène ?

Ça date du 10 octobre dernier, à Lagny-sur-Marne, le premier concert à cinq depuis le confinement. On a tous failli pleurer en se disant c’est reparti on peut jouer.

Ton actualité des prochains mois ?

Gros point d’interrogation. Il reste l’album « L’aventure » à écouter !

A suivre sur  oldelaf.com                                        Crédit photo : Franck Loriou

// Interview par : Marc Tessier

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