//Vanupié n’a pas les 2 pieds dans un même projet

Interview Artistes | 18 juillet 2018

Mamusicale a rencontré Vanupié à la terrasse d’une brasserie de son quartier. Et non je ne vous dirai pas ce que boit Vanupié, mais c’est très étonnant. Un artiste aux multiples projets et un grand homme. Cette rencontre fut une magnifique découverte et d’une immense richesse, tant l’artiste est pleinement investi dans sa musique comme dans la vie.

Bonjour Vanupié. Peux-tu te présenter pour les lecteurs de Mamusicale ?

Je m’appelle Vanupié, je suis chanteur, guitariste, compositeur, auteur, producteur et ça fait environ 15 ans que je fais de la musique pour gagner ma vie. Avant ça, j’étais directeur artistique et concepteur rédacteur, dans une boîte de pub.

Comment passe-t-on de directeur artistique à musicien ?

J’ai toujours fait de la musique depuis que je suis tout petit, c’était un rêve. Le métier dans la publicité ne me convenait plus. J’ai voulu quitter ce fonctionnement où on est tous dans un flot permanent, dans un tunnel, j’ai pété un câble et je suis parti. Je me suis mis à faire sérieusement de la musique que je faisais initialement pour m’amuser, le soir et le week-end.

Quel style de musique tu écoutais étant enfant ?

J’étais fan de Mickael Jackson très tôt vers 7 ou 8 ans. Vers 11 ans, j’ai découvert Bob Marley, Lionel Richie et Janis Joplin. C’étaient des artistes complètement habités et c’était très important pour moi. J’ai ensuite découvert le reggae vers 20 ans. J’ai fait beaucoup de jazz étant enfant et je joue aussi de la batterie, comme beaucoup d’autres instruments, et du coup j’ai mis beaucoup d’influence de ces années-là dans ma musique.

Tu joues depuis de nombreuses années dans le métro, peux-tu nous raconter une anecdote ?

J’ai commencé en 2006, et des anecdotes j’en ai beaucoup. C’est difficile d’en choisir une car tous les jours il se passe un truc sympa et un truc moche. Un flic peut venir pour me virer car il y a un attroupement autour de moi et ça crée un problème de sécurité, du coup j’ai des amendes. Et d’un autre côté il va y avoir une jeune fille sublime qui va rester une heure et qui va me laisser un mot hyper beau, ou bien on va discuter. Je peux me prendre une baffe et juste derrière il y a un truc cool. Je me fais cracher dessus ou je me fais insulter, mais il y a aussi énormément de gens qui viennent m’écouter et qui me donnent beaucoup d’énergie. Dernièrement il y a eu un truc dingue, mon ami Lidiop est venu chanter avec moi  comme ça par hasard, et on en a fait une vidéo.

Tu as sorti un album en 2013 et le dernier « Gold » est sorti en mai 2018, quels sont les thèmes que tu défends dans ce nouvel album ?

Il n’y a pas cinquante mille sujets pour les chanteurs. C’est souvent autour de l’amour, de la violence, ou de la société. Il faut que ce soit des thèmes qui parlent à tout le monde. Globalement je parle beaucoup de mes histoires personnelles.

Sur ton 1er album tu as travaillé avec Flox et sur celui-ci ?

Avec Flox encore. C’est un fabuleux compositeur et arrangeur. C’est un mec beaucoup plus sage que moi et qui m’apaise, il me guide dans mes choix. C’est un directeur artistique exceptionnel, il connait la musique mieux que tous les gens que je connais.

Tu es en tournée depuis un certain temps ?

J’ai commencé ma tournée en 2017 en solo et depuis le début d’année je suis avec mon groupe. Et ça va durer jusqu’en 2019.

Qui sont les musiciens qui t’accompagnent ?

Il y a Tao Ehrlich, qui a 22 ans et qui est un petit prodige de la batterie. Jérôme Lavaud à la basse. Arnaud Forestier au clavier, qui est un ami de Tao et avec qui il joue régulièrement. Au son il y a Jérôme Kalfon et aux lumières Alexandre Périgaud. Morgane Silva s’occupe de la régie et ensuite il y a des remplaçants. 2 bassistes qui sont Sabrina Boudaoud et Antoine, dont j’ai oublié le nom de famille. Marc Jacquemin à la batterie, qui est d’ailleurs le batteur de Flox et qui joue avec pas mal de gens. Au clavier c’est Edouard Leys qui remplace Arnaud. C’est une grande famille en fait. Au départ je ne voulais pas changer de musiciens mais j’ai été convaincu et maintenant que c’est calé, c’est le paradis.

Tu as écrit un livre il y a 5 ans, sur lequel tu vas faire un film, peux-tu nous parler de ce projet ?

Un film c’est très long. Je mets 5 ans à faire un album donc je ne vous raconte pas pour faire un film (rires). Je ne pensais pas faire un film au départ. J’avais juste un truc à dire très important sur un sujet de société en rapport avec nos lois et avec la liberté de chacun. Je ne peux pas en dire plus pour l’instant. J’ai voulu le faire éditer. On m’a mis des auteurs dans les pattes qui ont retravaillé le bouquin jusqu’à ce qu’il en arrive à devenir complètement édulcoré. J’ai donc fait machine arrière. Il se trouve que j’ai une amie qui est scénariste et qui travaille avec le réalisateur avec qui je rêve de faire ce film. Elle a passé un an et demi sur la 1ère version. On l’a présenté au réalisateur qui a beaucoup aimé l’idée mais nous a demandé de retravailler une nouvelle version. C’est à cette époque que j’ai fait appel au crowdfunding pour payer la deuxième version, car le coup d’un scénario est très cher. Ensuite si ça marche, on va contacter des producteurs pour monter le projet.

Envisages-tu d’avoir un rôle ?

Pas du tout. J’aurais adoré être acteur mais j’y arrive pas. Je suis quelqu’un d’excessivement vrai, même trop et j’ai du mal à jouer la comédie, à prendre sur moi. Mais il y aura des passages musicaux de Vanupié.

J’ai lu dans une interview que tu faisais une heure de méditation avant de monter sur scène ?

C’est un peu le téléphone arabe. Ce n’est pas une heure de méditation car je ne sais pas méditer. Des gens ont dit ça parce que je faisais des exercices de respiration avant mes concerts. C’est tout simplement pour ouvrir ma cage thoracique. Ce sont des exercices très techniques de gorge, et pour ouvrir les résonateurs du corps. Au début je le faisais systématiquement mais petit à petit je me suis rendu compte que je me sentais moins bien sur scène. Maintenant je le fais en fonction de mon état. Si j’ai chanté dans la journée, je n’ai pas besoin de me chauffer.

Tu as déjà fait beaucoup de grandes salles comme La Cigale, Le Bataclan, Le Cabaret Sauvage, quelle salle manque à ton actif ?

Il y a l’Elysée Montmartre que je fais en octobre. C’était un rêve d’enfant. C’est la salle où je suis allé voir le plus de concerts à Paris. C’est ma salle fétiche. Je rêve aussi de jouer à Hollywood Bowl à Los Angeles, et au Red Rocks festival dans le Colorado qui est au milieu d’un canyon avec des pierres rouges, c’est absolument sublime. Et pourquoi pas le Stade France un jour (rires).

Ton actualité est plutôt portée sur ta tournée ?

Effectivement la tournée va durer jusqu’en 2019 mais il y a aussi des clips en préparation. Je pars à San Francisco dans 15 jours pour tourner un clip. Je travaille aussi sur la production du prochain EP d’une chanteuse qui s’appelle Meylo, avec qui je travaille depuis 5 ans. On a fait un 1er clip il y a 6 mois et on sort son EP en octobre. Le scénario me demande aussi beaucoup de travail et à côté de tout ça, j’ai écrit 3 livres pour enfants. Ça rentre dans le cadre d’une association qui s’appelle Childhood Found, le fond de l’enfance, que j’ai montée avec 2 personnes. C’est suite à un reportage que j’ai vu sur des petites filles à Manille qui étaient dans des maisons closes. Il n’existe pas d’association pour les artistes qui leur permettraient de donner pour des causes bien précises. L’idée est de créer un logo que tous les artistes peuvent mettre sur leur CD, leurs livres, etc … Ils reversent ensuite une partie de leur vente à cette association et je me porte garant de l’endroit où va l’argent. Tous les ans on se rendra dans un pays différent pour rencontrer les acteurs locaux et allouer une partie de la somme qu’on aura gagné, pour aider principalement les enfants.

Quel est le sujet qui te met le plus en colère ?

Le sujet sur les prisons me rend dingue. Mettre une plante dans une cage, on trouvera ça bizarre, mettre un animal dans une cage, on trouve ça horrible, mais un être humain dans une cage c’est normal. Ah oui mais le gars il a fait une bêtise. Pourquoi le mettre dans une cage s’il a volé une voiture. Quel est le rapport, il va sortir de cage, il va revoler une voiture. Moi je les mettrais dans des lieux supers beaux avec des choses à défendre. Il faudrait qu’ils aient des trucs à perdre. Quand on a une vie de merde depuis le début et qu’on te parle mal et que la société te traite comme de la merde en permanence, il ne faut pas s’étonner que les gens aient envie de dire merde. On continue cette chaîne négative qui envoie tout le monde dans la mauvaise direction. Je trouve qu’aujourd’hui la justice c’est de la vengeance, et je ne suis pas pour ça. Ma mère m’a toujours dit, si on te frappe, ne frappe pas en retour. Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse. Il faudrait plutôt trouver les raisons et aider ces personnes à ne plus refaire de conneries. Ce n’est pas la taule qui va les aider.

Quel est ton album culte ?

Je vais dire « Legend » de Bob Marley, c’est sublime

Es-tu plutôt stressé ou posé ?

Je suis très posé à l’extérieur mais je suis une boule de feu à l’intérieur

Es-tu nostalgique ou rêveur ?

Plutôt rêveur

Es-tu insouciant ou soucieux ?

Plutôt insouciant

Si tu étais une chanson inavouable ?

« Toxic » de Britney Spears

Merci beaucoup Vanupié, bonne tournée avec tes musiciens et on te souhaite beaucoup de réussite dans la réalisation de tous tes différents projets.

Il jouera le 13 octobre prochain à l’Elysée Montmartre. Réservation par ici.  Retrouvez toute son actualité sur Facebook   vanupie.com    Youtube

Crédit photo : Jean Philippe GIMENEZ

// Interview par : Isabelle Grand-Dufay

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