Mamusicale

//KAREN LANO : le destin du 2ème album est entre vos mains

Chanson française, Interview Artistes, Pop | 18 avril 2019

Rencontre avec cette très belle artiste découverte lors d’un concert à la Passerelle.2. Karen nous parle de sa jeunesse, de ses influences, de son univers musical, mais surtout nous la rencontrons pour le lancement de son 2ème album par le biais du financement participatif.

Bonjour Karen, viens-tu d’une famille musicale ou es-tu arrivée dans la musique par hasard ?

Un peu des deux. Mon père joue beaucoup de piano pour le plaisir. Depuis toute petite je l’ai toujours connu en rentrant du travail, s’accordant une heure de piano tous les soirs sans exception. Il ne fallait surtout pas le déranger pendant ce moment.  J’ai vite compris qu’il y avait quelque chose de particulier autour de la musique.

Quel style de musique écoutais-tu étant jeune ?

Je suis vraiment une enfant du rock. J’avais des copains qui étaient là-dedans, c’est d’ailleurs comme ça que j’ai commencé la musique en faisant partie d’un groupe de rock au lycée.  J’écoutais beaucoup les Rolling Stones, les Doors. Après je suis passée au rock grunge, comme Pearl Jam, Alice in Chains, Soundgarden, toute la vague de Seattle en fait. Ensuite mon horizon s’est ouvert sur d’autres styles.

Quand on écoute ton 1er album et ton EP, ce sont des styles très différents, comment décrirais-tu ton univers musical ?

C’est un univers dans lequel le fil rouge c’est l’onirisme, c’est la volonté d’amener les gens dans quelque chose de plus abstrait que le quotidien. Derrière chaque chanson il y a une anecdote personnelle, avec des détails puisés dans mon vécu, ou différentes choses que j’ai pu traverser dans mon existence. Si je devais faire un parallèle avec le cinéma, je pourrais dire que c’est quelque part un peu entre le surréalisme et l’univers de Tim Burton, Michel Gondry.  C’est un peu la sensation de voir de la poésie partout et à travers tout ça le thème qui m’est très personnel c’est le thème de la renaissance. Pour moi l’existence, comme pour beaucoup de gens aussi peut-être, c’est une continuité de deuil et de renaissance, des choses qui peuvent nous mettre à terre desquelles on va se relever et transcender.

Quels sont les artistes qui t’inspirent pour écrire ?

Tout récemment, Bertrand Belin que j’ai vu sur scène et que j’ai beaucoup aimé. J’ai trouvé qu’il y avait une forme de folie et de poésie qui me parlaient beaucoup, tout en ayant des influences très rock and roll et très américaine, ce que je revendique aussi dans ma musique. J’aime les gens qui ont une forme de liberté dans ce qu’ils font, comme Camille, comme Kate Bush, ou comme les Facteurs Chevaux qui j’ai découvert tous récemment, ça a été un vrai coup de cœur quand je les ai vu sur scène, j’ai beaucoup aimé leur univers. Ce sont des gens qui ont en commun cette forme de poésie et de liberté.

Ton 1er album en 2009 a été acclamé par la critique avec un coup de cœur Fnac et la sélection FIP, ton EP est sorti en 2015, et on se retrouve aujourd’hui pour parler de la préparation de ton 2ème album avec le crowdfunding Ulule, quelle sera la tonalité de ce prochain album ?

Ça sera une tonalité plus acoustique que ce que j’ai fait jusqu’à présent, plus organique et très poétique, avec une sonorité un peu tribal via le tambour ou d’autres types de toms.

Quelles sont les personnes qui ont travaillé avec toi sur ce projet ?

Je travaille avec Olivier Legall qui est mon complice et mon guitariste et avec lequel je compose des morceaux. Il y a ma violoniste, Marie Lesnik. D’autres musiciens seront appelés à figurer sur le disque mais ça reste encore une surprise. Je vais travailler justement avec le duo folk, les Facteurs Chevaux, à qui j’ai envoyé mes morceaux et à qui j’ai demandé de réaliser mon disque, et ils ont accepté.

Tu as dit lors d’une interview : « quand on est artiste, il faut tout faire et savoir maîtriser un tas de choses ». Est-ce pour toi un avantage ou plutôt un inconvénient qui empiéterait sur la création ?

Ça dépend des jours. Maintenant les artistes doivent être complètement indépendants même si ils sont entourés d’une équipe, ils doivent savoir faire un tas de choses par eux-mêmes. Il faut savoir fédérer une équipe, savoir tenir un budget, savoir combien représente ton projet, faire de la com, savoir utiliser les réseaux sociaux, gérer son image, quels messages tu veux faire passer, etc… Ce sont des choses dont on ne se préoccupait pas du tout il y a 40 ans, ou du moins il y avait des gens qui s’en occupaient pour toi. Il faut trouver un juste équilibre entre tous ces aspects et la création musicale. Par contre tout reste en lien avec ton projet car un jour tu vas t’occuper des photos et de ton image, le lendemain tu vas faire purement de la musique, le jour d’après tu vas être sur la biographie de la bio. A chaque fois c’est en lien avec ton projet mais sur un plan différent.

Tu as déjà fait plusieurs clip, justement qu’elle est ton implication dans cette partie ?

Je discute beaucoup avec les personnes qui vont réaliser le clip, de l’idée principale, de comment ça va se réaliser. Je n’ai pas encore été totalement au bout de mes envies sur les clips. Jusqu’à présent, tout s’est fait suite à la rencontre d’un réalisateur ou d’une réalisatrice.

Entre 2008 et 2011 tu as tourné avec l’Orchestre National de Jazz, comment as-tu vécu l’expérience et aurais-tu envie de recommencer ?

C’était une expérience extrêmement formatrice car je sortais d’un cocon de groupe de rock, c’est-à-dire un fonctionnement familial où on est comme une meute, on traîne tout le temps ensemble, on rêve ensemble et on partage les galères ensemble. Je suis arrivée dans cette expérience avant mon 1er album. J’ai été projetée dans un univers avec des musiciens de très haut niveau. C’était le grand plongeon, le grand bain. Ça a été déterminant et très formateur. C’était comme une école de musique mais en version accélérée. Je repartirai volontiers car c’est une source de plein de richesses.

J’ai lu dans un article les mots suivants te concernant : « son univers est poétique, fort et intense. Elle cultive le voyage intérieur et l’ambiance des contes et légendes, des textes empreints de liberté avec de belles sonorités tribales ». Te reconnais-tu dans ces mots ?

C’est tout à fait ça, mais je ne galvaude pas trop ce thème de féerie car ça fait très lutins et sorcières. Il y aussi un côté très sombre. C’est plus un univers de contrastes entre des zones d’ombres et de très grandes zones de lumière.

Quelle est ton actualité du moment ?

On se concentre sur la sortie du disque qui va être enregistré cet été. Ensuite on va se concentrer sur la préparation de la sortie qui se fera vers l’automne ou l’année prochaine. En parallèle de la musique, je suis accompagnatrice artistique c’est-à-dire que je me retrouve en position de coach scénique avec des artistes professionnels, qui préparent leurs concerts, leurs tournées ou un tremplin.

Pour te connaître mieux, j’ai quelques petites questions

Quelle est ta boisson préférée ?

Le vin

Quel est ton plus grand plaisir simple ?

Manger

Quelle musique t’accompagne en ce moment ?

Barbara Carlotti

Quel est ton meilleur souvenir depuis ces 15 dernières années ?

Je dirige toujours tout vers l’avenir donc je dirais l’avenir

Quelle est ta chanson préférée tout répertoire confondu ?

Bohemian Rhapsody

Quelle chanson mythique aurais-tu aimée avoir écrite ?

Bohemian Rhapsody (rires). Ce morceau est complètement dément.

Quel est l’album que tu préfères entre tous ?

Je vais dire « Grace » de Jeff Buckley

Où irais-tu si tu pouvais remonter dans le temps ?

Sans doute au 19ème siècle

Quel est ton endroit préféré pour te ressourcer ?

Dans ma petite maison de campagne en Normandie.

Avec qui rêverais-tu d’avoir un tête à tête ?

Jeff Buckley

Si tu avais le pouvoir de ressusciter un artiste décédé, ce serait ?

Jeff Buckley

 

Merci beaucoup Karen. Et pour ceux qui le souhaitent, vous pouvez encore participer au crowdfunding jusqu’à début mai ulule.com

Merci beaucoup Isabelle et merci à Mamusicale

Retrouvez toute son actu sur karenlano.com 

Crédit photo : BenGaston

// Interview par : Isabelle Grand-Dufay

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