Mamusicale

//INTERVIEW : TEA-TIME AVEC CLOU

Interview Artistes, Pop | 25 janvier 2021

La jeune artiste Clou, connue pour sa voix cristalline, ses rythmes dansants et/ou mélancoliques et ses magnifiques textes a accepté de nous accueillir chez elle pour discuter, en FaceTime bien-sûr, de son parcours, des Victoires de la Musique, de la crise sanitaire, et de pleins d’autres sujets passionnants. Préparez votre thé, votre café, vos biscuits et savourez…

Bonjour Clou et merci d’avoir accepté de rencontrer mamusicale.fr ! Tout d’abord comment vas-tu ?

Ecoute ça va très bien, je suis nommée aux Victoires, je ne peux pas demander mieux pour démarrer l’année.

Le grand public a pu te découvrir lorsque tu as fait le radio-crochet « On a les moyens de vous faire chanter » sur France Inter en 2014. Avant cela tu étais attachée de presse dans la mode. Pourquoi avoir décidé de quitter cette voie ? Est-ce que vivre de la musique a toujours été un rêve/un objectif de vie pour toi ?

Alors non… ça a longtemps été abstrait, j’avais bien sûr très envie de faire de la musique mais je ne m’en sentais pas véritablement capable. Et c’était un rêve, mais comme on rêve d’aller sur la lune.  C’est finalement le radio-crochet de France Inter qui m’a permis de me rendre compte que je pouvais tenter ma chance. Je me disais à l’époque : « allez, je tente ça et si jamais tout le monde me dit que c’est nul, j’arrête d’y penser » et ça a été le déclic, l’idée de me lancer et de faire ce que j’aime 100% de mon temps. Mais j’ai longtemps tout fait toute seule, j’ai eu deux jobs, je travaillais la journée et je faisais de la musique le soir. Ce n’était pas simple mais avec le recul, je ne regrette rien et j’en suis même un peu fière.

A quel âge as-tu commencé à écrire et à composer ?

J’ai commencé le piano à cinq ans et j’ai commencé à composer très tôt, avec ma sœur, nous imaginions des génériques de dessins animés. On avait six/sept ans. Je me souviens encore de certaines mélodies !

Comment vis-tu ton évolution depuis le fameux radio-crochet de France Inter : les plateaux, les rencontres, les premières parties, etc ? 

C’est drôle parce que c’est un peu comme dans un jeu vidéo où tu passes un monde, puis un deuxième monde, puis un troisième. A chaque fois c’est de mieux en mieux. Mais la route est encore longue, ça fait longtemps que j’y travaille mais ce n’est que le début. Les premières parties sont géniales, elles aident énormément à « rencontrer son public », parfaire ses chansons, se confronter aux gens !

Après avoir réalisé ton premier EP en auto-production en 2016, tu as signé chez Tôt ou tard, label avec lequel tu as sorti ton premier album « Orages » en Septembre 2020. Aujourd’hui, on rencontre de plus en plus d’artistes qui choisissent au contraire de quitter leur label pour devenir indépendant. Qu’est-ce qui t’as motivé à suivre le chemin inverse ? 

Etre complètement indépendant dans la musique est très difficile, cela revient à faire tous les métiers à la fois alors que le seul que je sache faire c’est écrire des chansons et chanter. Tout ce qu’il y a autour, décrocher des promos, démarcher des radios, démarcher les salles de spectacle et tout ça c’est énormément de travail. Très vite, je me suis rendue compte que ce n’était pas pour moi. J’avais très envie d’être entourée  par les bonnes personnes pour justement pouvoir me consacrer uniquement à la musique.

Ça reste un choix personnel et je comprends aussi les artistes qui se lancent sans label. Certaines maisons de disques peuvent détruire des artistes en ne s’en occupant pas par exemple.

Dans mon cas, j’ai beaucoup de chance, je suis chez Tôt ou Tard, un label indépendant, et j’y suis très heureuse. Ils ont une manière de travailler très familiale, ils prennent soin des artistes.

Tu l’as dit tout à l’heure, tu es nommée aux Victoires de la Musique 2021 dans la catégorie révélation féminine de l’année face à Yseult et Lous and the Yakuza. Comment vis-tu ta nomination ? Est-ce que tu imaginais en étant petite ou en sortant du radio-crochet que tu te retrouverais un jour nommée aux cotés de Benjamin Biolay et Vianney par exemple, des artistes pour lesquels tu as joué en première partie ? 

Non je ne m’y attendais pas du tout. C’est incroyable ! Et non, je n’en ai jamais vraiment rêvé. Je dirai que je ne me projette aux Victoires que depuis que j’ai signé en maison de disques, avant cela ne m’effleurait pas. Et surtout, je me projette avec modestie parce la liste des gens qui devraient y être est longue. Je me sens d’autant plus privilégiée et je suis très heureuse. Je ne dors pas très bien MAIS je suis très heureuse !

Quelle a été ta réaction quand tu l’as appris ? 

Je crois que j’ai fait un truc assez ridicule : « (snif) ah bon ? Mais pourquoi ? Ah bon ? C’est sûr ? » et j’ai sauté au plafond. Et je crois que j’ai versé une petite larme.

Si tu pouvais choisir deux artistes/groupes nommés aux Victoires de la Musique cette année, avec qui aimerais-tu particulièrement collaborer pour un prochain projet par exemple ? 

Alors, il y a Ben Mazué qui est nommé, j’adore sa musique. J’ai écouté toute sa discographie pendant le deuxième confinement et j’ai tout aimé. Même s’il me propose « Tata Yoyo » remixé, je chante avec lui sans problème. J’aime beaucoup Benjamin Biolay. Je l’ai beaucoup vu en concert puisque j’ai fait ses première parties puis j’ai aussi payé ma place comme une fan. Pareil, si c’est juste pour faire une petite voie de sirène derrière ou jouer du triangle, je suis motivée.

Parlons un peu de la crise sanitaire, parce que je sais que c’est quelque chose qui touche fortement les artistes. Comment vis-tu la période en tant qu’artiste ? Est-ce qu’elle t’inspire pour écrire par exemple ? Comment occupes-tu ton temps ? Est-ce que tu composes de nouveaux morceaux ? Est-ce que la période te fait voir les choses autrement ?

Ecoute je dirai que le premier confinement était très dur, c’était un peu la sidération pour moi, donc je n’ai pas du tout écrit ni composé. J’ai écrit dans mon journal intime, rien de plus. J’ai beaucoup dessiné aussi mais je n’ai pas beaucoup chanté, l’ambiance était trop anxiogène.  Pour le deuxième confinement, j’ai fait une petite-grosse déprime d’une semaine parce que ma tournée s’est arrêtée.  Après j’ai repris l’écriture. Alors pour te répondre, est-ce que la crise m’inspire ? Un tout petit peu mais pas des chansons très joyeuses.  C’est autour du thème : comment fait-on pour retrouver du sens à nos vies quand on nous enlève ce qui la rend belle, c’est-à-dire nos amis, la musique, les concerts. Moi tu m’enlèves ça, qu’est-ce que je fais en fait, hein ? (rires)

Comment envisages-tu l’avenir ? 

Je l’imagine positif l’avenir, en tous cas, j’ai envie d’être positive, il le faut. J’ai une tournée qui s’annonce, avec de belles dates. J’y crois, ne serait-ce que pour les personnes qui travaillent avec moi parce que si on ne garde pas foi en l’avenir, on ne va pas tenir.

J’essaie de ne pas trop anticiper non plus, je ne fais pas de plans pour l’année, je suis à l’écoute de Jean Castex, je croise les doigts et je reste optimiste malgré tout.

Tu as dévoilé un nouveau clip, celui de « Jusqu’ici tout va bien » qui a été tourné au Flagey. Est-ce que tu peux nous en parler un peu ? Pourquoi ce lieu ? Est-ce qu’il y a un message particulier ?

Le choix du lieu est venu du réalisateur du clip, Simon Vanrie, qui est génial et dont j’adore les clips. On a discuté par téléphone de ce que je recherchais. On voulait tous les deux un espace un peu perdu dans le temps, désuet, un petit peu Twin Peaks/Shining avec des couleurs qui transpirent la mélancolie de la chanson.

Mais par ailleurs, cette chanson est festive, dansante, malgré ses paroles un peu fatalistes. Il fallait que ça ressorte à l’image.  Le lieu, Flagey, est très connu des bruxellois, c’est l’ancienne Maison de la Radio et donc c’est « dans son jus ».  Il y a plein de petits boutons partout, les horloges sans cadran, sans chiffre, enfin tout est génialement sixties. Au final, on a une vidéo à la fois de très épurée et très esthétique, avec une atmosphère joyeuse. Tout ça parce que c’est une chanson dansante qui dit en substance : « en fait les mecs on va tous mourir mais dansons ! ».

 

Merci beaucoup Clou ! Bon courage pour ta nomination et pour la suite de ta carrière. A bientôt ! 

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Crédit photo : Marta Bevaqua

 

// Interview par : Mathilde Ruys

Chroniqueuse album / Live report / Interviews

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