Mamusicale

//Le groupe KIZ fait de la zik autrement

Interview Artistes, Pop | 3 mars 2017


Voilà un groupe tout à fait atypique qui fait de la musique avec des objets complètement inhabituels et incongrus quelquefois. Et ne parlons pas de leurs clips qui sont des petites pépites. Ils se sont dévoilés pour les lecteurs de Mamusicale.

Bonjour à vous deux,

Bonjour Mamusicale,

Comment a été créé le groupe KIZ ?

Alice : on s’est connu à l’école de musique ATLA à Pigalle à Paris et on a appris à se connaître tout au long de notre scolarité. Il fallait que l’on se mette en groupe pour créer des morceaux, faire des ateliers, c’est comme ça qu’on a commencé à travailler ensemble, et petit à petit on s’est dit pourquoi pas faire un groupe.

Votre album sort le 3 mars prochain, comment définiriez-vous le style musical ?

Marc : Electro pop acoustique. Pop pour le côté sucré et frais, mais avec beaucoup de sons de synthé.

Qui a travaillé avec vous sur cet album ?

Alice : on a tout fait à deux, que ce soient les compositions, les arrangements, et l’écriture, et ensuite on a fait une partie réalisation et enregistrement en studio. En fait 80 % des enregistrements de l’album a été fait en home studio avec des moyens très simples et 20 % du reste, c’est-à-dire toutes les voix et les éléments de batterie, de saxo, on l’a fait au Studio de la Grande Armée avec Ludovick Tartavel, qui a d’ailleurs mixé l’album. On lui a envoyé les maquettes et Ludovick nous a fait des propositions et des suggestions, mais sans rien nous imposer. Il nous pousse dans nos retranchements et c’est important d’avoir un avis extérieur. Du coup c’est très enrichissant pour nous car ses idées pourront peut-être nous servir pour un futur morceau.

Comment se passent les compositions ?

Marc : on fait tout à deux. Parfois Alice arrive avec une rythmique ou moi j’arrive avec une idée de texte. La genèse de chaque morceau est différente mais dans tous les cas il y a une mise en commun des idées.

Alice : et quelquefois on peut juste partir d’un mot et créer tout un univers autour de ce mot.

Quelle sont vos principales sources d’inspiration que ce soit pour les textes ou pour la musique ?

Alice : on aime bien les jeux de mots, mais il y a également des morceaux qui sont de notre vécu, de notre ressenti ou de notre trait de caractère.

Marc : « maladresse code » par exemple est une chanson sur la maladresse car Alice est très maladroite. La chanson « bouge » est une chanson sur le fait d’être hypocondriaque, ce qui est mon cas. On peut aussi partir d’un thème et écrire tous les mots associés à ce thème pour en faire ensuite un puzzle. Je sais qu’il y a des artistes qui sont inspirés en regardant un film, ou en écoutant un artiste, mais nous on n’est pas du tout dans cette démarche-là.

Vous avez fait plusieurs reprises, est-ce plus difficile de faire une reprise en l’arrangeant à votre manière ou écrire un nouveau morceau ?

Alice : c’est plus difficile de faire un morceau à soi car il faut tout faire du début à la fin. Et on met un point d’orgue au texte, donc il peut arriver que l’on mettre plusieurs semaines pour écrire un texte, ou une journée, c’est très aléatoire.

Marc : pour une reprise, la mélodie est faite, le texte est écrit, il n’y a que de l’arrangement. Par exemple, on a repris le morceau « Blizzard » de Fauve pour les Inrocks. C’est une chanson très parlée ce dont on n’a pas l’habitude, et c’est comme ça qu’on a eu l’idée de le faire par Google traduction. Ça nous a par la suite donné l’idée du clip.

Vous avez entre autres repris une chanson d’Adèle et Stromae, quelle est la difficulté pour rester dans le thème tout en rajoutant votre patte ?

Alice : pour la chanson « Hello » de Adèle, on avait envie de reprendre cette chanson mais on ne s’est pas arrêté là et on s’est dit mais comment on l’a reprend ? Ce jour-là on était dans une maison où il y avait des toilettes rouges et on s’est dit pourquoi ne pas la faire dans des toilettes. Et comme une idée en amène une autre, on s’est dit pourquoi ne pas utiliser le bruit des toilettes.

Marc : et pour le clip «tous les mêmes», c’était pendant des élections et on s’est dit que ce serait drôle de le détourner. En plus le texte marchait parfaitement dans ce sens-là.

Pour en revenir aux vidéos, elles sont très travaillées et recherchées, à quel niveau mettez-vous la vidéo par rapport aux chansons ?

Marc : si un morceau n’est pas bien, un super clip ne marchera pas. A l’inverse, une superbe chanson avec un clip tout pourri ça peut marcher. On aime beaucoup la vidéo, on n’y attache beaucoup d’importance, du coup on prend énormément de plaisir à faire un beau clip.

Alice : pour nous, l’un ne va pas sans l’autre. Quand nous créons une musique on a des images en tête pour le clip. Comme on travaille avec des objets et des choses de la vie de tous les jours, ça marche ensemble.

Les clips sont-ils préparés en amont ? Savez-vous avant le tournage ce que vous allez faire et quels objets vous allez utiliser ?

Marc : quand on compose on pense souvent au clip et on se dit toujours tiens à tel moment pour le clip on pourra faire ça. Pareil lorsqu’on écrit un texte. Mais bien sûr il y a toujours un travail de synopsis avant de tourner le clip.

Alice : effectivement il y a une grosse préparation avant le tournage notamment pour préparer tous les accessoires qui prennent du temps à trouver ou quelque fois à réaliser. Mais sur le lieu de tournage il y a une grosse part d’improvisation. On se lâche et beaucoup d’idées viennent comme ça.

Qui vous aide pour la réalisation des vidéos ?

Marc : on fait ça tout seul.

Alice : d’ailleurs au début on mettait beaucoup de temps pour faire un clip et à la fin de la journée on se rendait compte que tout était flou car on n’avait pas fait attention entre le mode auto et le mode manuel.

Marc : dans le clip de «cours» par exemple on a pris des tutos car il y a beaucoup de 3D. Quand on fait un clip on ne se donne aucune limite, on se dit on voudrait faire ça et c’est après qu’on voit comment le faire. Dans le clip de « voyelles » on voulait que nos musiciens soient avec nous et comme on ne pouvait pas filmer en même temps, on a donc demandé à des amis de tenir la caméra.

Alice : c’était avec une super équipe de vidéos qui s’appelle Plug n’ shoot et quand on peut, on travaille avec eux.

Pour en revenir au clip de « cours » je trouve qu’il est plus sage  que les autres si on peut dire, c’était une volonté ?

Marc : le morceau en lui-même l’était déjà. On voulait quelque chose de très esthétique, de plus épuré.

Alice : et c’est aussi l’envie de se dire, oui c’est bien on sait faire quelque chose on a des codes, mais ce qui nous intéresse aussi c’est d’aller plus loin, sur ce morceau est-on capable de donner autre chose.

Marc : pour notre public aussi c’est intéressant de faire des choses différentes. Et pour moi j’ai trouvé le travail de la 3D passionnant, il y a aussi tout un jeu d’ombre qui est très intéressant à travailler.

Dans le clip « voyelles » vous avez des masques de DSK, avez-vous pensé une seule seconde à lui demander de participer au clip ?

(Rires)

Alice : non mais ça nous a bien fait marrer. On a eu peur que ça puisse être un problème mais je doute qu’il voit le clip.

Marc : ce n’est pas comme si on était Patrick Bruel, je pense que ça aurait eu un impact différent.

Comment envisagez-vous la scène par rapport aux objets et aux accessoires que vous utilisez ?

Alice : la scène c’est très différent. Comme on démarre, on ne peut pas ramener tous les objets et les micros qui vont avec, ça fait beaucoup de matériel. Techniquement ce n’est pas possible. Par contre on a beaucoup de machines et on joue tout en réel. Les machines sont incorporées à des instruments acoustiques : Marc a un pad sur sa guitare, moi j’ai un washboard avec un pad, notre batteur David Jeannesson a une batterie pad, et notre bassiste Florent Gayat a une mini basse avec un petit synthé basse.

Quelle est votre actualité à venir ?

Alice : nous sommes programmés au Flow à Paris le 12 mai, mais avant on joue au Silo le 4 mars à Tigery dans le 91. Et ensuite on est en tournée dans toute la France, de mai à septembre.

Quelle est votre drogue légale favorite ?

Alice : moi je suis fan des huiles essentielles, je les mange à la petite cuillère.

Marc : moi c’est le café

La chanson qui vous transporte sur le dancefloor ?

Alice : c’est la chanson « Uptown Funk » de Bruno Mars

Marc : moi c’est « Envole-moi » de Jean-Jacques Goldman (rires), ben quoi, Jean-Jacques Goldman en fin de soirée ça passe bien.

Quel super pouvoir aimeriez-vous avoir ?

Alice : moi j’aimerais voler

Marc : j’aimerais avoir la vie éternelle pour avoir le temps d’apprendre à voler justement

Quel est votre super héros préféré ?

Alice : je ne sais pas mais j’ai adoré le dessin animé Les Indestructibles. J’aime bien les supers héros un peu maladroits.

Marc : moi c’est Superman, j’essaie de me coiffer comme lui mais on n’a pas les mêmes cheveux et ça ne marche pas (rires). J’étais amoureux de Loïs en plus.

Lequel des deux est le plus déjanté et l’êtes-vous dans la vie ?

Marc : je ne m’en rends pas vraiment compte. Au début quand on nous disait c’est super original et vous êtes fous, on n’avait pas l’impression de faire quelque chose de fou ni d’être très original.

Alice : en fait, on ne se donne aucune limite, on est donc capable de faire plein de choses et on est pareil dans la vie. On aime bien les choses spontanées et je dirais que je suis un peu plus réservée que Marc qui est plus « monsieur blagues ». Par contre, quand je suis sur scène, je me lâche complètement. Alors que Marc c’est tout le temps. Tout ce qu’on veut c’est surtout ne pas se prendre au sérieux.

Merci beaucoup à tous les deux et on aura le plaisir de venir vous voir sur la scène du Flow à Paris et sur les scènes françaises.

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Crédit photo: Jim Rosemberg

// interview par : Isabelle Grand-Dufay

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