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//Interview Joe Bel – Un orchestre à elle toute seule

Interview Artistes, Pop Folk | 22 février 2019

Après avoir sorti deux EP, Joe Bel, jeune artiste lyonnaise, revient sur le devant de la scène avec la sortie de son 1er album « Dreams ». Dès les premières notes, sa voix nous envoûte de ce grain si particulier.


Comment es-tu arrivée à la musique, viens-tu peut-être d’une famille de musiciens ?

Mes parents écoutaient beaucoup de musique, mais n’étaient pas spécialement musiciens. Ça m’a nourrit et j’ai trouvé ça comme moyen d’expression.

Quelles musiques écoutais-tu étant plus jeune ?

C’est très vaste et très différent en passant par les Beatles, Stevie Wonder, Queens, Véronique Sanson, Claude Nougaro, William Sheller.

Tu as sorti 2 EP il y a quelques années et on te retrouve aujourd’hui pour nous parler de ton album « Dreams » qui est sorti tout récemment. Tu te définis comme quelqu’un qui a plein de chansons dans la tête. Comment s’est donc fait le choix des chansons pour cet album ?

En effet, c’était très difficile de choisir. J’ai travaillé avec un réalisateur québécois et on a beaucoup tergiversé car il y a des chansons que je voulais absolument dans l’album et lui aimait certaines chansons que je trouvais moins indispensables. On a énormément discuté et je lui ai fait confiance. Finalement, je suis très contente du résultat final.

Pourquoi avoir enregistré ton album à Montréal, tu as une attirance particulière pour cette ville ?

J’adorais le travail de ce réalisateur, Marcus Paquin. Je lui ai envoyé des maquettes en lui proposant de travailler ensemble, en étant persuadée que ça ne marcherait jamais, mais il a plongé dans mon univers et a voulu travailler avec moi. Comme quoi, il faut oser dans la vie.

Tu as sorti cet album en indépendant ou avec une maison de disque ?

Je l’ai moi-même produit en collaboration avec le label « La Ruche »

Quels sont les sujets que tu abordes dans tes chansons ?

En prenant du recul, je me suis rendu compte que je parlais beaucoup de liberté, et en  même temps de dépendance affective à l’autre. C’est un duel permanent de vouloir être libre et en même temps de vouloir fusionner avec quelqu’un, presque dans la possessivité.

J’ai lu dans des interviews précédentes que tu entendais tous les instruments dans ta tête, tu es un orchestre à toi toute seule finalement ?

Que ce soit à un arrêt de bus ou parfois au réveil, j’ai une mélodie qui me vient et qui reste plusieurs jours.  Au fur et à mesure j’entends un autre instrument en même temps, ça peut être une basse ou une rythmique de batterie. Ça s’enrichit de jours en jours mais de façon totalement inconsciente. Je laisse le temps faire sans vouloir trop maîtriser la chose.

Penses-tu avoir un don particulier ou estimes-tu  que tout musicien est capable de ça mais que chacun se concentre sur son instrument de prédilection ?

Ce sont des méthodes et des habitudes de travail. Je n’ai pas commencé ce métier jeune. J’ai construit ma propre manière de composer et j’ai approfondi cette manière de faire. Je faisais des études qui n’avaient rien à voir avec la musique, j’ai donc fait avec ce que j’avais à disposition.

Tu es toute jeune dans ce métier, et tu as déjà fait la première partie de Asaf Avidan, peux-tu nous en parler ?

C’était une aventure extraordinaire. J’ai eu la proposition de partir avec lui 3 semaines avant. On lui avait proposé plusieurs artistes dont moi, sans que je le sache, et j’ai été choisie. Il y a eu des concerts à travers toute l’Europe. C’était la première fois que je faisais de grosses scènes.  J’ai joué dans des salles comme l’Olympia. Je m’en rappellerai toute ma vie.

Tu as fait une école d’histoire de l’art et tu as fait un concert au musée Picasso, c’est une drôle de coïncidence ?

De nombreux événements musicaux sont organisés dans ce lieu et la personne qui s’occupait de la programmation, m’avait justement vu en 1ère partie de Asaf Avidan à l’Olympia. Comme quoi ça m’a apporté de belles choses. C’était surréaliste. J’étais au milieu de ses œuvres cultes et j’avais l’impression d’être privilégiée à un point que je ne pourrai pas décrire.

 Tu diversifies les plaisirs car on a pu te voir dans le film « tout pour être heureux » avec Manu Payet entre autres. Est-ce une expérience qui t’a plu et pourrais-tu envisager de te lancer dans cette voie en parallèle de la musique ?

J’ai vraiment adoré et j’aimerais beaucoup réitérer l’expérience. Je me suis dit qu’après la sortie de mon album j’y réfléchirai. J’ai découvert une nouvelle façon d’exprimer les choses. Je ne connaissais rien à la comédie et je n’avais jamais vu jouer des comédiens devant moi car je ne suis jamais allée au théâtre par exemple. J’ai eu comme une révélation. J’ai beaucoup discuté avec les acteurs, qu’est-ce que jouer la comédie, comment fait-on pour être sincère ? Ça m’a beaucoup apporté dans mon métier pour trouver la sincérité et ne jamais être dans la comédie car même si on est en représentation, on ne fait pas semblant. C’était une très belle histoire pour moi.

Ce qui veut dire que tu pourrais envisager de mener les 2 carrières de front ?

Je prends vraiment les choses comme elles viennent et je souhaite profiter de toutes les propositions qui se présentent. Je mettrai toujours la musique en premier car c’est ma passion mais rien n’empêche que je fasse du cinéma de temps en temps.

Quelle est ton actualité dans les semaines et les mois à venir ?

J’ai commencé ma tournée par un passage à Paris aux Etoiles début février. Je pars en Belgique pour quelques dates et ensuite je poursuis la tournée pour un mois au Canada. Je finirai la tournée par quelques dates en France. Et je travaille déjà dans ma tête sur mon deuxième album.

As-tu un rituel avant de monter sur scène ?

Je n’ai pas le temps d’en avoir un car je suis souvent en retard, donc je cours, je m’habille au dernier moment. Je me dis souvent qu’il faudrait que je prenne le temps de me poser avant un concert pour me détendre par exemple. Je m’y atèle, surtout pour me chauffer un peu la voix, me recentrer sur mes chansons, sur pourquoi je suis là.

Quelle musique t’accompagne en ce moment ?

J’écoute beaucoup Elias Dris. Son 1er album a été enregistré à Los Angeles avec le père de Alela Diane. Il sort son prochain album. J’écoute aussi beaucoup en ce moment le groupe français Animali et le dernier album de Lou Doillon.

Quel est le 1er album que tu as acheté ?

J’avais 9 ans, j’ai acheté l’album de Céline Dion écrit par Jean-Jacques Goldman. Ça a nourrit quelque chose de particulier chez moi.

Que fais-tu pendant ton temps libre ?

Je n’ai pas beaucoup de temps libre. Etant productrice de l’album, je travaille beaucoup sur toute la partie production. J’ai un petit garçon de 7 ans donc je ne m’ennuie pas. Je peins et je dessine beaucoup, j’adore lire également des ouvrages d’anthropologie ou de sociologie, ce sont des choses qui m’intéressent énormément.

Avec quel artiste souhaiterais-tu faire un duo ?

Et bien Elias Dris justement.

Merci beaucoup Joe et on te souhaite une belle tournée en attendant de te revoir en France très bientôt. Retrouvez toute son actualité sur joebel.fr

Crédit photo : Sarah Balhadère

// Interview par : Isabelle Grand-Dufay

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