Mamusicale

//ENTREVUE AUTHENTIQUE AVEC AMIR

Chanson française, Interview Artistes, Mamusicale | 2 novembre 2020

Après une pause annoncée en 2019, Amir nous dévoile son tout nouvel album « Ressources » sorti le 19 octobre dernier. L’artiste nous offre un nouvel opus surprenant, différent, où l’on retrouve l’essence même d’Amir, c’est-à-dire un talent que l’on connaît tous, mais également un grand cœur, une simplicité et une légèreté qui fait du bien.

« Ressources » est une fenêtre sur les grands bonheurs de la vie comme celui d’être parent mais également sur les joies simples qui nous entourent comme la fête, les amis… C’est avec grand plaisir que Mamusicale a pu rencontrer ce musicien passionné et sincère qui nous a confié les dessous de sa nouvelle aventure artistique.

Bonjour Amir, tu reviens aujourd’hui avec un nouvel album « Ressources », pourquoi ce choix de titre ? As-tu voulu revenir à quelque chose de plus organique, de plus essentiel ? 

Je ne pense pas que j’ai voulu revenir à l’essentiel, c’est que c’était inévitable vu les conditions dans lesquelles j’ai écrit cet album. J’ai tout arrêté, j’étais en off total, j’ai pris du temps pour écrire cet album, j’ai pris le temps de contempler, de remettre en question les chansons, les thématiques… je n’avais que ça à faire, et de rentrer retrouver les miens.

L’idée de cette pause c’était de ne pas savoir quand j’allais retourner dans la composition, et au final, deux semaines après, nous sommes partis sur l’écriture de « Ressources »… on avait cette soif de toujours vouloir écrire la suite. Concernant l’écriture de cet album, l’état d’esprit dans lequel j’étais me poussait à chercher, à creuser, car rien d’autre n’occupait mon esprit.

Cet album est une vraie mise à nu, tu parles de ton fils, de ta demande en mariage… qu’est-ce qui t’as poussé à te dévoiler aujourd’hui ?

Je dirais que c’est grâce à la relation avec mon public qui aujourd’hui, me paraît beaucoup plus fiable, familiale, elle est moins fragile et plus installée. On a appris à se connaître, le public reste ma très grande famille. Et plus le temps passe, plus je me sens capable de me livrer et de m’ouvrir. C’est pour cette raison que j’ai pu faire un album qui est beaucoup plus pur. Il y a moins de barrières, moins de pudeur. C’est ma façon à moi de montrer que la relation évolue.

La configuration de ton album est originale, tes chansons sont écrites sous forme de lettres, peux-tu me parler de ce choix ?

Ce n’est pas précisément de dire que les chansons sont écrites sous forme de lettres, mais que dans chaque titre transmet un message. Pour moi la chanson, du début à la fin, doit avoir du sens et une raison d’exister que je partage avec mon public pour lui apporter quelque chose. Je ne me restreins pas non plus à ça, la chanson va vivre sa vie, passer à la radio… j’ai envie de transmettre quelque chose aux gens, qu’ils puissent s’approprier mes musiques. J’ai besoin de raconter et de revendiquer.

Quel est le morceau de « Ressources » qui te tient le plus à cœur ?

Je pense qu’elles se valent toutes car ce sont mes bébés, je les aime toutes pour une raison différente, avec leur particularité. Chaque titre à son histoire. Si il y a dix-neuf morceaux sur cet album, c’est que nous en avons écrit beaucoup plus mais que ces chansons sont les élues car elles avaient une raison d’exister et de cohabiter ensemble sur cet album. Mais pour moi, le seul titre qui se détache des autres est « Ma Lumière » car il parle de mon fils, il raconte une histoire qui est tellement bouleversante pour moi. C’est d’ailleurs la chanson qui a mis le plus de temps à être finalisée car il y a eu des corrections, des réflexions, des retours en arrière… j’ai eu plus de mal vu le niveau d’intimité de ce texte. Mais à la fin, j’ai décidé de prendre mon courage à deux mains et de l’intégrer à l’album. Je lui ai d’ailleurs fait un clip alors que ce morceau n’était pas destiné à sortir tel un single mais il tient une place très importante dans mon cœur pour des raisons évidentes.

Tu partages d’ailleurs beaucoup d’émotions et de joie à travers tes clips, est-ce important pour toi cette mise en image en plus des textes ? 

Absolument. Mais je pense de toute façon qu’aujourd’hui on ne peut plus dissocier l’image du son et que cela fait partie du récit. Quand je termine d’écrire une chanson en studio, je commence à écrire le clip dans ma tête. Parfois, ça arrive même simultanément. Je pense que c’est très important car lorsque l’on fait une chanson, on a envie de transmettre un message. La musique et le son sont très importants mais les yeux aussi ont besoin de se nourrir de quelque chose. Donc si je veux aller au bout de mon idée il faut aussi pouvoir montrer et pas juste faire entendre.

Ton single « La Fête » est sorti cet été au mois de juin en plein déconfinement, est-ce que tu penses que paradoxalement, ce titre a pu apporter du réconfort en ces temps ? 

Alors je n’ai pas la prétention de dire que ma chanson a apporté du réconfort, même si j’en ai l’impression vu le succès du titre. Personne n’a boudé le morceau parce qu’on sortait d’un drame, au contraire, les gens se le sont approprié car ils avaient besoin de ça. C’est ce que me disait mon entourage au début, car j’avais une appréhension avant de sortir ce titre justement avec la thématique et le timing. Mais mes proches m’ont encouragé en disant que ça allait apporté un peu de baume au cœur. Je constate aujourd’hui que ça a été le cas, mais je me rends compte également que cette chanson a été très apaisante et thérapeutique pour moi. Car sortir d’un silence pour un artiste c’est déjà compliqué mais combiné à une crise mondiale c’est encore plus difficile. Donc revenir avec le titre « La Fête » était un bon choix car c’est tout de suite devenu une chanson que je chantais avec le sourire et avec légèreté, je me suis senti très à l’aise. En plus ce sont des sonorités qui me ramènent directement à l’enfance car mes fêtes familiales ont baigné avec ces sons… j’étais très investi dans ce morceau et très confortable, et je pense que c’est ce qui a joué dans cette transmission de la joie.

On retrouve effectivement un son beaucoup plus méditerranéen, oriental dans cet album…

Absolument. J’ai eu le temps dans cet album d’à la fois, puiser à l’intérieur de moi, d’aller chercher ces idées enfouies et intimes que je n’avais pas partagé jusque-là, mais également ces musicalités  qui ont fait partie de mon enfance, de la bande originale de ma vie mais qui n’ont jamais décoré mes albums par pudeur ou par prudence. Mais ce n’est plus le cas maintenant.

Comment as-tu vécu le confinement en tant qu’artiste ?

J’étais à la fin de l’écriture de l’album, le confinement a simplement mis en pause l’envoi en fabrication mais il était terminé. Tout cela nous a mis un stop net mais qui, au final a été très utile. Car cela nous a permis de tous réécouter plein de fois les titres. Nous nous sommes posé des questions sur les chansons pour distiller davantage le propos. Et il y a plusieurs choses que nous n’aurions peut-être pas pu remarquer à cause d’une volonté d’aller vite. Et au final nous sommes retourné en studio pour quelques peaufinages de dernière minute qui ne sont que des détails mais on sait que Dieu se cache dans les détails. Donc de ce point de vue-là, le confinement a été très utile car il nous a permis d’améliorer l’album.

Tu as cinq titres en collaboration avec d’autres artistes, est-ce que c’était une volonté pour toi de mélanger les styles, de partager la musique ?

Déjà je me rattrape des autres albums où il y avait très peu de collaborations car lorsque je rentre en studio, je pars avec ma bande, mes copains, je suis très fidèle à eux et on travaille entre nous. Je ne disais pas à un artiste « viens on va écrire une chanson ensemble », ou en tout cas c’était très rare. Sur « Ressources » je n’ai pas changé de méthode de travail, j’ai aussi écrit des chansons en solo mais sur certains titres, nous nous sommes demandé si on ne voyait pas un featuring. Nous avons donc proposé à des artistes des chansons déjà existantes. J’ai visé des coups de cœur que j’avais pour des artistes émergents, et des gens que j’admire comme Indila qui s’est approprié une chanson qui se rapprochait de son univers et qui m’a dévoilé qu’elle suivait beaucoup ma musique donc ça a été merveilleux car c’est venu d’un souhait commun. Elle a ensuite réécrit sa partie qui, à mon sens, met en exergue nos points communs musicaux qui sont très nombreux sans forcément que cela saute aux yeux, mais lorsque l’on écoute « Caroussel », le degré de cohérence est impressionnant.

Quels sont tes projets pour les prochains mois, une tournée de prévue ?

Oui, ma tournée commence en février et je croise les doigts de tout cœur pour qu’elle se déroule et aussi que tous mes amis artistes puissent remonter sur scène, et que nos copains musiciens, techniciens puissent enfin retrouver leur métier, leur passion.

Amir, je te laisse le mot de la fin pour décrire ton album ?

Avec plaisir, « Ressources » est un album très différent de ce que j’ai pu faire jusque-là, tout en étant plus que jamais du « Amir ».

Retrouvez toute son actualité sur son site web et sa page Facebook. Et si ce n’est pas déjà fait, découvrez notre clip coup de cœur « La Fête », de quoi mettre du baume au cœur en ces temps sombres.  Retrouvez toute son actu sur amirofficiel.com

Crédit photo : Fifou

// Interview par : Camille Mutin

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