Mamusicale

//GOVRACHE CHANTE ET LA CIGALE SE LÈVE

Chanson française, Live Report, Musique Urbaine | 22 mars 2019

Son nouvel album « Des murmures » est sorti le 15 mars et  le 16, GOVRACHE remplissait la Cigale.  Ce n’est peut-être pas l’unique raison … Son talent déjà essaimé en 2018 en première partie de la tournée de Gauvain SERS a rendu possible cette belle soirée. Je l’ai découvert en octobre, et après 30 mn de prestation uniquement à la voix (mamusicale.fr/live-report/gauvain-sers), j’avais coché la date du 16 mars pour en avoir plus !

20h30, GOVRACHE entre en scène, naturel et sans artifice, accompagné de ses deux complices Adrien DAOUD (contrebasse) et Antoine DELPAT (violon, clavier) assisté de Guillaume SENÉ dans le rôle du beatmaker.  Comme une présentation, il débute avec « 40 ans ». Le texte, la diction, le timbre de sa voix ont un effet immédiat sur le public qui chante aussitôt. En trois minutes, GOVRACHE fait basculer la salle qui lui fait déjà une ovation.  « Ma femme » une déclaration d’amour slamée, forte, sensible, poétique. Puis, à capela,  il ouvre son triptyque  sur l’ivresse. Son texte prend toute sa force sans modération bien que « l’époque soit à la mode des rations ». Il exprime sa révolte par les mots et la poésie et c’est d’une puissance ! D’une efficacité !

Que dire de « l’Homme trottoir ». Son interprétation est bouleversante. Ses mots dépeignent la vie de ceux que l’on croise et qu’on ignore souvent. Ses mots réveillent notre humanité qui s’endort par facilité. La Cigale est remuée et semble s’introspecter. Suivi par « Un cri » ou GOVRACHE se fait plus rap et plus critique sur la classe politique … ils  sauvent les banques pas la banquise : soyons ingouvernable ! Que dire de « Trader » qui fait mal en évoquant la perte de nos projets de vie de nos rêves. Ah oui, je ne vous l’ai pas encore dit ? Et bien sachez-le, un concert de GOVRACHE peut vous faire pleurer … A travers ses textes, il touche notre sensibilité, notre humanité. Il nous fait sourire et rire quand il s’adresse à la salle, ou avec les chansons comme « Le Dormeur du Râle » ou « Les yeux plus grand que le foie ».

Quel que soit le thème, ses chansons nous parlent, nous remémore des histoires, évoquent des tranches de notre vie. C’est toujours pertinent, intelligent pour ne pas dire brillant. Mêlée à la richesse des textes, sa musique est un beau support pour poser ses mots, un beau terrain de jeux, de jeux de mots. L’ensemble se mêle avec finesse et raffinement sous une lumière sobre et belle. Bravo à Julien pour la création lumière.

Cette soirée à la Cigale reste une fête et une fête n’est pas parfaite sans invité, GOVRACHE  chantera « Les oubliés » avec Gauvain SERS (très acclamé) et Martial BORT.

«  Lève-toi et marche », chanté avec fougue tel un appel à la fraternité, secoue nos consciences endormies. « Mal aux mains » est un texte qui nous sort de notre apathie et nous confronte au contexte social actuel. Sur « CRS » il scande « Résistance », il appelle à désobéir et dénonce « ceux qui, quand le bateau coule, tabassent ceux qui écopent ». Notablement secoué, le public bloque l’applaudimètre. GOVRACHE est un poète, un révélateur du quotidien. La virtuosité de ses textes, malgré des sujets durs, nous laisse entrevoir l’espoir d’un monde meilleur, comme une hypothétique étoile …

Deux autres grands moments du concert :

« Le bout de la table », l’histoire du temps qui passe et des étapes de la vie magnifiquement soutenu par le cuivre de Manu DOUMERGUE. « Mon dieu à moi » une ode à la vie et ses petits riens si précieux, accompagné d’un piano cristallin et sur fond d’un mix de chants sacrés des différentes religions. On est bouleversé et heureux, les chansons de GOVRACHE sont des petits paquets d’humanité qui touche, ébranle, remue, bouleverse et confirme que l’on est encore vivant …

Après une heure trente de montagnes russes émotionnelles, le public est debout, l’artiste est ému. Son dieu c’est la vie et ce soir il s’en ai payé une bonne tranche ! Allez voir GOVRACHE en concert, c’est un artiste rare à ne pas manquer. Le 20 septembre sort le second opus « Des cris ». Je lui souhaite de faire se lever l’Olympia le 21 ! Pour suivre son actualité et ses concerts c’est sur : govrache.fr et Facebook

Un grand merci à Vincent Le Gallic, photographe,  qui fige pour notre plus grand bonheur ces moments uniques à nos côtés. Retrouvez toutes les photos du live ici.

// Live report : Marc Tessier

Live report

// Le(s) commentaire(s)

  • Alex
    le 26 mars 2019

    Une bombe de talent et d’émotions. J ai adoré ce concert ! Un vrai bonheur.

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