//« THIS IS MONDAY », L’AFTER WORD DU LUNDI SOIR AU COMEDY CLUB

Events / Jeux, Interview Métiers de la musique | 26 juin 2017

Mamusicale a rencontré Frédéric Antetomaso, co-fondateur des soirées « This is Monday » qui se déroulent tous les lundis au Comedy Club. De très belles soirées musicales en perspective dans ce magnifique lieu parisien.

 

Bonjour Frédéric, pourrais-tu te présenter en nous donnant les grandes lignes de ton parcours jusqu’à aujourd’hui ?

La musique me passionne depuis ma plus tendre enfance, mon père étant un grand fan de rock. J’ai travaillé pour des salles de musique à Paris, essentiellement pour le Petit Bain. Ensuite j’ai été programmateur de scènes à Enghien les bains pour le festival d’art numérique. J’ai monté il y a 8 ans maintenant avec mon collègue Ludovic, Ovastand, qui est une société de production. On s’est développé de plus en plus au gré de nos envies, et par la suite on a fait venir d’autres personnes dans l’aventure. Depuis 3 ans c’est réellement une structure professionnelle et on est maintenant 5 personnes à temps plein. On s’est structuré autour de l’organisation de tournées. Initialement on produisait des disques et on organisait des concerts sur Paris et petit à petit on s’est spécialisé dans l’organisation. On fait des tournées en France et en Europe. En parallèle j’ai toujours mon activité de musicien en tant que guitariste, et je collabore avec différentes formations. J’ai 2 projets qui me tiennent particulièrement à cœur qui sont des musiques du monde.

Comment est né « This is Monday » et qui en est à l’origine ?

« This is Monday » est né de la rencontre de Valérie Suder qui est à la tête d’une structure qui s’appelle Teamzic et de moi-même. On travaillait sur un des projets dans lequel je joue pour l’enregistrement du nouvel album et sur la stratégie globale de cet album. C’est une artiste qui s’appelle Anissa Bensalah, qui est moitié brésilienne moitié algérienne. J’ai discuté avec Valérie et lui ai mentionné que depuis des années j’avais envie d’organiser des concerts le lundi sur Paris, avec des découvertes déjà professionnelles mais sans forcément avec une grande exposition  médiatique, ni un grand public. J’avais dans l’idée de faire un peu comme Remy Kolpa Kopoul de Radio Nova qui faisait un concert par mois le lundi avec des musiques alternatives. C’est un grand nom dans le secteur de la musique du monde ainsi qu’un grand DJ qui est décédé il y a 2 ou 3 ans maintenant. Depuis ce moment-là je me suis dit que j’aimerais bien reprendre le concept, mais à ma sauce. En parallèle Valérie voulait également organiser des concerts en imaginant « les lundis de la Teamzic ». On a monté la structure en 5 mois « This is Monday » est né et le 1er concert a eu lieu en avril.

Comment décrirais-tu l’évènement ?

C’est un after work tous les lundis dans un lieu confortable, élégant, qui est le Comedy Club, la salle de Jamel Debbouze. C’est très atypique car ce n’est pas forcément un lieu pour la musique mais plutôt pour le stand up. Ça donne ce petit club de musique, que l’on ne trouve plus trop à Paris. On programme des artistes qui ont déjà prouvé leur valeur aux yeux des professionnels et qui sont au démarrage d’une carrière. Il y a 2 artistes par soir qui jouent entre 40 et 50 minutes chacun. On donne ce qu’on veut à l’entrée, c’est vraiment pour toutes les bourses.

Pourquoi avez-vous choisi cette salle ?

On voulait reprendre le concept de Remy Kolpa Kopoul qui s’appelait « lundi c’est Remy » et qui se passait dans cette salle. J’ai organisé plein de concerts dans plusieurs salles parisiennes, mais pour ce concept il fallait un cadre cosy, un peu plus intimiste.

Comment se passe la programmation et comment choisissez-vous les groupes ?

Ça fait maintenant presque 10 ans que je suis dans le milieu de la musique. J’ai un peu d’expérience pour découvrir des groupes, ceux qui vont arriver à percer dans les mois à venir, ou ceux qui ont fait un peu parler d’eux mais pas encore pris par une structure. On fait ça en collaboration avec  Teamzic, on a un comité de programmation. Pour cette première saison, on a réuni nos idées, chacun avec ses couleurs, ses affinités, son identité, avec le seul mot d’ordre de faire de la qualité, des choses qui ne soient pas encore sur les radars médiatiques, et des choses qui nous plaisent.

Si un groupe veut venir jouer comment doit-il procéder ?

Comme toute programmation, on peut bien sûr nous contacter. Il suffit que les groupes aient déjà fait un peu leurs armes car nous invitons des professionnels et des journalistes. Par exemple cette année on a eu du jazz vocal, du hip hop, en passant par de la chanson française, du rock. C’est très ouvert et on est toujours prêts à découvrir de nouvelles choses.

Les artistes sont-ils rémunérés ?

C’était ça le deuxième enjeu de ces soirées. Des salles de concerts il y en a plein à Paris, des têtes d’affiches qui font salle comble il y en a plein aussi. Des artistes pas connus il y en a aussi beaucoup, mais pour se faire accueillir et jouer dans des conditions décentes c’est très dur. On prend des artistes dont c’est le métier, ou le futur métier, et la moindre des choses est de les payer, à hauteur de ce que les accords syndicaux prévoient. On a d’ailleurs fait venir pas mal de groupes qui viennent de province et c’est normal de les rémunérer.

Avez-vous des aides ou des financements ?

Pour l’instant on finance ce projet avec les fonds propres des 2 structures mais nous sommes en train de boucler plusieurs partenariats pour la deuxième saison qui commencera en septembre. Pour qu’un tel événement dure, il faut des fonds. On fera peut-être aussi appel au mécénat et au sponsoring également, comme beaucoup d’événements.

Quels sont les styles musicaux que l’on peut découvrir ?

J’écoutais beaucoup de métal étant jeune, maintenant je fais de la musique du monde et j’adore la musique brésilienne, le jazz, le rock. Du fait que c’est un espace cosy et élégant, il y a des choses qui ne marcheraient pas, comme le métal. Et on ne fait pas de musique classique non plus car ce n’est pas le même public ni la même manière d’écouter. Et au-delà de ça, ce sont des limites techniques. Ce n’est pas une grosse scène et certaine formation ne pourraient pas s’y produire. Mais comme je le disais, il y a tout style. On a eu par exemple du hip hop, et dans un style complètement différent, on a eu un chanteur palestinien qui fait de la musique actuelle palestinienne, empruntée à la tradition orientale et au jazz.

Comment voyez-vous évoluer le concept ?

Dans un premier temps on vise à pérenniser la chose. Que les gens sachent que tous les lundis, même si ils n’ont pas regardé la programmation, ils peuvent venir en donnant ce qu’ils veulent. C’est un bon moment à passer, c’est une occasion de sortir. On s’assoit, on boit un verre et on profite de la soirée. C’est une ambiance décontractée dans un super lieu et nous n’avons eu que des bons retours depuis le début de l’aventure. Un de mes rêves serait que des artistes très reconnus se prêtent au jeu et viennent, au même titre que d’autres artistes, faire un concert adapté et qu’ils partagent la scène avec un artiste moins connu, pas du tout dans l’esprit 1ere partie et tête d’affiche, que l’on peut voir partout, mais vraiment dans l’esprit de partager la musique. Je verrai bien Ibrahim Maalouf venir ici.

Quels sont les prochains concerts à venir ?

Le 26 juin ce sera Johnny Mafia, et Jinx Fish Pool. Le 3 juillet ce sera Abou Diarra, et Prabhu Edouard. Le 10 juillet, pour le dernier soir, ce sera Opus Jam, et Bobby and Sue. On reprendra le 25 septembre jusqu’au 11 décembre, puis on reprendra vers le mois de mars.

Quel est ton dernier coup de cœur musical ?

C’est un des artistes qui est venu le 22 mai, qui s’appelle Tamer Abu Ghazaleh. C’est un chanteur palestinien qui joue du oud. C’est un peu le Zappa palestinien.

Quel est l’artiste que tu rêverais de recevoir au This is Monday ?

Je dirais la Dame Blanche qui est une chanteuse cubaine. La chanteuse malienne, Oumou Sangaré que j’aime beaucoup, et le batteur Karim Ziad, batteur algérien qui fait du jazz et de la musique du Maghreb.

 

Merci beaucoup Frédéric.

Merci à Mamusicale de parler de nous.

A suivre sur thisismonday.fr

// interview par : Isabelle Grand-Dufay

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