//ROCK IN EVREUX : l’Eure musicale.

Live Report | 2 juillet 2017

Ce fut un gros week-end ensoleillé post canicule, pour Mamusicale présente au Solidays et en Normandie, pour le premier festival Rock in Évreux les vendredi 23 et samedi 24 juin sur l’hippodrome de Navarre. Après la disparition du festival « Le rock dans tous ses états », organisé par l’association L’abordage depuis plus de trente ans, la ville a pris les rênes et a misée sur l’éclectisme. La programmation alléchante a motivée notre présence, hélas uniquement le vendredi 23.

Rock In Evreux c’est 2 jours, 2 scènes, dix neufs concerts

Vendredi 23 juin

Slaughterhouse brothers – Samba de la muerte – Austra – The Limiñanas – Asgeir – Jain – Trust – Talisco – Yuksek

Samedi 24 juin

Wolzovitch – Headcharger – Peter Peter – Les Wampas – Lescop – Machine Gun Kelly – Steve’n’Seagulls – The Prodigy – Gojira – Claptone

 

Englué dans des complications routières, je n’ai pas assisté aux prestations de Slaughterhouse brothers et Samba de la muerte. C’est muni d’un chapeau blanc distribué gratuitement – une bonne idée suite aux journées de canicules passées – que je découvre AUSTRA sur la scène Ragnär. Le groupe propose un set de qualité devant un public clairsemé à cette heure. La chanteuse canadienne – Katie Stelmanis – avec sa voix claire et haut perchée, son électro pop à l’atmosphère glacée parfois secouées de beats ne parviendra pas à faire bouger le public.

Le public se dirige vers la scène Eïnar (le nom des scènes est-il un clin d’œil aux raids Viking du moyen-âge en Normandie ?), ou The Limiñanas  nous présente leur set, qu’ils vont promener dans les festivals d’été. Ils sont six sur scène tout de noir vêtu. La base est composé par le couple catalan Marie (batterie) et Lionel (guitare) Limiñanas. On se laisse d’abord apprivoiser par leur musique, puis petit à petit, leur impulsion rythmique et le martelage de la batterie nous pénètre, l’atmosphère créée par les guitares qui fuzz comment jamais finissent par nous envoûter. Ils démontrent leur inventivité par l’utilisation de ukulélé, maracas, mélodica et d’un clavier type jouet pour enfant. Leur univers pulsé par tant d’énergie irradie le public densifié. Le concert est une lente montée inexorable vers un bouquet final à couper le souffle. A consommer sans modération lors des trois concerts en juillet.  A lire sur Mamusicale.fr le Report Live de leur concert du  5/5/2017.

Ensuite arrive d’Islande Asgeir avec un gros son clair, sa tristesse, sa mélancolie. Il semble très introverti, fragile, sensible. Ils sont six sur scène mais l’ensemble est statique. Les textes sont en anglais et en islandais. Des morceaux empreints de nonchalance d’autres assez rythmés et entraînants. On peut être émus par leur Electro Folk ou pas … Il sera le 12/10 au Bataclan.

Il environ 21h15 quand JAIN arrive seule sur scène. Elle va délivrer une prestation grandiose. Jain est bluffante, de simplicité, de convivialité, d’énergie. C’est la sensation du moment, elle est jeune et à déjà tout d’une très grande. Le concert est divisé en 2 parties. D’abord seule avec sa machine à boucle sonores, la prestation est sobre. Ensuite avec l’arrivée des quatre musiciens, on bascule dans un gros show avec mise en scène, projections de décors vidéo superbes et colorés : impressionnant.  Avec une nouvelle chanson « Paris » qui sera dans son prochain album, elle rend hommage aux victimes des attentats avec projection des noms et la scène éclairée en « Bleu, Blanc, Rouge » : émouvant. Durant  soixante-quinze minutes, Jain a réussi à survolter un public assez jeune, qui aura dansé, sauté chanté. C’est le premier moment fort de la soirée. Le public est nombreux, la nuit est tombée, faut il y voir un lien ? Elle tourne tout l’été avec une quinzaine de dates, aucune raison valable de la rater !


Les organisateurs ont osés !  Après JAIN on enchaine avec TRUST. A la naissance de JAIN, Nono et Bernie avaient déjà 15 ans de carrière. Eh oui ! 40 balais à gueuler sur l’injustice, l’Elite et tout ce qui est antisocial. Pour être franc, j’avais un petit doute sur la prestation, dans le genre minimum syndicale. Toutes mes excuses, le concert de TRUST a été de très haut vol. La setlist revisitait l’ensemble de la carrière. Un nouveau titre « Démocratie » a été testé et ça sent déjà le vieux standard. Le public a marché avec eux, et pour le rappel Antisocial, était repris en cœur, même par les plus jeunes, tout simplement un hymne. Vous ne pouvez pas rater la tournée « Au nom de la rage » de TRUST, plus de trente dates sont programmées avant décembre !

C’est vers minuit, que Talisco prend possession de la scène. Dès les premiers notes, on se dit qu’il y a du docteur Jekyll et mister Hyde, en effet, on connait certains de ses tubes assez lissés – sans parler de cette fameuse musique de pub- sur scène c’est une énorme pop très rock des plus joyeuses. Jérôme Armandi et ses deux musiciens sont surexcités et heureux d’être là et c’est communicatif. Avec ses riffs de guitare au son brut et tranchant, accompagné d’une batterie très lourde, on passe par des moments très rock, parfois folk et toujours avec un fond d’électro qui fait danser un public  conquis par l’efficacité et la bonne humeur de TALISCO. A partager durant une douzaine de dates avant l’automne.

Déçu de ne pas pouvoir rester pour Yuksek, il est trop tard,  il faut renter sur Paris !

Cette première édition de ROCK IN EVREUX semble bien née. Ce festival, à taille humaine, avec une telle programmation est une belle promesse pour l’avenir. Une pensée pour les 260 bénévoles sans qui cette belle machine n’existerait pas. A l’année prochaine donc !

// Live report : Marc Tessier

Live report

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