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//INTERVIEW DAYSY – L’OSMOSE D’UN DUO

Interview Artistes, Pop | 14 mai 2019

Après dix années à sillonner les routes avec leur ancien groupe le « Pacha Mama »,  Daisy et Léo décident de continuer en duo sous le nom de « Daysy ».

Le groupe nous attire déjà grâce à leurs deux premiers single « Mama told me » et « Don’t be sad », avant-goût de leur premier album « Better days are coming » dont la sortie est prévue le 20 septembre 2019. Ces deux artistes originaires de Caen nous séduisent par leur allure mystérieuse, leur son riche de différents styles, la voix profonde de Daisy… cet album est leur premier bébé, et ils le défendent avec passion, intelligence, et sincérité.

 

Bonjour Daysy ! Votre duo est né après le lycée à Caen…  vous faisiez alors partie d’un groupe le « Pacha mama ». Pourquoi avoir décidé de vous lancer en duo ?

Léo : Tout s’est fait naturellement. Au détour d’un concert de Pacha Mama, Daisy fredonnait un air, que j’ai tout de suite aimé et elle m’a révélé que c’était elle qui avait écrit cette chanson il y a quelques temps. C’est à partir de ce moment où on a commencé à travailler ensemble mais toujours au sein de Pacha Mama. Au bout de trois ans, le groupe s’est arrêté, c’est donc tout naturellement que Daisy et moi avons commencé à composer ensemble, en prenant le temps.

Le changement de y dans « Daysy » correspond au ying et au yang, c’est important pour vous cette notion de différences et de complémentarité dans la composition ?

Daisy : Complètement, cette osmose a directement fait partie de notre rencontre. C’est pour ça que j’ai proposé à Léo de travailler sur des compositions que je n’avais jamais fait écouter à personne auparavant. Cette complémentarité nous définit dans notre duo mais également dans notre relation d’amitié. Tout cela se reflète à travers notre musique et notre manière de composer ensemble les morceaux.

C’était donc l’occasion à travers ce changement de nom, de lettre, d’apporter une valeur symbolique qui parle aux gens dans l’inconscient collectif. C’était aussi une manière de se détacher de mon prénom pour que le public comprenne que c’est un projet de groupe, et non pas une chanteuse avec un musicien. 

Votre premier album s’intitulera « Better days are coming », que signifie ce titre ?

Léo : Ce titre est apparu un peu comme une évidence, car il  est d’abord représentatif de ce que l’on vit nous, et aussi de ce que l’on veut projeter pour les gens.

Daisy : C’est teinté d’espoir et c’est ce qui parle aux gens je pense. A travers les différents thèmes de l’album, cette note est celle qui revient le plus et est la plus représentative. Car nous traversons tous des zones d’ombres mais de meilleurs jours sont à venir, grâce à la force que l’on peut tirer des épreuves. Ce titre nous représente aussi, à travers nos galères, car il y en a eu à travers nos dix années de travail ensemble. C’est aujourd’hui que l’on vit ce que chaque artiste a envie de vivre. 

Deux singles sont déjà sortis « Don’t be sad » et « Mama told me » … pourquoi avoir choisi ces deux titres ? Sont-ils représentatifs de l’album ?

Léo : Ils sont représentatifs de toute façon car on pense avoir fait un album cohérent, enfin, on espère ! (rires) Mais c’est vrai que ces chansons sont celles qui parlaient sans doute le plus aux gens, grâce à leur thème, leur orchestration et leur groove aussi. Car « Mama told me » a un groove particulier. Et nous aussi nous avons envie de faire groover les choses, donc ces chansons représentent bien le futur album. 

Pouvez-vous me parler un peu de votre futur album, quels sont les thèmes abordés ?

Daisy : J’essaye toujours de traiter mes chansons d’une façon assez humaniste. Je suis très observatrice donc je m’inspire de tout ce que je vois, ce que je vis. J’aime catcher la façon dont les gens traitent leur émotions, les expriment ou les cachent. Je pars d’expériences personnelles qui deviennent plus générales. Les différents thèmes qui ressortent sont la communication, les épreuves de vie, la force des gens… et l’amour évidemment ! C’est difficile de passer à côté de ça ! (rires)

Quel a été le point de départ de l’album ?

Daisy : Nous venons de la scène donc après dix ans de travail ensemble, de concerts… il y avait une volonté de poser une identité, de choisir ce que l’on voulait défendre sur scène. Finalement, nous n’avions jamais eu le temps de nous définir une identité musicale, nous voulions trouver de nouvelles choses à défendre sans passer d’une chanson à une autre… c’était bon pour nous de prendre ce temps. Pour n’importe quel artiste, le premier album est très fondateur.

Léo : Mais le point de départ reste notre rencontre. Ce premier album est le compte rendu de ces dix années qui viennent de s’écouler. Même si il y a eu beaucoup de recompositions des chansons, la maturité de cet album c’est la maturité de notre relation de dix ans. 

Vous définissez votre style comme de la musique pop urbaine… des bases acoustiques avec des ajouts électroniques. Vos titres sont mélancoliques, organiques… qu’est-ce que la musique électronique rajoute à l’essence de vos morceaux ?

Daisy : A la base nous venons de l’acoustique, mais au bout d’un moment, nous avons eu envie de pousser les choses un peu plus loin, de réfléchir à la scène. Même si certains artistes le font très bien, ce n’est pas si facile de tenir une scène juste avec de l’acoustique. C’était donc une volonté de sortir les morceaux de l’acoustique, pour aboutir à un rendu plus organique. C’est à la fois hyper touchant d’écouter un artiste dénué de tout artifice, mais c’est aussi intéressant d’apporter des nuances où la musique sera plus poussée.

Léo : C’est aussi un moyen d’inscrire notre musique dans son époque. Nous avons beaucoup d’influences variées, que ce soit de l’acoustique, de la soul, de la pop, de l’urbain… mais aujourd’hui même dans des sons plutôt vintage, il y a souvent une touche électronique. C’était aussi une façon d’enregistrer nos chansons d’une façon produite, car nous avions envie de faire cela seuls, sans faire appel à des musiciens extérieurs pour préserver notre duo.

A travers « Don’t be sad » vous évoquez le deuil, le soutien… pourquoi avoir choisi ce jeu d’ombres en noir et blanc pour le clip ?

Léo : Ce clip est très important pour nous car c’est le premier. C’est avant tout une rencontre humaine avec le réalisateur Paps&Co.

Daisy : Il s’est vraiment imprégné du titre « Don’t be sad » et nous a donc proposé ce jeu d’ombres. Pour moi qui ai fait dix ans de danse, ça m’a parlé tout de suite pour le côté très esthétique de la gestuelle. Et en même temps, c’était une manière assez mystique de présenter notre projet en ne donnant pas tout tout de suite. Le but était d’attiser la curiosité.

Léo : Cette volonté se retrouve aussi sur la pochette, où l’on aperçoit que nos mains et pas nos visages. Pour nous, la mise en image est incontournable.

 Daisy, tu as une voix brute, et à la fois douce, mystérieuse, mélancolique… comment as-tu trouvé ton style ?

Daisy : Je pense que ma voix a plutôt évoluée au fil des années. C’est toujours une étape délicate de savoir trouver sa voix, et surtout d’assumer d’aller chercher quelque chose profondément à l’intérieur de soi. C’est certainement ce qui touche les gens et tant mieux. J’ai toujours aimé les voix très profondes avec une interprétation brute, je me suis inspirée de cela aussi. Mais ce n’était pas évident quand j’étais plus jeune  d’assumer ma voix, j’étais beaucoup dans la pudeur. Puis, je me suis construite également en tant que femme et cela m’a beaucoup aidé.

Tu ne chantes pas Léo ?

Léo : Je fais des petits chœurs par ci par là…(rires) Je ne chante pas sur l’album parce que ce n’était pas l’idée, je ne voulais pas interpréter des choses où ce n’était pas le propos. Mais nous avons de la chance d’avoir deux voix qui se marient bien donc nous allons prendre le temps pour trouver le bon moment.

Vous avez joué dans une maternité pour les bébés prématurés, c’est un beau symbole pour la chanson « Mama told me », comment avez-vous vécu cette expérience ?

Daisy : Nous avons reçu cette proposition car nous avions déjà fait des shows dans des lieux divers et atypiques comme des prisons, des hôpitaux, mais pas forcément dans des secteurs pédiatriques comme celui-ci. Mais cette idée de jouer pour des prématurés nous a séduit tout de suite. Nous adorons les enfants donc c’était une expérience incroyable. Les mamans ont vu leurs nouveaux nés réagir à la musique, ils ont été apaisés directement. Ils avaient des mimiques lorsque l’on jouait, ils mimaient presque les sonorités, c’était magique !

Léo : Nous avons aussi été confronté au personnel du service pédiatrique et ça a été un moment très chaleureux. Ce sont des gens qui s’investissent énormément pour les patients, les mamans, les enfants… c’était vraiment très enrichissant de partager notre musique avec eux. C’était apaisant pour tout le monde au final.

Avez-vous d’autres projets ou des causes pour lesquelles vous aimeriez vous « engager » à travers la musique ?

Daisy : Nous sommes dans le partage et la transmission de ce que l’on veut exprimer, à savoir quelque chose de profondément humain, sincère… donc nous avons fait plusieurs projets comme celui-ci. Ce sont des expériences tellement nourrissantes. C’est un partage. On donne mais on reçoit tellement en échange lorsque les gens sont touchés. La démarche de projet comme celui-ci est de jouer pour un public qui n’a pas forcément accès à la musique en concert. Aussi longtemps qu’on pourra le faire on le fera.

Vous serez sur scène au Café de la Danse le 3 décembre pour présenter votre album, comment vous sentez-vous ?

Daisy : Nous avons super hâte ! Ce sera notre première grosse date parisienne et pour n’importe quel artiste, le Café de la Danse est une salle de rêve pour faire son premier concert. Nous sommes impatients d’avoir les retours également, car sortir un album représente une telle mise à nu. Il faut savoir se détacher, prendre du recul, et laisser l’album vivre auprès du public.

Léo : Ce sera une très belle façon de fêter la sortie de l’album ici à Paris, de rencontrer le public. Nous aurons aussi eu la chance de défendre nos titres avant dans diverses régions. Nous avons donc très hâte de sortir l’album et de le présenter sur scène !

Vous êtes donc dans la musique depuis dix ans, avez-vous un conseil pour les jeunes artistes ?

Daisy : Un conseil que l’on a tous entendu mais qui est très important : croire en soi. Se nourrir du positif autour de nous. Il y aura forcément des gens pour ne pas aimer notre travail, mais il faut se raccrocher aux encouragements, aux notes positives mais également écouter les critiques pour avancer. Il ne faut jamais cesser d’y croire, et c’est sans doute le plus difficile.

Léo : Tout à fait, mais il faut également ne pas oublier la notion de travail. Le talent est une chose, mais il n’est rien sans le travail. Il ne faut jamais lâcher.

Qu’est-ce qui fait la force de votre duo ?

Daisy : La complémentarité. C’est ce que les gens ressentent depuis le départ, notre connexion a su retenir le public je pense. C’est aussi chouette de représenter cette complicité amicale entre une femme et un homme. Nous sommes fiers de porter ça aujourd’hui et de le défendre auprès du public.

Léo : Je vais revenir sur la sincérité, mais c’est ce qui nous ressemble vraiment. Nous n’avons pas envie de jouer un rôle, nous voulons simplement être nous-mêmes. C’est important pour notre duo mais également pour le rapport aux autres, c’est ce qui se transmet au public. 

Votre actualité ?

Léo : Nous allons avoir beaucoup de promotion, de travail sur la sortie de l’album et aussi sur la création du live. Nous allons pouvoir défendre notre album sur des radios dans différentes régions et rencontrer de nouvelles personnes, c’est très chouette !

 

C’est avec une grande impatience que nous attendons la sortie du premier album de DAYSY le 20 septembre 2019 « Better days are coming » et de leur concert le 3 décembre au Café de la Danse. Retrouvez leur actualité sur Facebook

En attendant, laissez vous séduire par leur clip « Mama told me »

https://youtu.be/E7ch1wOUhXk

// Interview par : Camille Mutin

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