Mamusicale

//J Aubertin : un EP à rendre jaloux les américains

Folk / Rock, Interview Artistes | 3 mai 2019

Mamusicale a eu la chance d’interviewer J. Aubertin qui a sorti son 2ème EP en avril 2019. Cet artiste à la voix chaude et sensuelle, nous rappelle fortement de grands artistes américains comme Johnny Cash ou Townes Van Zandt. Dès les premières notes on se retrouve à Nashville ou à Memphis, en plein cœur de la musique country.

Bonjour Jérémie, pourrais-tu te présenter en quelques mots pour les lecteurs de Mamusicale ?

Je suis J. Aubertin, le J c’est pour Jérémie. J’ai 27 ans et ça fait une dizaine d’année que je fais mes propres compositions et que je chante uniquement en anglais pour l’instant. J’ai fait des concerts un peu partout, avec une tournée aux Etats-Unis et en Europe. J’avance doucement mais sûrement.

Viens-tu d’une famille de musiciens ou pas du tout ?

Mon père fait de la musique en amateur depuis très longtemps. Quant à mon frère, il joue de la batterie et de la guitare, pas dans une optique de faire des CD, mais juste par plaisir. J’ai commencé la guitare vers 17 ans en apprenant avec mon père.

Quel a été le déclencheur pour que tu te consacres complètement à la musique ?

A la base j’ai une formation en hôtellerie car je voulais devenir pâtissier et au final avec les stages que j’ai fait je me suis rendu compte que ce n’était vraiment pas la vie que je voulais car c’était beaucoup de travail et beaucoup d’heures. J’ai commencé à jouer du ukulélé au lycée, ensuite j’ai appris la guitare avec mon père et avec les premiers accords que je connaissais, j’ai commencé à écrire des chansons. A l’époque c’était avec le site Myspace. J’ai rencontré d’autres artistes qui sont devenus des amis et avec qui j’ai commencé à faire des petits concerts.

Quelles sont tes influences musicales ?

C’est beaucoup de musiques américaines, ou anglo-saxonnes du moins, du folk, de la country, du blues. Mon père écoutait beaucoup Eric Clapton, J.J. Cale, Pink Floyd, Bob Dylan, Johnny Cash. J’ai suivi les influences de mon père au final et c’est ce style de musique qui me fait frissonner. Après je ne suis fermé à aucun style. Peut-être que dans 10 ans j’écouterai d’autres styles et je me mettrai à faire du métal, qui sait ?

Ton 1er EP est sorti en 2018 et le 2ème est sorti début avril. Avec qui as-tu travaillé sur cet EP ?

Je compose la musique et j’écris les paroles seul. Le projet a été chapoté, si je puis dire, par Frédéric Pellerin qui est un musicien et un bluesman québécois qui habite à Lyon depuis quelques années, et que j’ai rencontré en faisant sa 1ère partie il y a 5 ou 6 ans à Clermont-Ferrand. J’ai enregistré cet EP dans son studio. Sur cet EP je suis accompagné par Charlie Glad au violon, et Yannick Benahmed à la contrebasse, qui sont des amis de Frédéric, et que j’ai appris à connaître pendant l’enregistrement.

Quels sont les thèmes que tu abordes dans tes chansons ?

Je pars souvent d’une phrase qui me vient en tête et je décline la chanson à partir de cette idée. Il y a beaucoup de codes d’écriture dans la folk et dans la country. Ça parle souvent de sentiment, comme l’amour, le regret, la haine. Ce sont des sentiments universels qui touchent tout le monde. J’écris ce qui me passe par la tête. Il y a d’ailleurs certaines chansons que je ne comprends pas moi-même et que je comprends quelques temps après, en les réécoutant.

As-tu produit cet EP en autoproduction ou avec l’aide d’une maison de disque ou d’un label ?

Je fais tout moi-même. Je n’ai pas de maison d’édition ou de distribution. Mes EP sont disponibles uniquement sur mon site ou lors des concerts. C’est une édition limitée de 200 CD et 200 vinyles seulement, comme pour le 1er. Peut-être que si j’avais un manager ou un attaché de presse, je ferais plus de concerts mais ce n’est pas le cas pour l’instant.

Que représente la musique pour toi en 3 mots ?

La seule chose que je sais faire.

On parle beaucoup en ce moment de réseaux sociaux, quel est ton regard là-dessus ?

J’utilise uniquement Facebook ou Instagram pour faire ma pub. Quand on est en autoproduction, et qu’on n’a personne pour s’occuper de la communication, c’est très pratique. Pour la musique ou pour tout autre projet c’est un moyen très facile. A contrario, il y a un côté dangereux sur le côté personnel avec tous les débordements que l’on connait. J’ai fait le choix de ne pas être sur Spotify, Deezer par exemple, mais mon EP est en écoute gratuite sur Youtube et sur mon site bandcamp.

Tu as déjà quelques clips à ton actif, quelle est ton implication dans ce domaine ?

Le tout 1er clip sur la chanson « Your Disguise » qui n’est sur aucun des 2 EP, je l’ai fait avec un ami lyonnais, Ronan Siri, en qui j’ai entièrement confiance. J’avais déjà une certaine idée de ce que je voulais, on a longuement échangé avant de se mettre d’accord. Le 2ème clip pour la chanson « Bringers of the Light » qui est le morceau éponyme de mon 2èem EP, a été réalisé par un ami de Clermont, Benjamin Vallet. Je n’avais pas d’idées précises pour celui-ci. On a tourné dans les puits auvergnats. On est parti très tôt le matin pour avoir la plus belle lumière possible et on a tourné sur place en improvisant.

Quelle est ta définition de la vie d’artiste ?

Malheureusement pour le moment je ne vis pas complètement de ma vie d’artiste. Je fais quelques CDD à côté quand j’en ai besoin financièrement. Mais pour moi la vie d’artiste c’est voyager, rencontrer des gens, aller dans des endroits où je n’aurais peut-être pas eu l’idée d’aller. Par exemple lors de la tournée en Europe on a fait des petites villes que je ne connaissais pas. Et c’est aussi un échange avec les personnes qui viennent nous voir.

Quelle est ta plus grande angoisse ?

Je suis quelqu’un de très angoissé et j’ai surtout très peur de la mort. J’angoisse un peu pour tout et n’importe quoi, mais je fais un gros travail sur moi, ce qui m’aide beaucoup. Je parle souvent de la mort d’ailleurs dans mes chansons. On peut dire que la mort c’est la vie, sans rentrer dans la spiritualité ou dans la psychologie, mais la mort fait partie de la vie, donc peut-être qu’au final j’ai peur de la vie (rire).

Quel serait ton rêve le plus fou ?

Ce serait de faire la 1ère partie de The Tallest Man On Earth, qui est un artiste suédois qui fait de la folk et que j’idolâtre énormément, et si je voulais rêver encore plus grand, je dirais partir en tournée avec lui.

Quel est ton coup de cœur du moment ?

Théo Lawrence & The Hearts avec son album « Homemade Lemonade » qui est sorti en novembre dernier. C’est un très jeune artiste que j’aime beaucoup.

Quel est l’artiste français avec qui tu aimerais collaborer ?

Je dirais Théo Lawrence ou Baptiste W. Hamon, qui vient de sortir également un album et avec qui j’ai fait une vidéo en cession acoustique sur le site Le Cargo.

Et si on élargit sur le côté international ?

Ce serait The Tallest Man On Earth, mais je pense que c’est presque impossible. Sinon j’ai des amis aux Etats-Unis, Willy Tea Taylor, avec qui j’ai tourné en 2017.

Quelle est ton actualité dans les semaines et dans les mois à venir ?

Je vais jouer le 3 et 4 mai à Bale en Suisse, ensuite le 17 mai j’ai un show case sur Paris au Barbouquin. Ensuite je joue en juillet au festival « le château perché ». En septembre et en novembre, je pars en tournée en Belgique, en Suisse, en Allemagne, et aux Pays-Bas.

Merci beaucoup Jérémie, et Mamusicale sera là pour ton showcase parisien.

Merci à Isabelle et à Mamusicale

Retrouvez toute son actu sur j.aubertin.com 

Crédit photo : Didier Guyot et Ronan Siri

// Interview par : Isabelle Grand-Dufay

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