Mamusicale

//BOULEVARD DES ALLONGES – Hamamélis poétique

Folk / Rock | 30 mai 2019

C’est avec curiosité que je découvre Boulevard des Allongés pour son premier album « Hamamélis ».

C’est en 2017 que Norman (guitare et chant) et Mathieu (basse) font naître le projet d’Hamamélis. C’est après leur départ de leur premier groupe de rock Dive Bar qu’ils invitent Manu Julien et Colin à les rejoindre pour former le Boulevard des Allongés. Ces cinq musiciens sortent leur premier album en mars 2019. Des titres vacillants entre rock, pop, bluegrass, influences celtiques…

« Hamamélis » inaugure la première étape de leur carrière. Titre non laissé au hasard… Connaissez-vous l’Hamamélis ? Un arbuste à plusieurs espèces… venant d’Amérique du Nord, du Japon ou bien de Chine, avec une variété de fleurs toutes aussi originales et différentes les unes des autres. Cette même richesse et diversité est ce qui définit ce premier album du Boulevard des Allongés.

Les cinq musiciens ouvrent le bal avec le titre « Prisonnière de la Nef »… comme le voudrait la chanson, me voilà embarquée sur un vieux navire luttant contre les tempêtes. Des sonorités rappelant les vieux chants celtiques accompagnent mes pensées. Une phrase a résonné dans mon esprit : « tu peux décrocher la couronne et ses épines, ôter le lierre de cette prison. »  Les métaphores en chanson s’évanouissent souvent avec les mélodies, ou bien percutent grâce à elle. Titre ô combien représentatif de leur album : en nous accueillant avec un tableau  de prison, de piège, de lutte contre soi-même, le Boulevard des Allongés nous incitera à nous délivrer au fil de leurs chansons.

Grâce à la richesse de composition, je parviens à traverser des époques, des paysages avec mon imagination. En effet, en évoquant cette dualité humaine bercée par des sons anciens et modernes, les musiciens parviennent à donner une touche intemporelle à leur premier album. Permettant ainsi à l’imagination de voyager à travers différentes époques non figées.

Si l’on ressent des influences celtiques, ces baroudeurs n’oublient pas leur premier amour que fût le rock. Au fil de l’album, ils jouent avec des violons, banjos, guitares et batteries… avec des textes toujours pointus, à la plume libre et incisive.

A travers « le Morellon » et « La blonde » nous quittons un peu ce navire déchaîné et prenons la vie avec plus de légèreté, avec une musicalité plus moderne en peignant un tableau plus actuel, et surtout plus rock ! Des accords et textes influencés par Alain Bashung, Les Têtes Raides, Louise Attaque…

En avançant dans l’album, les artistes semblent se libérer et se lâcher… à travers des titres plus fougueux, ils nous incitent à « laisser tourner le vent » et « laisser couler le temps ». L’image d’une prisonnière de la Nef se transforme petit à petit en véritable maîtresse de son destin, sachant s’adapter au vent et aux tempêtes. Jolie métaphore aux multiples interprétations. Car l’on peut savoir évoquer une certaine détresse humaine mais complémentaire avec la simplicité des petits bonheurs :  » (…) sur les routes où brûle le soleil couchant… contemple sans fin son tour de quadrant… »

Subjectivement, le plus grand plaisir est de ne pas comprendre un album immédiatement. Leurs titres se veulent mystérieux, profonds et nécessitent une autre écoute pour s’empreindre de chaque rime et même, explorer d’autres interprétations. La musique est un voyage, et le Boulevard des Allongés sait nous accompagner… Venez les découvrir sur scène ce vendredi 31 mai au Gambetta (Paris).

Retrouvez leur actu sur leur Facebook  et sur boulevarddesallongés.fr. Et découvrez leur clip coloré « Le Morellon ».

// Chronique par: Camille Mutin

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