Mamusicale

//Interview BICHE : l’oisiveté créatrice

Interview Artistes, Pop | 17 septembre 2019

C’est en 2012 que né le groupe Biche dont Alexis Fugain est le fondateur. Bientôt se rajoute au groupe, quatre musiciens dont le premier point commun sera l’oisiveté. En effet, ce quintet a pour devise de « passer du temps à ne rien faire, mais bien le faire ». Dans un monde où tout va vite, Biche se démarque par sa résistance au temps, sa créativité et son insolence. Après un premier EP « La Nébuleuse de Sienne », le groupe a sorti son premier album en avril 2019, intitulé « La nuit des Perséides ».

C’est à Rock en Seine que je les rencontre. 

Bonjour ! Tout d’abord, pouvez-vous présenter  votre groupe ?

Hello ! Nous sommes le groupe Biche, qui existe depuis six ans. Durant ces années nous avons enregistré un EP qui s’intitule « La Nébuleuse de Sienne » et nous avons sorti cette année « La nuit des Perséides ». Nous sommes un groupe parisien. Nous avons beaucoup joué sur Paris et ses alentours, aujourd’hui nos sortons petit à petit de cette zone pour aller plus loin.

Votre premier album « La nuit des Perséides » est sorti en avril 2019. Pourquoi ce choix de titre ?

L’idée est venue l’année dernière, lors de la nuit des Perséides autour du 13 août, où l’on peut admirer des pluies d’étoiles filantes. J’étais à l’époque à la recherche d’un cadre spatio-temporel pour écrire et trouver une thématique. Cette nuit des Perséides m’a inspiré, je trouvais l’idée jolie. Cela permettait de dire, sans trop dire, que c’est un album qui se passe sur une nuit.

La nuit est effectivement très présente à travers cet album, tout comme l’oisiveté. Dans un monde où tout va vite, est-ce une façon pour vous de vouloir ralentir la cadence, et d’apporter un peu de sérénité aux auditeurs ?

Tout à fait. C’est ce qu’on voulait aborder. Une des résistances aujourd’hui, et une des manières d’être vraiment subversif, c’est d’adopter un rythme plus lent. Pour nous, aujourd’hui, il est inutile de crier, de se précipiter. Mieux vaut prendre le temps, refuser le temps marketing, de la publicité, du fast-food… et c’est dur, car le flot te pousse comme un couloir de métro bondé, vers une direction que l’on ne choisit pas forcément. Il faut savoir s’arrêter et ralentir.

N’est-ce pas compliqué de vouloir être lent dans le monde de la musique ?

Si, car il faut tout le temps être dans l’hyper-productivité. Il y a beaucoup de deadline, il faut beaucoup donner rapidement…

Nous l’avons remarqué également à travers les formats d’albums. Aujourd’hui, il y a de plus en plus d’EP qui sont demandés, pour être dans les temps. L’EP sert à faire plusieurs sorties dans l’année, pour marquer le coup. Il y a cette résistance par le biais de prendre son temps dans cet album mais c’est une résistance calme. Le fait de ne pas devoir crier pour faire passer un message, et le côté artisanal, faire un album de ses mains, le peaufiner, ne pas le précipiter.

« Passer du temps à rien faire, mais bien le faire » (« L’Essor’) c’est bien ça ?

Absolument, cela résume bien la situation ! (rires) 

On pourrait vous associer facilement aux années 60 70,90…mais vous vous différenciez avec des mélodies plus modernes, avec un ton toujours psychédélique, mystique… était-ce une volonté pour vous de créer comme une brèche temporelle entre deux époques ?

Il n’y avait pas vraiment de désir particulier. Mais ce sont effectivement des sonorités qui nous touchent. Nous sommes assez férus de vieilles machines, de vieux sons… tout s’est fait naturellement. Nous avons travaillé l’esthétique du son, enregistré sur de vieilles bandes comme à l’époque. Nous avons repris des bases populaires, qui ont été un peu utilisées dans tous les sens, mais en ajoutant un petit update moderne.

Vos titres ne sont pas surproduits justement, c’était une volonté ?

C’était le dilemme. Nous avons mixé une première fois l’album, avec une voix beaucoup plus produite, et ça ne collait pas du tout. Nous sommes donc revenus à la base, en respectant les prises enregistrées sans produire.

Vos clips sont à l’image de vos chansons, décalés et très esthétiques. Le visuel est-il important pour vous ?

Oui car c’est également une nouvelle manière de s’approprier le texte. Par exemple pour Kepler, qui est le premier titre que nous avons clipé, Alexis avait une idée du texte. Mais lorsque nous l’avons relu, nous l’avons interprété totalement différemment. On a retenu une histoire qui n’était pas du tout la même, et Alexis l’a approuvé. C’est ça qui est chouette dans ces textes, car ils laissent une place à l’imaginaire de chacun.

Il y a l’oisiveté, le décalé et aussi l’absurde. Ces thèmes nous intéressent.  Nous avons un rapport très fort à l’image, car elle a un lien très fort avec la musique. La force des clips c’est aussi de ne pas trop donner d’explications et de ne pas figer un morceau dans une esthétique particulière, mais de laisser chacun recevoir la musique et l’image comme il l’entend. 

Vous vous produisez ce soir à Rock en Seine, comment vous sentez-vous ?

Nous sommes là depuis 11h ce matin, nous subissons notre propre excitation qui s’accumule au fur et à mesure, nous sommes super contents ! Nous jouons sur la plus petite scène mais elle est cosy et s’associe très bien à notre style de musique. 

Quoi de prévu pour la rentrée ?

Nous allons continuer à faire quelques concerts par mois et ensuite nous allons nous attaquer à la suite… et nous avons hâte ! 

C’est également avec hâte que nous attendons le prochain chapitre de Biche, groupe décalé, original, plein d’inspiration et de passion à partager ! Retrouvez toute leur actualité et leur album « La nuit des Perséides » sur leur page FacebookEt si ce n’est pas déjà fait, découvrez leur dernier clip L’Essor, à l’image de leur personnalité.

// Interview par : Camille Mutin

Interviews / Live report / Albums

// Laissez un commentaire

Nom ou Pseudo (*)

Email (*) Ne sera pas publié

Votre Commentaire (*)

Je calcule parce que ne suis pas un robot :