//Solidays 2017 : la musique comme solidarité

Events / Jeux, Live Report | 27 juin 2017

Du 23 au 25 juin, au cœur du domaine de Longchamp, le festival Solidays a porté fièrement la flamme du combat pour la prévention contre le sida. Artistes engagés, bénévoles, mais aussi festivaliers… tous ont œuvré à faire de cette édition l’interlude incontournable du début de l’été. Et le tout en musique ! Retour sur cette 19ème édition.

 

Comme chaque année, le premier partenaire des Solidays, c’est la météo. Vendredi 23 juin, le soleil comble un ciel profondément bleu, baignant l’immense plaine de Longchamp et invitant comme il se doit les premiers venus. Un mot pour les nombreux bénévoles, sans qui le festival ne pourrait évidemment avoir lieu, et qui, durant ces trois jours, ont su accueillir avec le sourire et bonne humeur. Dégustons ces bienfaits sans modération devant les premiers concerts.

La grande inauguration de l’édition 2017, on la doit au groupe émergent The No Face. Formé d’anciens membres de Skip The Use (groupe séparé l’an passé) et jouissant d’une voix puissante et maîtresse, la formation offre un moment de rock à perfectionner, mais franchement brut. Pendant ce set plutôt carré et bien rodé, des masques en carton sont distribués dans le foule, nous rappelant ceux des plus grands catcheurs. On discerne donc là le début d’un concept, à surveiller de très près…

Une dynamique que l’on poursuit volontiers avec la tête d’affiche très attendue du début de soirée. C’est sur la plus grande scène que nous retrouvons La Femme. Fort d’un deuxième album (Mystère, sorti il y a tout de même presque un an !) et d’une tournée pharaonique qui arrive à son terme, le groupe arrive sur scène avec danseurs et extravagance.

« La Femme vous donne du plaisir » murmure le frontman Marlon Magnée, accompagné de sa comparses Clémence et Sasha, sous un tonnerre d’applaudissement. La transe débute dès les premières notes du trip Sphinx. C’est parti pour un set psychédélique, peuplé des titres Exorciseur et Al Warda, surtout rock’n’roll, avec les mythiques Sur la planche 2013, Tatiana, Antitaxi et Nous étions deux. Parfois à contre-courant du master studio en proposant des outros sensationnelles, La Femme ouvre grand les portants de cette première soirée.

Mention honorable au set fédérateur mené par Boulevard des Airs, que nous contemplons de loin, mais avec attention, une spécialité culinaire du festival entre les mains (les frites de patates douces, primordiales). La nuit tombe doucement, l’ambiance se tamise, il est temps de se diriger vers une plus petite scène, abritée sous un dôme. C’est ici que le duo prometteur de la scène électro-pop française The Pirouettes mènera son heure des mains de maîtres. Le public, particulièrement enthousiaste et réceptif, chante en choeur les paroles des tubes L’escalier, Carrément, carrément et 2016 – en ce temps-là. On se sent comme à la maison, en famille.

Le couple iconique composé de Vickie Chérie et Léo Bear Creek se permet un bain de foule amplement mérité. On retiendra ce moment comme un des plus mémorables de cette édition.

 

Arc-en-ciel attitude

 

Après cette excellente entrée en matière, le deuxième round se démarquera de part sa douceur. Impossible de ne pas mentionner le set incroyablement généreux signé Cocoon, qui nous offre notamment une cover inoubliable de City of Stars, tiré du film LaLa Land, et ses plus grands morceaux (Retreet, Chupee, I Can’t Wait…). Un passage rock-folk à croquer, passage obligé avant la semi-claque Isaac Delusion. Paré a combler un public plus large avec son nouvel album Rust & Gold, le groupe parisien propose une pastille pop inné saisissante.

Pendant ce temps, un compte à rebours s’affiche sur les écrans non loin. Quelque chose d’énorme semble se préparer. La fameuse Color Party, concoctée minutieusement par l’organisation, qui distribue des sacs de poudres colorées, s’effectuera avec joie par des milliers de festivaliers.

Au moment propice, une explosion de couleur envahi le site. Apogée de joie, sollicitée par les artistes qui continuent à s’enchaîner les scènes et à braver la poussière, sans réel faux pas. Passé le chapitre électro-folk de Broken Back, les Solidays prouve son éclectisme avec KillASon, parfait préambule avant le grand Féfé, qui donnera tout à un public venu le voir en masse.

Lorsque sonnent les premiers coups de minuit, on se sait entrer dans le tourbillon électronique incontournable de l’édition. Les DJ’s Clément Bazin et Joris Delacroix assureront magistralement la clôture et on sent quand même, au bout d’un moment, la bonne fatigue nous gagner.

L’épilogue n’est pas loin. Le grand final de l’édition 2017 des Solidays sera accordé non seulement à la soul rafraîchissante d’Imany, mais également au rock groovy de Last Train, sans oublier, forcément, le feu d’artifice musical -M-, désormais accompagné de son projet l’Anomalie.

Teinté de sonorités cosmopolites et traditionnelles, le concert sollicite le grand rassemblement.

Le musicien et son nouveau groupe, composé de Toumani, Sidiki Diabaté et de Fatoumata Diawara, se réinventent et bluffent, enchaînant Solidarité, Cet air, Bal de Bamako et Toi moi. Survient la dernière vague d’applaudissements, suivie de quelques ovations. Rideau.

Les Solidays ferment ainsi leurs portes, avec cette année pas moins de 170,000 spectateurs.

Ils sont tous venus, solidaires, applaudir la musique, un solide médiateur pour combattre les bonnes causes et à remettre, sans faute, l’an prochain.

// Live report : Samuel Regnard

Interview & Live report

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