Mamusicale

//Jil Is Lucky nous livre les coulisses de son album « Off The Wall »

Folk / Rock, Interview Artistes | 25 mai 2020

Jil Is Lucky nous livre les coulisses de son album « Off The Wall »

Déjà 10 ans que Jil Is Lucky faisait une apparition remarquée avec son titre « The Wanderer », lui permettant de rencontrer un public français et international. Aujourd’hui, avec un public toujours au rendez-vous, il renoue avec ses racines folk acoustiques au cœur de son 4ème album « Off The Wall » où il nous emmène sur les routes de ses nombreux roadtrips qui l’ont tant inspirés.

Confiné, c’est au cœur de la Provence que Jil Is Lucky a accepté de répondre à nos questions.

 

Que s’est-il passé entre 2016, et la sortie de l’album « Manon », et 2020 avec la sortie de ton album « Off The Wall » ?

Quand on a sorti l’album « Manon », on est parti en tournée pendant plusieurs mois. L’album a été tellement intense dans l’exercice d’écriture : je voulais l’écrire en français, tout en alexandrin, en octosyllabe et je me suis mis un niveau d’exigence et de stress assez intense… Ça a été vraiment un projet de fou. Après ça j’avais envie de mélodie et de revenir à un truc super simple avec une guitare très organique, très folk en anglais. A ce moment-là, j’ai aussi fait la bascule entre Paris et Nice. Je suis arrivé à Nice et Aix-en-Provence avec beaucoup plus de soleil, ce qui donne un truc beaucoup plus shiny sur Off The Wall. J’avais envie de chaleur et de rondeur.

« Off The Wall » est décrit comme un roadtrip musical, est-ce que tu l’as toi-même écrit sur la route ?

J’écris tout le temps sur la route, en voiture, en train, en avion. Je compose énormément en marchant aussi. Je pense que la déambulation est très importante. Il y a beaucoup d’écrivains qui écrivent en marchant, en y trouvant le style et la formulation. Moi ce sont les mélodies qui me viennent beaucoup en marchant. Et cet album est très inspiré des voyages qui m’ont le plus marqués, que ce soit l’Amérique du Sud ou la côte ouest Américaine donc l’album transpire cette atmosphère.

As-tu l’impression d’avoir retrouvé tes racines avec cet album ?

C’est vrai que c’est un album très folk, avec toujours des rythmiques country, basé sur la rythmique du trot du cheval. Le premier album et celui-ci, sont vraiment deux albums à cheval. C’est comme ça que je compose. Et puis j’adore le story telling, raconter des histoires dans chaque chanson. Je trouve qu’en France on ne le fait pas beaucoup alors qu’aux Etats-Unis, ça se fait beaucoup dans la folk. Moi j’adore ça, raconter une histoire avec une ouverture, une chute, une conclusion. Je suis attaché à cette forme narrative.

Est-ce que tu as un titre de l’album dont tu es particulièrement fier ?

Il y a plusieurs titres que j’adore vraiment. On va dire qu’il y a trois volets dans l’album. Dans les premières chansons, il y a des rythmes latins et dans cette partie j’aime beaucoup « Flash In The Pan » parce qu’elle a un développement, et un travail de réalisation fou donc on est vraiment fiers de ce morceau. J’adore « Homebound » qui est un morceau juste guitare voix très organique. Et je crois que j’adore « My Kind of Girl » aussi, l’avant dernier de l’album. La dernière phase de l’album est très westcoast, pop éthérée, pour créer un roadtrip entre Buenos Aires, Cuzco et Los Angeles.

Quel est selon toi le meilleur endroit et le meilleur moment pour écouter « Off The Wall » ?

Sur la côte ouest d’Amérique du Sud, toute la Panaméricana. Et quelque soit la musique je crois que le top c’est en voiture. Parfois, la musique modifie le paysage, ça nous offre un point de vue totalement différent.

D’où te viennent tes influences littéraires pour l’écriture de tes textes ?

Mes influences viennent beaucoup de la poésie dans la manière de s’accaparer des images abstraites, de partir d’un mot et de ce qu’il évoque et de construire des choses autour. Ça pourrait être Rimbaud, Breton, Michaux puisqu’ils m’ont marqué à vie de manière extrêmement puissante, comme des révélations quand j’étais jeune. Ils m’ont bouleversé dans le style car je suis un amoureux du style. Je crois que dans l’art la forme fait le fond. C’est la puissance de la forme qui va faire la profondeur d’une œuvre.

Pendant le confinement, tu as repris des chansons à la demande de ta communauté, qu’est-ce qui te plait dans cet exercice ?

C’est un exercice que je fais depuis que je suis gamin, j’ai commencé à jouer des reprises dans les bars à l’âge de 12 ans. Je me cachais derrière l’ampli quand les flics passaient (rires). Je n’avais clairement pas le droit d’être là mais je jouais tout le temps, 3 fois par semaine. Même quand j’étais en prépa littéraire, je continuais malgré tout à jouer comme ça. Je n’ai jamais lâché ma gratte. Après, j’ai eu la chance que ça fonctionne dans la musique. Et j’aime faire des reprises car je les fais totalement à ma sauce, il y a des morceaux qu’on ne reconnait presque pas, je change vraiment tout. C’est quelque chose que je fais depuis toujours donc ça va vite. J’adore ça.

Tu aimes bien te prêter au jeu des Réseaux Sociaux ?

Moi je suis nul en Réseaux Sociaux concrètement. L’Instagram est tout neuf. J’ai pas du tout le réflex de mettre des stories, de partager ma vie privée… Par contre là j’ai trouvé un moyen assez cool d’utiliser les réseaux sociaux, justement en jouant pour les gens. J’ai une communauté hyper cool et fidèle, il y en a qui sont là depuis 10 ans, que je retrouve en concert et c’est cool car c’est vraiment dur de fidéliser les gens. Je suis super heureux de pouvoir continuer à faire des albums, des concerts, et pouvoir vivre de ça. Je ne le dois à rien d’autre qu’à ma communauté. C’est normal que je sois hyper présent pour eux et à l’écoute.

Est-ce que tu as découvert une chanson pendant le confinement dont tu ne peux plus te passer ?

Oui, c’est « Taking Water » par Billy Strings. C’est de la pure country ! Il y a une mélodie super cool et en même temps c’est joué par des prodiges en terme de technique ! C’est joué parfaitement avec le feeling parfait, les micros parfaits, le son parfait.

 

Un grand merci à Jil Is Lucky, qui se produira sur scène le 29 octobre prochain au Point Éphémère (Paris) pour vous présenter son nouvel album « Off The Wall ». Pour suivre toutes ses actualités, rendez-vous Facebook, Instagram,

Crédit photo : Emilie Pria

// Interview par : Laurine Bocq

Chronique album / Live report

// Laissez un commentaire

Nom ou Pseudo (*)

Email (*) Ne sera pas publié

Votre Commentaire (*)

Je calcule parce que ne suis pas un robot :