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//INTERVIEW TOM FRAGER – « J’AI PRIS LE TEMPS DE VIVRE »

Chanson française, Folk / Rock, Interview Artistes, Soul / Jazz | 20 juin 2019

C’est avec grande joie que l’on redécouvre Tom Frager, interprète du célèbre titre « Lady Melody' ». Après quelques années, le musicien surfeur revient au top de sa forme avec un quatrième album intitulé « Au large des villes » qui sortira fin juin 2019. C’est un artiste libre, passionné, et sincère que je rencontre. A travers ce nouvel album, Tom Frager a su se réinventer, se poser, se libérer et surtout, nous faire voyager !

 

Bonjour Tom ! Fin juin, tu sortiras ton quatrième album qui s’intitulera « Au large des villes »… peux-tu tout d’abord m’expliquer ce choix de titre ?

Car j’ai grandi sur les routes, au Sénégal, au Mali, en Guadeloupe… je n’ai jamais vraiment vécu dans de grandes villes, et ça me va bien. Je me sens bien loin du tumulte, dans des endroits paisibles.  Le surf également m’emmène loin des villes. Ce nouvel album « Au large des villes » a été composé un peu en retrait, j’ai beaucoup voyagé pour l’écrire. C’était aussi une façon de prendre du recul sur la modernité, et évoquer l’écologie. 

Cet album est cette fois-ci, écrit entièrement en français, qu’est-ce qui t’as poussé à privilégier ta langue maternelle ?

J’adore chanter en anglais, mais j’ai eu comme une prise de conscience, je ne pouvais pas mieux défendre ce que j’avais à dire qu’à travers ma langue maternelle. J’écoute beaucoup d’artistes anglophones comme Norah Jones, Sting, Bob Marley… à 23 ans j’ai donc commencé à chanter en anglais avec mon groupe. Mais avec les années j’ai pris goût à chanter en français, car je me suis rendu compte que je pouvais aller encore plus loin avec ma langue maternelle.  J’ai donc eu envie de donner plus de sens à mes textes. C’est alors que j’ai assisté aux rencontres d’Astaffort avec Francis Cabrel. Ce travail d’écriture m’a conforté dans ce choix. 

Les thèmes de voyage, de liberté sont toujours au cœur de tes chansons au fil des albums, qu’espères-tu transmettre aux auditeurs à travers ces thèmes ?

Comme j’ai eu la chance d’énormément voyager, j’aimerais pouvoir leur transmettre ce goût de l’évasion. C’est un album assez métissé, c’est de la chanson mais sur une base de musique du monde. Le reggae est toujours là en toile de fond, mais ce n’est pas un album reggae. J’espère pouvoir faire voyager les gens,  transmettre les valeurs qui me sont chères,  comme la richesse des rencontres culturelles, et surtout l’écologie, qui est le fil conducteur de cet album. 

Quel a été le point de départ de cet album ? Tu avais déjà sorti un single « Le bruit des couleurs » en 2017, mais pas d’album.

L’album était déjà en cours, mais à mon sens il n’était pas encore abouti, j’avais encore besoin de le travailler. Aujourd’hui il est tel que je le voulais. J’ai mis du temps entre le dernier album « Carnets de route » et « Au large des villes » car j’en avais besoin. J’ai pris le temps de vivre, pour avoir vraiment des choses à raconter.

Le thème de l’écologie est présent dans ton nouvel album, est-ce une cause importante pour toi ?

C’est une cause importante qui devrait être fondamentale aux yeux du monde. Les petits gestes ont un impact, comme jeter son mégot par terre… nous ne sommes pas là pour faire les shérifs par rapport à ça, mais je suis choqué par l’indifférence des gens par rapport à de petits gestes comme celui-ci. Donc je me dis qu’à ma petite échelle, c’est mon devoir de transmettre des valeurs comme l’écologie. Surtout l’écologie marine, je parraine des associations comme Surfrider foundation  et cœur de Forêt avec laquelle je suis parti  planter des arbres au sud du Sénégal.

Tu gardes tes influences reggae, pop, soul pour ce 4ème album. Mais pour la chanson « Les silences » tu as opté pour une mélodie différente, plus douce, avec des violons… Tu es plus mélancolique à travers ce nouvel album, était-ce une volonté ?

Je pense qu’il y a toujours eu une part de mélancolie dans mes textes, mais pour celle-ci je voulais que le message soit fort car elle s’adresse à mon fils. Je ne pouvais donc pas faire une chanson « légère ». C’est une chanson qu’il écoutera plus grand, je voulais que l’essentiel soit dit.

Par contre, tu as une chanson s’intitulant « Caméléon », titre plus rock, plus en colère, comme pour dénoncer quelque chose… qu’as tu voulu dénoncer ?

Cette chanson fait allusion aux gens qui s’adaptent à ce qui les entoure, et qui deviennent ce que l’on attend d’eux. Je trouve ça dommage car les différences, les petits défauts, sont ce qui donne du relief au paysage humain. J’ai donc pris l’exemple du caméléon qui change de couleur en fonction de l’environnement.  Cependant je parle à la première personne dans ce titre, car au fond, nous sommes tous un peu comme ça, confrontés à cette dualité. 

Pour la chanson « Reste un peu » tu as opté pour un clip/lyrics… as-tu prévu d’illustrer certains titres avec un clip ?

Ce n’est pas le clip officiel, j’ai choisi une vidéo lyrics en attendant. Je voulais sortir la chanson accompagnée d’un petit visuel.  Mais j’ai trois clips qui sont en cours de création. Ce sera comme un court-métrage de trois clips dont le sens s’enchaîne à travers les titres « Petite sista »,  » Reste un peu » et « Les silences » avec mon fils qui jouera dedans. 

Tu as soif de diversité, on le ressent à travers tes titres… est-ce que le surf te permets également de trouver cette diversité  ? Les deux sont-ils  complémentaires pour toi ?

Je crois que oui. Je n’ai jamais écrit de chanson sur le surf, ce qui peut paraître étonnant. Cela peut faire aussi un peu cliché pour un surfeur de chanter le surf…(rires) Mais cela me nourrit vraiment. C’est un sport que je qualifierais d’un peu à part… car il n’y a pas vraiment de règles, c’est un sport sauvage. C’est très stimulant et ça peut influencer ce que j’écris. Il y a tout un mode de vie qui va avec, une philosophie… et je trouve que la musique et le surf sont liés quelque part, pour moi personnellement car l’un et l’autre font appel à une certaine fluidité. Je trouve qu’un bon musicien est un musicien qui écoute, sans écraser les autres instruments autour. Et un bon surfeur est un surfeur sachant être à l’écoute de la vague, de la nature.

Tu seras bientôt en tournée pour présenter ton nouvel album, avec notamment un concert  le 11 octobre  à la Boule Noire à Paris. Est-ce que la scène est importante pour toi ?

La scène est très importante oui, car c’est l’endroit où l’on fait vivre nos chansons. Cependant j’aime aussi beaucoup l’exercice du studio car c’est là que l’on fixe une version d’une chanson pour toujours. C’est très différent. En studio je vais être très pointilleux sur les détails et sur l’esthétique. Alors qu’en live, je suis plus dans l’énergie et le partage avec le public. J’ai la chance de jouer depuis longtemps avec les mêmes musiciens, nous sommes vraiment une famille de copains sur scène et je pense que les gens le ressentent. 

Tu as fait un post instagram pour évoquer les dix ans du titre « Lady Melody » et aussi annoncer la précommande de ton album sur itunes et deezer, as-tu un petit message à partager pour donner envie aux auditeurs ?

Alors l’aspect commercial n’est pas mon point fort..(rires) mais je dirais que c’est un album qui parle de ce qui me semble être essentiel. J’ai mis du temps pour le faire, j’ai mis tout mon cœur dans ce projet. J’ai fait ce qu’il me plaisait, avec une démarche très authentique,sans chercher coûte que coûte à faire des tubes formatés pour plaire. Je ne voulais pas me perdre là-dedans. Il y a vingt deux musiciens qui ont joué sur cet album, il y a des violons, des cuivres, sept guitaristes différents… ce sont des musiciens qui viennent d’horizons différents, je suis justement allé  les chercher titre par titre, pour avoir une vraie singularité pour chaque morceau. C’est un peu cliché de dire ça, mais je le ressens comme l’album de la maturité. Dans le sens où j’ai énormément travailler les textes, la composition… j’espère donc que le public aura la curiosité de découvrir cet album.

Pourrais-tu choisir le titre de ta discographie qui te correspondrait le plus aujourd’hui ?

Je ne vais pas choisir « Lady Melody » car je crois que ce titre m’a suffisamment représenté…(rires) J’ai été résumé à cette chanson depuis des années, j’ai envie d’être découvert dans ma globalité. Mais si je devais choisir un morceau dans mon nouvel album, ce serait « L’étranger »… au niveau du sens, de la sonorité, c’est le titre dans lequel je me retrouve le plus. Et c’est la chanson qui ouvre l’album.

Ton actualité ?

Je suis en train de monter les concerts de l’été. J’ai une grosse date le 9 août à Seignosse, près d’Hossegor, chez les surfeurs… je vais me remettre au surf surtout car je n’ai pas eu le temps dernièrement. Les gens pensent souvent que je surf toute la journée, et que je sors la guitare acoustique le soir dans mon Van Volksvagen ! (rires) Alors que pas du tout, je travaille comme un dingue. J’espère partir en tournée à la rentrée ! 

Peux-tu définir la musique en un mot ?

Liberté. Et si je pouvais en choisir un autre, ce serait la sincérité. Pour moi c’est indispensable chez un artiste d’avoir cette sincérité et cette liberté. C’est la musique des individus qui fait la meilleure musique collective. Si chacun rajoute ses ingrédients, on obtient un paysage avec du relief, de la richesse, du métissage… et selon moi, le métissage c’est l’avenir. 

Une chose est sûre, Tom Frager a su garder son authenticité et ses couleurs ! C’est avec une grande impatience que nous attendons la sortie de son quatrième album « Au large des villes ». Vous pouvez déjà le pré commander ici  : itunes.apple.com

Toute son actualité sur facebook.  En attendant la sortie de l’album, laissez-vous embarquer avec son single « Reste un peu » ..

// Interview par : Camille Mutin

Interviews / Live report / Albums

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