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//Julien Granel : portrait coloré d’un chanteur à l’heureuse destinée

Interview Artistes, Pop | 17 décembre 2019

Julien Granel est l’artiste électro-pop du moment. Après avoir foulé les plus grandes salles en tant que première partie d’Angèle et de Maxenss, il s’est produit pour la première fois en solo le 3 décembre dernier aux Etoiles, pour le plus grand plaisir de ses fans. Le chanteur originaire d’un petit village des Landes revient sur son parcours, riche en expérimentations et rencontres hasardeuses.

Un vendredi après-midi, en plein cœur du quartier très dynamique du Marais. C’est devant son label que nous donne rendez-vous Julien Granel. A 15 heures pétantes, le jeune homme de 24 ans arrive au loin avec une démarche énergique et un look coloré bien à lui. Béret rouge très frenchie faisant ressortir ses bouclettes, lunettes fumées roses qui laissent entrevoir un regard pétillant, doudoune jaune poussin assortie à sa sacoche, pantalon orange, converses multicolores : tout sourire, il illumine la rue, déjà bien ensoleillée. Un dégradé de couleur très osé mais qui lui va à ravir. Après un saut rapide dans le bureau de son manager, nous voilà attablés à la terrasse d’un café parisien que Julien aime particulièrement. Un cadre chaleureux, plein de vie, de brouhaha et de rires.

Génèse d’un talent en diamant brut.

Presque chacune des phrases de Julien est ponctuée d’un petit rire sincère et communicatif, comme heureux de vivre et épanoui. Ses yeux s’illuminent dès le moment où il commence à parler de sa principale passion : la musique. Il en parle avec une passion folle, au détour de mots très techniques qu’il manie avec adresse. Une appétence qui, pourtant, n’allait pas de soi. « Personne de ma famille n’est musicien. Tout a commencé à l’école primaire, pendant un cours d’éveil musical, la prof a joué du piano devant nous. Depuis ce jour-là, j’ai voulu faire de la musique. C’est drôle, j’ai un souvenir très précis de ce moment. ». S’en est suivi 14 ans de piano classique et solfège au conservatoire jusqu’au diplôme de fin d’étude. Un passage obligé selon Julien, quoique assez dur. « J’avais un prof hyper strict qui m’a fait saigner les mains (rires) mais qui m’a permis d’avoir un très bon niveau et de faire ce que je voulais ».

En parallèle, dès 12 ans, il tente de faire des productions plus électro « sur un vieil ordi, à l’arrache avec audacity », sortant du cadre très conventionnel du conservatoire. Il a découvert la pop avec le disque de Mika « live in cartoon motion ». « Je pense que tout ce délire de couleurs, ça vient de lui » dit-il en rigolant. Puis vient une rencontre musicale décisive : le génial David Bowie. Une musique et un personnage qui inspirent beaucoup Julien. Véritable autodidacte, il a trouvé son style très vite, et celui-ci n’a pas bougé d’un poil : « j’ai réécouté il y a quelques jours une de mes premières prods et ça ressemble étrangement à mon dernier titre « danse encore » », en ajoutant d’un air malicieux « imagine la chanson, mais avec la voix des Kids United !  Et ça sonnait énervé !». Une fois son bac L en poche, il s’essaie quelques mois en fac de musicologie mais en ressort bredouille. Il décide alors de se jeter dans le « grand bain », seul avec son ordinateur et son clavier. Pari amplement gagné.

Des rencontres déterminantes : coup du destin ou coup de maître ?

La vie de Julien Granel, c’est non seulement un parcours musical exemplaire, mais c’est aussi de nombreuses rencontres impromptues. « Ma vie, c’est beaucoup de hasards. » Un hasard qui l’a quand même fait mixer devant les plus grands (Rihanna, Cara Delevingne) lors des soirées de projection de Valérian de Luc Besson, ou même qu’il l’a fait rencontrer, sans le savoir, son futur manager. Il se souvient : « C’était à une soirée dans un jardin où je ne connaissais personne. Un homme apparaît et me dit « toi tu fais de la musique, je crois que t’es pas plombier vu ton style ! » et il a commencé à me poser des questions cash. Le lendemain il est devenu mon manager et j’ai signé chez Universal ». Un véritable coup de cœur qui l’a propulsé sur le devant de la scène, sans même avoir sorti un seul EP.

Une autre rencontre marquante hasardeuse : Angèle. Il y a deux ans et demi, dans un appartement à Bordeaux. « Mon pote m’a dit : «j’ai une amie bruxelloise à te présenter. Je suis sûr que vous allez vous entendre» ». « A ce moment-là, elle était totalement inconnue. J’étais plus suivi qu’elle sur instagram, c’est pour dire ! » ajoute-t-il en haussant les épaules. « Aujourd’hui c’est ma meilleure amie et je fais la première partie de ses zéniths.»

Une personnalité attachante et sensible.

Le besoin de reconnaissance est abordé à plusieurs reprises, mêlé à une peur évidente de l’échec et à un perfectionnisme « qui bouffe la vie ». Un manque de confiance marqué par une difficulté à se juger lui-même. C’est sûrement pour cela que, pendant dix minutes, il énumère et cite avec fierté ses influences musicales et de mode qui ont ouvertement reconnu son travail. Pedro Winter de Ed Banger, Tyler the Creator, la marque Kid Super (qui l’a fait défiler pour la fashion week ),… A notre réaction admirative, il précise humblement « toujours une question de hasard hein !  » Pas sûr. « J’avais peur de faire un concert solo, de me dire de remplir une salle avec des gens qui ont acheté des places pour me voir. Ça me paraissait fou. J’attendais le bon moment. Au final ça a été au-delà de mes attentes !»

Deux autres de ses nombreux skills ? La danse et la mode. « Pour la danse, ma rencontre avec Léo Walk m’a remis dedans. Mais c’est souvent tourné en mode blague, parce j’ai beaucoup trop de respect pour danser au premier degré ». Julien n’aime pas vraiment se prendre au sérieux, comme dans son dernier clip en date, « Danse encore », où il endosse le rôle d’un directeur de casting déluré. Et c’est ce qui fait sa force. Une autodérision qui l’a même fait devenir, du jour au lendemain, le héros de la toile. « Avec Maxenss, on a fait une vidéo pour se moquer de mon métier de DJ avec des bouteilles. C’est devenu un mème. Plus de 100 millions de gens l’ont vue et l’ont reproduite, c’est un truc de fou ». Puis secouant la tête, pensif, il sourit et affirme « C’est dingue car c’est parti d’un délire de soirée et aucun de nos potes ne trouvaient ça drôle. Comme quoi »

Quand on lui parle de rêves et de projets, il n’hésite pas une seconde et s’emporte: «  Mon rêve numéro 1 ça va être de continuer à faire de la musique. Le plus longtemps possible et sous toutes ses formes. Il y a aussi mon EP qui va sortir courant mars 2020. Espérons une tournée prochainement aussi ! »

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Crédit photo : Eliott Fournie

// Interview par : Marie Lecocq Pentel

Chroniqueuse album / Live report / Interviews

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