Mamusicale

//Interview : plongez dans l’univers solaire de Tibz

Chanson française, Interview Artistes, Pop Folk | 7 décembre 2020

Mamusicale a eu le plaisir de rencontrer le joyeux périgourdin Tibz, alors que son deuxième album est en préparation et devrait sortir courant 2021. Au détour de cet échange très sympathique, il a été question d’engagement, de rencontres et d’exclus sur cet opus tant attendu.

 

Bonjour Tibz et merci d’avoir accepté de t’entretenir avec moi aujourd’hui ! Le public t’a découvert sur internet en 2016/2017, puis tu as sorti ton dernier album “Nation” en 2017 après avoir décroché un contrat avec My Major Company. Depuis, ton deuxième album est en préparation. J’ai ouï dire que tes fans semblaient impatients de découvrir tes nouvelles chansons ! Pourquoi tant d’attente ?

Parce que je suis quelqu’un de très lent, donc quand je fais mes chansons je suis très compliqué surtout sur le choix des chansons. J’ai fait énormément de chansons pour moi, j’ai dû en faire 50 donc c’est un sacré travail. Je ne suis jamais satisfait, je suis un grand insatisfait. Quand je fais des chansons pour les autres ça va très vite, mais quand je fais des chansons pour moi ça prend plus de temps et là on devait sortir l’album un petit peu avant mais COVID oblige on a dû repousser un peu donc c’est pour ça que ça met autant de temps.

Peux-tu nous parler un peu de ce second album ? Quel en sera l’univers ?

Ce sera un univers entre chansons très solaires, très positives comme dans le premier album et puis chansons d’amour un peu looser, parce que je suis un peu un looser de l’amour tu vois…  du coup c’est des histoires d’amour qui finissent généralement un peu mal mais portées sur l’optimisme quand même. Ce sont des chansons qui s’écouteront bien dans les voitures je pense, à fond les fenêtres ouvertes.

As-tu de nouveau travaillé avec ton acolyte Hugo Lab pour cet album ?

Carrément!  Sur l’album j’ai travaillé avec trois réalisateurs différents. J’ai travaillé avec Hugo Lab, Valentin Marceau qui fait beaucoup de chansons pour Slimane, VidéoClub, Michel aussi, etc… Et je travaille avec Jules Jaconelli. Voilà, ce sont mes trois comparses.

Ce deuxième album va-t-il rester très acoustique ou as-tu intégré de nouvelles influences ?

Non, il y a plusieurs influences. Je suis toujours un amoureux de l’acoustique. Il y  aura des pianos voix, il y aura un petit guitare voix. J’ai intégré pas mal de reggae aussi, pas mal de sonorités reggae dans certaines chansons. En fait je suis pas mal porté sur le reggae, j’en ai beaucoup écouté ces derniers temps. Il y a des chansons rock aussi, notamment une chanson qui s’appelle « Home » qui sera très rock avec des solos, etc. Mais ouais,  dans l’ensemble ça sera très acoustique et très pop ouais. Il y a beaucoup d’influences, je peux pas vraiment dire sur cet album qu’il y a vraiment une influence qui se démarque, c’est vraiment un peu tout ce que je sais faire quoi.

Il semblerait que tu jouais déjà certaines chansons inédites durant tes concerts comme “L’étranger” qui semble être particulièrement appréciée. Est-ce que ces chansons apparaîtront dans l’album ? 

Oui bien sûr! J’ai justement besoin de tester les chansons avec un public. Il y a des chansons qui ont déjà 3 ans/3 ans et demi que j’ai eu la chance de pouvoir en tester certaines en concerts, voir si elles marchaient. Et c’est vrai qu’une chanson comme “L’étranger” restera parce qu’elle a vraiment fonctionné avec le public.

 De quoi t’inspires-tu pour écrire tes chansons ?

Je m’inspire un petit peu de ce que je vis. Tu vois, je vis un peu une vie à 1000 à l’heure. Paris c’est jamais tranquille, en fait je ne me sens jamais tranquille, il m’arrive beaucoup de choses, je vois beaucoup de gens. Je m’inspire des gens que je rencontre, je m’inspire de mes histoires d’amour, je m’inspire de mes chagrins aussi d’amour, de mes copains, des histoires des autres… Je m’inspire beaucoup de la vie réelle en fait. He m’inspire vraiment de ce que je vis et de cette vie à 1000 à l’heure que je mène.

Est-ce que tu as des moods précis propices à l’écriture ?

Je me mets vraiment des temps d’écriture, des temps de travail. C’est-à-dire que généralement je planifie des sessions studio, qui sont des sessions de travail, des sessions d’écriture et aussi des sessions de réflexion avec les gens avec qui j’écris. Donc je vais me poser toute une journée, je vois les gens avec qui je travaille le matin et puis on va discuter sur ce qu’on a envie de dire, pour qui va aller la chanson, est-ce que c’est une chanson clip, est-ce que c’est un reggae, est-ce que c’est une chanson rock.. on discute, ensuite on va déjeuner, puis on démarre une session et on sait déjà où on va donc c’est plus facile. Ça se répartit comme ça mes temps d’écriture. Après j’ai un autre truc aussi: il m’arrive des fois d’avoir une inspiration fulgurante et de tracker un morceau selon l’humeur du moment, chez moi… Mais je n’ai pas trop d’humeur, quand je travaille il faut vraiment que je sois concentré et que je sois ni triste, ni heureux, assez neutre, pour que ce soit des moments de réflexion.

Tu as mis en place tes fameux “couchers de soleil” sur les réseaux sociaux depuis le Périgord, d’où tu es originaire, pendant le premier confinement. C’était un peu synonyme de partage pour les gens qui les regardaient. En quoi c’est important pour toi ce lien constant avec le public ? 

C’est important pour montrer que je suis là et que même s’il y a confinement je suis tout le temps actif, pour pas que les gens m’oublient aussi (rires). C’est aussi pour mettre un peu de joie dans tout ça, parce qu’on vit une période qui est pas terrible, donc ça me fait du bien d’étonner les gens, par exemple en sortant un duo avec Didier Bourdon… Je suis tellement excité de sortir tout ça, parce que je sais que les gens vont trop kiffer. C’est pour ça que je fais ce métier là, pour sortir un peu les gens de leur quotidien, les faire un peu rêver. Pour la musique tout simplement quoi, pour partager !

Quel est le coucher de soleil qui t’as le plus marqué jusqu’à présent ?

Le plus marquant… Il y en a eu deux, je dirais celui avec Didier Bourdon parce qu’il était vraiment surprenant et celui avec Ben Mazué parce que je l’aime beaucoup donc c’était chouette de faire ça avec lui.

Dans ces couchers de soleil on a pu apercevoir quelques-uns de tes amis comme Jeremy Frerot par exemple. Est-ce que tu as choisis d’inviter des guests sur ton album également ?

Oui, il y aura un guest sur l’album. Je voulais pas faire de duos à la base mais y a quelqu’un qui a pas mal participé à l’écriture de quelques chansons. C’est Sylvain de Boulevard des Airs, il y aura un super duo avec lui.

Tu as récemment chanté un très bel hommage aux soldats du 4ème régiment de chasseurs morts au combat au Mali en Novembre 2019. Tu peux m’en parler? Comment tout ça s’est profilé?

J’ai reçu un jour au label une lettre du Ministère des Armées parce qu’ils avaient entendu une chanson de moi qui s’appelle “Les bons vivants”, qui n’a rien avoir avec mon projet, c’est une chanson que j’ai donné à une chaîne de restaurant. C’est une chanson que j’adore en plus, qui est très sympa. Et en fait le 4e régiment est tombé sur cette chanson et voulait rendre hommage à leurs soldats morts l’année dernière au Mali sur l’air de cette chanson et ils voulaient absolument que je l’interprète pendant la cérémonie qui avait lieu hier (le 25 novembre).

Ah mais c’était hier! Beaucoup d’émotions je présume ?

C’était incroyable, c’était un moment assez unique: j’ai chanté pour un régiment tout entier et c’était très émouvant. L’accueil était incroyable, j’ai passé une journée avec un capitaine qui m’a montré vraiment la vie à l’intérieur du régiment, donc c’était quelque chose de vraiment magnifique. L’accueil était fou et les soldats étaient vraiment touchés par le fait que je vienne là bas. J’ai pris une décharge d’amour incroyable et je suis encore un peu gaga là tu vois (rires). Ça ne laisse pas indifférent.

Tu as récemment travaillé avec Slimane, Jennifer et Boulevard des Airs (pour ne citer qu’eux). Peux-tu nous parler de ces collaborations ?

Ce sont des collaborations qui se font assez naturellement, c’est des gens que je rencontre à un moment donné, soit sur une promo, soit par le biais de quelqu’un, soit par hasard. Puis quand je le sens vraiment, qu’il y a une alchimie, quand je sens qu’il peut se passer quelque chose, alors on travaille ensemble et ça le fait. Avec Slimane par exemple, c’était pendant une promo. Slimane vient toquer à la porte de ma chambre d’hôtel et me dit “ça serait bien qu’on fasse une petite chanson, est-ce que t’as 5 minutes ?” et puis il se trouvait que j’avais 5 minutes et j’ai bien fait de prendre ces 5 minutes parce qu’au final on a fait une chanson ensemble qui s’appelle “Les choses simples”. Boulevard des Airs c’est des mecs du Sud Ouest avec qui je m’entends super bien, je me suis vraiment lié d’amitié avec Sylvain. C’est quelqu’un avec qui je partage des valeurs communes, c’est quelqu’un qui m’inspire vraiment. On va dans le même sens quand on écrit une chanson, on aime à peu près les mêmes choses donc c’est toujours chouette de travailler avec son pote et avec quelqu’un avec qui on partage les mêmes idées. On a fait plusieurs sessions avec Sylvain maintenant, on se voit souvent pour faire des chansons. Une fois il est venu chez moi et pendant une semaine on a fait des titres pour moi. Il se trouve que dans ces titres, il y avait l’hymne des enfoirés. Travailler avec ce genre de personnes c’est toujours bien parce qu’il se passe toujours quelque chose à la fin.

En parlant des enfoirés, qui est quand même un collectif qui agit pour une cause très forte en France, est-ce que selon toi c’est important aujourd’hui d’être un artiste engagé ?

Oui et non. Moi par exemple, je sais que je ne serais jamais engagé sur les réseaux sociaux.  Je ne pourrais pas être un porte parole parce que j’aime pas ça, déjà je n’aime pas trop les réseaux. Mais sinon être un artiste engagé dans ses chansons, en concerts, oui, c’est important. J’ai deux chansons sur l’album qui va sortir qui parlent des migrants, il y a “L’étranger” et une chanson qui s’appelle “ ici ou là bas”. C’est important pour moi, cette cause là me touche parce que c’est comme ça, je l’expliquerai plus précisément dans l’album. Être engagé c’est important en tant qu’artistes, on est d’abord des porte- paroles du bonheur, il faut faire rêver les gens mais aussi être porte parole des causes qui nous touchent et des choses qui ne vont pas bien dans la société.

Il y a pas mal d’artistes émergents qui suivent Mamusicale, quels conseils as-tu à leur donner pour persévérer dans la musique, surtout dans la situation actuelle ? 

D’attendre un peu avant de devenir chanteur, là c’est compliqué (rires). Ce n’est clairement pas le moment de se lancer. Bossez un peu le chant et la guitare avant de vous lancer, vous avez le temps. D’aller au bout, d’y croire parce que c’est un métier pas facile et puis y a de plus en plus de monde, c’est de plus en plus dur de se démarquer dans ce métier là. Maintenant avec la technologie,  n’importe qui peut être chanteur. Ayez une personnalité forte, n’ayez pas peur d’assumer vos idées, n’ayez pas peur d’assumer votre musique aussi, parlez de vous, parlez de ce que vous ressentez, parlez de ce que vous voyez et soyez le plus honnête possible. Faites de la musique à en perdre la voix et peut-être que ça le fera !

Est-ce que tu t’es découvert de nouvelles passions ou occupations pendant le confinement ?

Non non, moi j’ai toujours eu mes passions, mais avec le confinement j’ai justement retrouvé ces passions que j’avais. Je suis rentré chez moi dans le Périgord et j’ai une passion c’est cuisiner. Du coup tous les jours je cuisinais, j’avais mes couchers de soleil, ça me prenait beaucoup de temps. j’ai repris le sport, j’ai aussi fait beaucoup de pétanque avec mes frères (rires). Voilà c’est des passions que j’oublie un peu quand je suis à Paris parce que j’ai la tête un peu dans le guidon. Je ne me suis donc pas découvert de passion non, je n’ai pas encore appris la couture en trois mois mais ça viendra un jour (rires).

Ton artiste ou album préféré de tous les temps ?

Album préféré de tous les temps c’est Harvest de Neil Young, je peux l’écouter tout le temps, ou la compil’ Natural Mystic de Bob Marley. Et artiste préféré de tous les temps je dirais Bob Dylan ou Matthieu Chedid pour l’inspiration.

Paris ou le Périgord ?

Le Périgord bien sûr ! Le Périgord qui n’a rien à envier à Paris et à n’importe quel lieu au monde d’ailleurs. Le Périgord est dans mon cœur à jamais et je l’aime trop pour répondre autre chose… mais j’adore Paris aussi !

Ta chanson du confinement ?

C’était une chanson qui s’appelle “La Tendresse” de Bourvil. J’ai adoré l’écouter durant le confinement.

Tu te vois où dans 10 ans ?

Dans 10 ans ? J’espère être propriétaire d’un endroit où je puisse faire de la musique à Paris, c’est-à-dire être propriétaire d’un bel appartement avec un beau studio en bas pour accueillir tous mes copains. Dans 10 ans j’en aurais 37 , donc j’espère que mes enfants seront là, mon enfant ou mes enfants je ne sais pas, et j’espère que je serai en bonne santé et que tout ira bien.  Qu’il n’y aura plus de coronavirus et que tout le monde sera heureux et que la France ira bien !

Merci beaucoup Tibz, et à bientôt !

Merci à toi! 

 

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Interview en collaboration avec Mathilde Ruys.

// Interview par : Marie Lecocq Pentel

Chroniqueuse album / Live report / Interviews

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