Mamusicale

//LAST TRAIN : un remède au French Bashing

Live Report, Rock | 19 mai 2017

Il est enfin arrivé ce 9 mai, ce concert je l’attendais depuis des mois, c’est un cadeau de Noël ! C’est aussi ma première depuis la réouverture du Bataclan, tragiquement  devenu une salle à part.

La trajectoire de LAST TRAIN est impressionnante : en 2015 ils ouvraient pour Rival Sons dans cette belle salle du Plan à Ris-Orangis (91)  En 2016, ils étaient tête d’affiche à la Flèche d’Or et à La Maroquinerie. En 2017, c’est au Bataclan et en tête d’affiche qu’ils défendent leur premier album « Weathering ».

20h : on débute avec The Amazons, groupe rock  anglais de Reading. Malgré le nom prometteur, pas une fille sur scène mais 4 poilus qui vont balancer pendant 30 minutes un bon rock indé bien compact. On se laisse entrainer par les morceaux et capter par les guitares. Parfait pour chauffer le public !

En position surélevée, juste derrière les consoles, je vais pouvoir profiter au mieux du visuel et de l’acoustique.

21h : Extinction des feux. La salle est pleine comme un œuf. Le public est jeune. Une jolie mélodie au piano nous charme quand les 4 de Mulhouse arrivent sur scène : Jean-Noël au chant, Julien à la guitare, Tim à la basse et Antoine à la batterie. Le concert débute par le titre éponyme de l’album « Weathering ». Le ton est donné, c’est du brutal avec un light show épuré, tout est dédié à l’énergie. Un petit « bonsoir, nous sommes Last Train » et c’est un « Cold Fever » de folie que l’on se prend en pleine face. Sur « Way out » la basse se fait la part belle et fait vibrer le public. Ça part fort comme un direct du droit, la balade « House on the moon » nous permet de récupérer.

Clin d’œil au seventies avec « One side road » et « Jane ». Avec ses quasi-dix minutes et son phrasé incantatoire,  « Jane» m’évoque ce bon vieux Stranglehold de Nuggent (pour les plus jeunes : aucun rapport avec les trucs au poulet !!!). Le public est chauffé à blanc, sa clameur est du niveau de la prestation … énorme. Sur « Sundays morning »,  LAST TRAIN personnalise le solo de batterie en intégrant quelques notes de guitare. Le solo qui n’est souvent qu’une démonstration devient un moment presque groovy.

LAST TRAIN est incroyable d’énergie, avec le nombre de dates réalisées depuis des années, on pourrait les imaginer un peu crevé … mais non ça envoie. Ils sont faits pour la scène, ils aiment la scène et le public est là pour ça. Pour voir des musiciens frais qui ne trichent pas. Qui jouent comme si c’était la dernière. Qui donnent tout à chaque fois. Ils sont déjà un groupe culte du rock Français car la force est avec eux … et le concert n’est pas terminé !!!

Après l’ovation pour « Time », c’est avec « Fire » que LAST TRAIN met définitivement le feu – pour moi, « Fire » est à LAST TRAIN ce que War Pig est à Sabbath – et reçoit une nouvelle ovation confirmant que tout le monde est d’accord : ce n’est plus un concert de rock, c’est une pure alchimie. Les premiers rangs se lâchent et pogotent sur une version de « Leaving you known »  tellement électrique qu’on en aimerait le nucléaire. Sur « Never seen the light » puis sur « Fragile » qui clôture le SET, la voix de Jean-Noël est saisissante. Le public est suspendu et frissonne avant d’exploser dans une totale communion.

C’est jubilatoire, les 4 de Mulhouse donnent l’impression d’avoir écouté 40 ans de rock, et d’en avoir distillé un nectar intergénérationnel d’exception. Ils nous rendent fier d’être français, faisant mentir John Lennon et sa phrase assassine : « le rock français, c’est comme le vin anglais ». Logique qu’ils aient joué pour fêter les 40 ans de Radio de Zeggut, la boucle est bouclé et le passage de témoin assuré.

Courrez les voir sur scène, c’est bon pour le moral, et ils seront forcément près de chez vous en 2017. Retrouvez les sur lasttrain.fr

 

Crédit photo : Christophe Crénel

// interview par : Marc Tessier

Live report

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