Mamusicale

//Interview de Kwoon, passeur de sons au(x) sommet(s)

Interview Artistes | 25 février 2021

Que ce soit sur des volcans ou sur un phare maudit entouré de vagues déchaînées, Sandy se confronte aux éléments pour laisser planer sa musique envoûtante comme un chant de sirènes. Rencontre avec cet artiste hors du commun, qui a réveillé « Kwoon », après 6 ans de silence, pour une errance onirique avec « Volcano Tour » et des souvenirs de voyage :

Bonjour Sandy, pour nos lecteurs qui ne te connaissent pas, qui es tu ?

Je suis Sandy Lavallart, de Kwoon.

Comment t’es tu lancé dans ce métier de compositeur ? Tu cumules avec une autre activité professionnelle ?

Il y’a eu deux événements dans ma vie qui ont joué dans le fait que j’en suis là aujourd’hui :

Quand j’avais 11 ans, j’ai fait une année de solfège et du piano, j’ai passé un brevet de campagne. De 11 ans à mon adolescence, il n’y a plus eu de musique.

A l’adolescence, je me suis entouré de potes qui écoutaient Nirvana, Rage Against the Machine, les Red Hot. J’ai écouté la même chose, j’ai aimé, j’ai eu envie de faire pareil. A l’ado c’est comme ça : t’en parles à la récré, t’achètes un des instruments qui te plait le plus. J’ai acheté une basse. J’ai commencé à jouer chez moi, à faire des reprises des Red Hot.

Je me suis mis à la guitare ensuite. Mon premier groupe c’était « Les creepers », un groupe de lycée à minettes. On faisait des reprises et quelques compos. On a fait des scènes, gagné des tremplins rock, un enregistrement pour faire des maquettes et on avait l’impression d’être des mégas stars. On a enregistré un 4 titres quand même.

Ensuite j’ai rencontré un gars qui faisait de la musique un peu plus délicate, à la Muse, Radiohead. Il m’a demandé si je voulais faire un groupe avec lui. On a monté Dogma, où je faisais de la basse. On a fait des dates sympas, en Picardie, à Paris, en Belgique.

A côté de ça, j’étais un geek, j’étais développeur informatique.

Un jour, je me suis dit que je voulais faire mon truc à moi. J’ai commencé à écrire des morceaux pour moi, où j’écrivais tout. Au bout d’un an ou deux, j’avais une 10 aine des titres. Un de mes potes m’a dit que je pouvais en faire quelque chose. Et j’ai sorti KWOON, en 2006. J’ai fait un clip avec le titre « I live on the mood ». J’ai trouvé un réalisateur espagnol qui m’a fait le clip, avec un petit budget Ca a marché incroyable pour un artiste indie. Le clip a fait la couv‘ de My Space US. Deezer se lançait et les gars m’avaient mis pendant un mois sur leur playlist principale. Ce morceau a 1millions 800 000 vues.

Après, j’ai monté une troupe, on est partis, on a fait des dates partout.

Depuis 2006, le groupe a évolué, j’ai changé les musiciens. On s’est rendu compte que rien qu’avec internet t’arrives à faire des grosses salles en Pologne, en Russie, en Grèce … On a fait 17 pays différents. C’était une récompense incroyable de voir tous ces gens qui viennent pour toi. Je me rappelle de là où j’ai écrit ce titre, avec ma petite guitare tout seul dans la nuit. J’ai plein d’anecdotes avec le public : des gens qui se font tatouer le nom du groupe, des folles …

Kwoon c’est donc le nom de ton groupe.  Un rapport avec les arts martiaux ?

Pas du tout ! je cherchais juste une sonorité. Ça devait s’appeler Cocoon, parce qu’il y’avait un film que j’aimais bien, mais c’était déjà pris par un duo parisien. Après, je voulais Coon. Mais un pote anglais m’a dit que ça voulait dire sale nègre. Donc j’ai rajouté des lettres. Ça faisait un peu Moon et j’aime bien la lune. J’ai découvert qu’après que c’était un art martial.

Qu’est-ce qui t’as donné envie de relancer ce projet ? Le dernier album date de 2009 When the flowers were singing et le dernier EP The Guillotine Show de 2011

Il y’a eu une pause de 6 ans. On a fait une belle tournée après l’EP. La dernière date à Paris c’était au Divan du Monde, et la toute dernière dans un festival en Allemagne sur une ancienne base militaire. On a joué sur une scène dans une structure qui représentait une soucoupe volante écrasée C’était une super date. Mais niveau organisation, on était arrivés en plusieurs fois. Pour moi c’était impossible. Soit on est un, soit on arrête. Et j’ai dit à mes potes avant ce concert que c’était le dernier.

Après ça, pause totale, pendant laquelle je me suis mis à faire de la musique à l’image. C’est mon métier, je compose : je fais de la musique pour de la pub, des documentaires…

Aujourd’hui mon affaire elle tourne. J’avais besoin à nouveau de refaire du moi. J’ai réveillé Kwoon, je refais tout tout seul, je prends le temps d’écrire.

Tu as aussi fait des musiques de film (Lila, EL MARIONNETTISTA) :

C’est des courts et moyens métrages. J’aimerai bien faire des longs métrages d’ailleurs ! Celui qui a bien fonctionné c’était le film Lila (entre 3 et 5 millions de vue sur YouTube), le format de 8 mns était super, il y’avait de la légèreté, du rêve, un côté Amélie Poulain.

On a gagné plein de prix : réalisations, musiques. On a beaucoup voyagé : Barcelone, Venise, l’Allemagne… Ca faisait du bien d’être chez soi, de prendre son temps d’écrire quelque chose, t’as pas le stress de la scène, où les gens voient tes erreurs. C’était l’occasion d’apprendre à mieux écrire pour les cordes. Je me suis entouré de musiciens et je leur écrivais des partitions. C’est une autre manière d’écrire la musique. Ces 6 années m’ont vraiment servi pour ce que je vais produire plus tard avec Kwoon. Avant, j’étais qu’aux claviers, et là ça m’a ouvert l’esprit.

Après, j’ai fait plein de petits trucs rigolos. Avec Stéphane Berla, qui fait les clips des DYONISOS, on a fait un truc sur le COVID « Mad mask ». Ca me permet un petit exercice d’écriture.

Tout ce travail, de films, de documentaires, ça m’a permis de lâcher ma guitare.

Ton style musical et graphique, est très onirique. On te compare souvent aux Pink Floyd. Où trouves-tu tes inspirations ?

Oui, ben c’est ça, les Pink Floyd, surtout leur live à Pompéi. Au début, avec le groupe, je voulais faire des concerts dans des lieux insolites, avec le matos de l’époque. Dans des grottes, dans une montgolfière, un phare. C’était compliqué et on était 10 dans le camion. Je l’ai fait là. J’adore la technique. Je me suis lancé l’année dernière, j’ai été ralenti avec le COVID.

D’un point de vue pratique, comment ça se passe quand on veut jouer en extérieur, quand on veut filmer avec un drone ?

Depuis l’âge de 10 ans, je pilote des trucs qui volent. Le drone c’est hyper simple, ça vole tout seul. Normalement, tu es censé avoir le permis. Pour les autorisations, il faut voir en fonction des zones. A Lanzarote, on a appelé la base militaire. Pour le phare, c’est un pote qui m’a aidé. Le prochain spot que je veux faire, ça va être encore plus compliqué 😉 Et tout dépend de la météo.

Pour le phare du Tévennec, j’y suis allé deux fois. La 1ère fois, j’ai fait un Paris Finistère en bagnole, et le mec m’a dit en arrivant qu’il y’avait des vagues de 4mètres là bas. Du coup, je suis revenu. C’est un rocher perdu. J’ai joué là bas parce que ça a une histoire. Il y’a eu des naufragés, il y’a un truc fantomatique, et en plus tous les gardiens de ce phare ont eu un truc : il y’en a un qui s’est suicidé et tous les autres sont devenus fous, ils entendaient des voix. Le fait de pas pouvoir y aller de suite, c’est excitant aussi. Pareil pour mon prochain projet.

Et au niveau des instruments ?

Pour mon matos de guitare c’était pas évident. J’ai mis deux mois à trouver ma config. J’ai tout en autonomie sur batterie.

Le chanteur de Dyonisos (Mathias Malzieu) a été séduit par ton univers. Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Par Stéphane Berla !

Comment envisages-tu le confinement qui se profile ?

Je respecte les distances, mais bon, ça ne m’aide pas du tout dans ma façon de créer. Pendant le 1er confinement, quand je suis parti à St Malo, y’avait personne sur la route, c’était Zombie Land. Moi j’ai besoin que ça bouge, que ça vive, de faire des câlins, d’aller voir des potes, qu’il y’ait un truc cool à faire en bas de chez moi et ensuite aller bosser.  C’est pas possible qu’on me dise de mettre mon masque, « assis, couché », ça me détruit. J’ai beaucoup de potes qui ont envie de rien. C’est pour ça aussi que j’ai fait un titre qui s’appelle « Last Paradise ».

Mais de toute façon je partirai pour mon autre projet. C’est juste une question de météo…

Quels sont tes projets pour les mois à venir ?

J’ai deux projets en cours, mais top secrets !

Le 3 février est sorti Siren S Call : Teaser :

C’est une sorte de chapitre de ta vie ; c’est l’appel de la voix de la femme. Comme les marins se font piéger par les sirènes, je fais une métaphore sur l’amour, les déceptions amoureuses. T’y vas de manière aveugle et après elles t’embarquent dans un truc pas possible.

 

On peut suivre Sandy sur sa chaîne YouTube

// Interview par: Laure Girardeau

Chroniqueuse / Live report / Interviews

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