Mamusicale

//RAMON PIPIN 2020 – (toujours) ALAFU

Chanson française, Rock | 10 juillet 2020

Ne nous le cachons pas !

L’auteur capable de composer un hymne dédié à la promenade matinale de son chien ne peut être tout à fait mauvais. Ni même tenu en laisse !

Succédant aux excellents “Comment éclairer votre intérieur“, 2016 et “Qu’est ce que c’est beau“, 2018, Ramon Pipin livre ici en 2020, sa septième et dernière production, le bien nommé “ALAFU” qui devrait mettre en émoi le petit monde de la chasse et nous permettre de guetter sereinement la sortie du prochain album.

Car si ses albums ont bien un point en commun, c’est celui de susciter la curiosité. Et d’appartenir au club restreint des auteurs, compositeurs, interprètes qui continuent de surprendre, comme Thomas Fersen, par exemple. Pour ne pas le citer.

Comme à l’accoutumée la production est sophistiquée et les onze titres font la part belle aux arrangements rock, (Le Centre de Gravité, Le débat, Les mecs en trottinette) aux riffs accrocheurs (Je promène le chien, Trois sœurs, deux frères, un micro-ondes). Premier constat, Ramon Pipin n’a pas perdu la main et peut difficilement renier ses racines de musicien et de producteur, le son est bien là ! Peu disposé à faire le mur ! Un régal. Un son chaud, bien exposé, guitares omniprésentes, basses, acoustique (Je rêve de toits), percussions, chœurs, harmonies, voix claires.

Pour obtenir au final un album résolument rock brassant des influences irlandaises (Le Quatuor silencieux), électro, funk (Je grouve), folk, pop sans compter un quatuor qui tient la corde et qu’on aurait bien tort de réduire au silence ! Profitons de cet état de grâce pour souligner l’excellent travail des voix, des harmonies vocales et des chœurs qui convaincront aisément les sceptiques, que les chœurs aussi possèdent une âme ! (“Les mecs en trottinette“, la petite mort“, “Le quatuor silencieux“).

Quant au Quatuor, il démontre que depuis longtemps, rock, pop et classique se sont réconciliés et qu’il est grand temps pour la musique de chambre d’en sortir pour venir jouer dans le salon.

Sinon cela pourrait devenir des concertants !

Perfectionniste sans frontière, Ramon Pipin sait aussi entourer sa production musicale de tous les soins et propose un bel écrin sous forme d’une originale pochette triptyque que je vous laisse découvrir, complétée par un livret intégrant collages et textes des chansons.

Le tout sur papier glacé. Idéal donc pour affronter l’été. Une très belle réalisation graphique signée Max Ruiz et Cécilia Ranval, dont nous tairons pudiquement le très probable lien de parenté avec le Maitre d’œuvre. Car cela, vous l’admettrez, ne nous regarde pas !

Aux côtés de notre V.I.P multicartes Ramon Pipin himself, (texte, musique, arrangement, production, vocal, synthé, guitares), officie la garde rapprochée déjà repérée sur les productions précédentes, Clarabelle bien sûr, (voix), , Ines Damaris & Sybille Chalamon, Anaïs Croze (chœurs), Brice Delage, Stéphane Daireaux (Guitares électriques), Pierre Sangra (guitare acoustique, banjo, mandoline), Marc Périer (Basse), Franck Amand (Batterie), Jean Michel Davis (Percussions), Vincent “Turqoiz” Chavagnac (Flûte & Clarinette), Didier Havet (Soubassophone, Trombone basse), Michel Amsellem (Voix, Piano Wurlitzer, Orgue), Aurélien Nafrichoux (Steel Guitar), Veni Tucci (Accordéon) et le Quatuor, composé d’Anne Gravoin, Susanna Mc Neil, Marianne Lagarde, Bernard Henri Rosenberg (1er et seconds Violon), Jonathan Nazet, Himiko Hakinawa (Alto), Cyril Lacrouts, Johnny Rocket Storm (Violoncelle).

Une famille nombreuse mais qui répond présent !

On retrouve donc ici avec plaisir la patte de Ramon Pipin, la “Pipin touch”, sa verve habituelle, l’habileté de ses compositions, son goût marqué pour la mélodie, ses bons mots et son humour féroce (Ça m’a fait plaisir) qui doit se lasser d’être confiné au second degré, des musiciens au top et enfin une voix claire et posée. Bref du travail d’orfèvre !

Mention spéciale pour “La petite mort”.

Côté textes, Ramon Pipin reste fidèle au jeu du chamboule-tout (surnommé aussi jeu de massacre) pratiqué avec dérision, ironie et la plume qu’on lui connait. Des textes réjouissants qui passent en revue les plaisirs et les maux du siècle, les mecs en trottinette, les dérangements de l’ascenseur social, les tentatives d’atteindre la petite mort, les centres d’écoute et d’orientation, et l’inanité des débats politiques.

Pour conclure, sommes-nous seulement en présence d’un nouvel album réussi s’insérant dans une discographie déjà bien touffue ?

Eh bien, réponse de normand oblige. Oui et non.

Oui pour un album réussi exhalant parfois un parfum d’Odeurs. Mais pour qui sait être attentif, pour ne pas dire ALAFU, l’exercice va plus loin. Ramon Pipin amorce ici un virage, un tête-à-queue serait excessif, avec un album à la tonalité, à la sensibilité, au climat, un peu différents, intégrant une dimension poétique (Quand je rêve), moins sarcastique, un peu désenchantée et sans illusion (Je promène mon chien).

En n’oubliant pas de remettre de la gravité au centre !                      Retrouvez toute son actu sur ramonpipin.fr

Crédit photo : Max Ruiz

// Chronique par: Franck Talleux

Rédacteur Jazz & Blues/Rock

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