Mamusicale

//Prix Voix du Sud : Martin Luminet, STAFF et Francis Cabrel à l’honneur

Live Report | 14 février 2019

Mardi 12 février, 19h30, je sors de l’université. Je n’étais pas prête pour la soirée que j’allais passer. Je me dirige vers le Studio Raspail pour la remise du prix Voix du Sud – Fondation La Poste, qui met à l’honneur les qualités d’écriture de jeunes auteurs, de compositeurs et d’interprètes. Ce soir, Martin Luminet, lauréat 2018, recevra son prix en mains propres par Francis Cabrel, fondateur de l’association Voix du Sud.

En quelques mots, cette association regroupe une quinzaine de talents lors de deux stages annuels, d’une durée de 10 jours, accompagnés dans un élan de création, d’écriture, de composition, d’interprétation. Ces stages ont lieu dans la cour d’école d’Astaffort où Francis Cabrel lui-même a grandi. Lors de la soirée, je rencontre une des chanteuses du groupe STAFF formé à l’issu de cette 45e édition, Stellia Koumba, qui me raconte son aventure :

« J’étais assez émerveillée, on a créé une trentaine de chansons en 10 jours. Matin et soir on écrit des chansons, textes et mélodies, puis le soir on les présente devant tout le monde. Au départ, j’étais toute frileuse, puis je me suis retrouvée à composer une musique. C’était une expérience géniale. »

Martin Luminet ouvre la soirée doté seulement de sa voix et d’un clavier, d’une sincérité remarquable, comme poussé d’un simple souffle. Dès ce moment, nous comprenons le caractère extraordinaire de son écriture, de sa musique. Par la suite, il nous propose de créer ensemble la « première chorale dyslexique », en nous invitant à chanter tous en chœurs « tu amoureras ». Il nous résume son expérience aux Rencontres d’Astaffort comme « le passage de solitaire à solidaire ». Avec son slam, il apporte une touche de modernité à la belle écriture en étant accompagné d’un musicien qui joue sur un pad électronique.

Après trois de ses chansons qui ont séduit l’ensemble du Studio Raspail, Francis Cabrel monte sur scène pour lui décerner son prix, ainsi qu’un chèque de 2000€ par la Fondation La Poste.

S’en suit un concert incroyable de la part du collectif STAFF, qui relève d’une mise en scène digne d’une comédie musicale. Les chansons nous racontent des histoires universelles, elles vivent les unes grâce aux autres. Elles sont à la fois solaires, timides, vibrantes, douces.

Je sors ravie du spectacle que je viens de voir. Je croise alors tous les chanteurs, dont Martin Luminet, mais aussi Francis Cabrel, qui m’accorde un peu de son temps pour répondre à mes questions.

  • Qu’est-ce que ça vous procure comme émotion de voir vos jeunes talents ce soir sur scène ?

« Je suis très ému, car on les a vu naître, c’est des gens qui ne se connaissaient pas, ils se sont découverts en arrivant chez nous. C’est assez miraculeux. Chaque fois je suis pris… Je les admire. Je suis très fier de les voir, de les amener jusqu’ici, c’est une belle aventure ».

Puis je rencontre Martin, avec qui je retourne dans la salle pour m’accorder une petite interview :

  • Peux-tu te présenter brièvement et nous dire ce que tu faisais ce soir avant de monter sur scène ?

« J’ai 30 ans, j’écris des chansons parce que je pense que quand j’ai trouvé ça, je me suis dit que ça allait sans doute sauver une partie de ma vie ; et avant de monter sur scène je faisais de la boxe en loge, j’essaye de réveiller cette espèce de violence sensible que j’ai. »

  • Comment as-tu vécu ces rencontres ?

« On est coupé du monde pendant 10 jours, on écrit des chansons pour les autres. On doute beaucoup dans ces milieux-là, on se dit que c’est un espèce de doute de chanteur, alors que c’est un doute de la vie, comme tout le monde. De partager ce temps-là avec d’autres, c’est dingue parce que ça éradique les doutes, il y a un phénomène hyper rassurant. En fait, ce que je vis, tout le monde le vit, donc en fait tout va très bien, tout est à sa place, tu te sens légitime. C’est hyper rassurant. »

  • Quels est ton thème préféré en écriture ?

« Moi j’aime comme thème comment on « défait » l’amour plutôt que de faire l’amour, comment on accepte ce qu’on a mal fait. On est tordu, mais tout va bien, parce que le monde aussi est tordu ».

  • Quels sont tes projets en ce moment ?

« En moment on est en train de finir l’écriture de tout ce qui n’est pas le texte : la musique, les arrangements, la réalisation. On se dirige vers un premier disque. On va sortir des titres bientôt. »

Merci à Voix du Sud pour les photos. Retrouvez la galerie complète par TVDunet ici.

Voixdusud.com        martinluminet 

// Live report : Marine Saint-Germain

Interviews / Live report / Albums

// Laissez un commentaire

Nom ou Pseudo (*)

Email (*) Ne sera pas publié

Votre Commentaire (*)

Je calcule parce que ne suis pas un robot :