Mamusicale

//Joanna et Laylow laissent parler leurs Démons

Interview Artistes, Musique Urbaine | 15 décembre 2020

 

Nouveau visage de la pop urbaine rennaise, Joanna a connu une année 2020 sous le signe de l’ascension. Avec le morceau Démons, la chanteuse confirme son talent et se fait l’émissaire d’un projet plus sombre réalisé en collaboration avec le rappeur Laylow. Sa vision parfois violente de l’amour est superbement retranscrite par Marius Gonzalez dans un clip aux ambiances sombres et poétiques. Nous avons rencontré la mystérieuse Joanna. 

 Enchantée Joanna.

Peux-tu te présenter pour nos lecteurs qui ne te connaissent pas ?

Je m’appelle Joanna, je suis auteure, compositrice, interprète et je fais de la musique qui mélange le RnB, l’électro et la poésie.

Qu’est-ce qui t’a amené à t’intéresser à la musique ?

J’ai commencé la musique très jeune. Ma mère voulait absolument que je fasse du piano car elle avait toujours rêvé d’en faire. J’ai fait 7 ans de solfège et de piano à l’école de musique. Je composais des chansons en parallèle, notamment des reprises et des chansons pour mon papa qui était malade. Après avoir arrêté quelque temps la musique, je me suis intéressée au cinéma. Ça m’a fait beaucoup de bien de découvrir des personnes qui avaient des centres d’intérêts tournés vers le milieu artistique.

“Pendant longtemps, j’étais dans un conflit entre vivre de ma passion ou rentrer dans une case de la société”

Nous t’avons découvert avec le morceau Séduction, qui représente bien ton univers musical. Qu’est-ce qu’il symbolise pour toi ?

C’est le premier morceau en français que j’ai écrit, qui est mon premier vrai défi. Quand je l’ai sorti, il y avait encore peu de femmes artistes. Séduction a immédiatement suscité beaucoup d’attention. Peut-être parce qu’il aborde des thématiques fortes comme l’homosexualité, la féminité, la sensualité. C’est quelque chose qui manquait dans le paysage et ça a parlé à beaucoup de monde. Avant ce morceau, j’écrivais beaucoup en anglais mais je me suis rendue compte que l’anglais n’était pas la façon la plus directe pour m’exprimer et me mettre à nue.

Est-ce que ta rencontre avec Colombine a été un élément déclencheur pour aller dans cette direction ?

Complètement, on était dans le même lycée et on avait des potes en commun. C’est archi-fort d’écrire en français. J’avais envie d’écrire des choses frontales. A cette époque, je ne trouvais pas que j’avais une voix incroyable et je me suis rapidement dit que pour toucher les gens, il fallait que la mélodie et les paroles soient percutantes.

Comment as-tu vécu cette année particulière ?

J’ai eu la chance de donner un concert à Paris trois jours avant le premier confinement, mais cette période est quand même très frustrante. Je dirais que ce qui a été le plus compliqué, ça a été de me confronter à la réalité et la violence des réseaux sociaux. Après, d’un point de vue personnel, je l’ai assez bien vécu. Je suis quelqu’un d’assez introverti et je suis une grande travailleuse. J’ai profité de ces derniers mois pour bosser à fond sur mon projet de musique. J’étais confinée avec mon producteur et nous avons pu terminer l’album.

Quel est le label avec lequel tu travailles ?

J’ai ma propre structure, mon label “Au Rêve”, est signé en distribution améliorée chez BMG. J’ai beaucoup de liberté et j’ai la main sur beaucoup de choses. Quand on rentre dans ce milieu, on fantasme l’industrie de la musique en pensant que c’est notre sauveur. Mais ça reste une industrie, qui t’influence et qui va chercher à te mettre dans une case.

Tes chansons traitent de sujets liés à la sexualité et au regard des hommes, véhiculant ainsi des messages engagés. Est-ce que ces sujets te touchent personnellement, notamment dans le monde de la musique ?

Je trouve que la comparaison entre les artistes se fait beaucoup lorsque tu es une femme. C’est aussi un milieu typiquement masculin : les labels, les ingénieurs du son, les équipes de tournage, et j’en passe. Quand tu es une femme, tu es malléable, pas impressionnant et ton avis n’est pas pris au sérieux.

D’un point de vue personnel, ce combat est un sujet quotidien. La sexualité, le regard des hommes, c’est tous les jours. C’est quand tu te balades dans la rue, quand tu es avec tes amis ou encore quand tu mets une photo sur Instagram.

A écouter ton dernier morceau Démons, on a l’impression que cette collaboration avec Laylow était une évidence. Comment s’est passée cette rencontre ? 

C’est clair que c’était une évidence. On s’est rencontrés dans la rue quand je venais d’arriver à Paris. Je marchais et il est venu me parler pour me dire qu’il aimait un de mes derniers sons Oasis. Ce qui est marrant, c’est que Laylow est un artiste que j’écoute depuis très longtemps. A ce moment-là, j’avais un morceau en tête pour lequel j’imaginais Laylow. Je lui ai envoyé un message et on a commencé à travailler ensemble.

Ce morceau aborde la frustration et tout ce qui nuit à la relation. Pourquoi cette thématique ? 

Ce sujet nous parlait à tous les deux et c’est une thématique qui nous touche tous. Le fait de parfois mal communiquer, de ne pas oser dire les choses. Laylow était hyper à l’écoute de ce que je voulais dire, il avait peur de me contredire ou de dénaturer le sujet. J’ai l’impression que c’est plutôt rare avec un homme.

On a pu constater que tu adorais changer de couleur de cheveux, et on s’est demandé quelle était ta couleur favorite. 

En vrai, orange. Orange fluo c’est vraiment ma couleur préférée. Je ne sais pas d’où ça sort, j’ai toujours eu une attirance pour cette couleur, jusqu’à mon disque-dur qui est orange. Là tu vois je porte des AirForce avec des liserés orange, qui rappellent la couleur de mes cheveux. J’ai toujours le souci du détail.

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// Interview par : Alice Mazières

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