Mamusicale

//TALISCO – « Aujourd’hui je me libère et ça m’éclate ! »

Interview Artistes, Pop | 12 avril 2019

Le 29 mars dernier, sortait le troisième album de Talisco « Kings and Fools ». En effet après « Run » et « Capitol Vision », l’artiste bordelais revient en force avec un opus plus personnel et plus brut. Mamusicale se devait de le rencontrer pour en savoir plus sur ce musicien aux différentes facettes… Talisco a plusieurs casquettes, celui d’interprète, de musicien et de compositeur. Pour lui la musique est un jeu, une passion à prendre avec les tripes.

Rencontre avec un artiste sincère, naturel, et surtout qui n’a pas sa langue dans sa poche ! 

 

Hello Jérôme ! Après deux albums à succès, tu reviens aujourd’hui avec un troisième intitulé « Kings and Fools ». Peux-tu m’expliquer la thématique, ainsi que le choix de ce titre ?

« Kings and Fools » représente deux extrêmes. J’ai voulu mettre en avant les rois et les fous pour mettre en valeur ces deux opposés qui pour moi, sont représentatifs de l’album. J’aime bien l’idée des rois pour prendre de la hauteur, exprimer le côté surenchère, avec de l’or, des choses superflues, du luxe… c’est comme ça que l’on imagine un roi. Quant aux fous, l’autre extrême, c’est le débordement, la surenchère mais dans l’optique d’exploser, faire ce que l’on veut. C’est vraiment autour de ces thèmes que j’ai composé l’album. Je m’inspire de ce que je vois, ce que je vis mais je suis surtout beaucoup dans le fantasme. Je compose une chanson, j’écris une histoire comme je pourrais écrire un film.

En quoi se différencie t-il de tes précédents albums ?

Il se différencie d’abord par la maturité que j’ai pu acquérir dans la musique. Que ce soit dans la composition, la réalisation, même par rapport au live. On a fait beaucoup de concerts, j’ai donc appris de quelle façon jouer ma musique. Tout cela a forcément un impact dans la composition d’un album. Aujourd’hui l’évolution se caractérise surtout par rapport au fait que je suis plus proche de moi-même, je sais plus ce que je veux. 

« Sun », « Closer »… dans ces clips, tu représentes un personnage solitaire, luttant contre soi-même.. mais avec des échos positifs, libérateurs… cela représente t-il la thématique de ton nouvel album « Kings and fools » ? Ou ton évolution dans la musique ?

Tout à fait. Déjà le fait que tout soit centré beaucoup plus sur un seul individu, il y a un côté plus brutal, plus instinctif… ces clips sont les symboles du lâcher-prise. Je me montre beaucoup plus, ça m’éclate, il y a un côté beaucoup plus assumé. Avant je me cachais davantage, aujourd’hui je me libère, je n’ai pas de problèmes à mettre un personnage en avant et à l’incarner. Au contraire, c’est un challenge, et surtout, ça m’éclate ! 

Peux-tu justement me parler de ton dernier clip « Closer » ? On te voit danser, te lâcher devant un miroir… qu’as-tu voulu mettre en lumière dans ce clip ?

L’idée était de faire vivre un personnage qui exprime un excès de confiance un peu brutal, qui vient s’éclater, mais dans un monde un peu solitaire. Il y a une touche un peu étrange dans ce clip. J’aurais pu faire jouer ce personnage par quelqu’un d’autre mais je voulais l’incarner moi-même pour souligner ce côté plus personnel à travers l’album, et montrer que j’incarnais mes idées.

A travers « Sun » tu évoques le fait de se regarder dans un miroir, d’être toujours le même… toi aujourd’hui au bout de 3 albums, que vois-tu lorsque tu te regardes dans le miroir ?

Si c’est le moment de me raser ou pas…(rires). Je vois ce que j’évoque dans cette chanson, c’est-à-dire que, quoique tu fasses, tu seras toujours ramené à toi, à ta propre personne. Tu peux essayer de te réinventer mais tu resteras toujours ce que tu es au fond de toi. Tu ne peux que t’améliorer. Moi quand je me vois aujourd’hui dans un miroir, je suis en paix. 

Comment procèdes-tu dans la création ? Certains artistes sont très  réfléchis sur la composition, d’autres au contraire sont très spontanés, dans l’urgence… qu’en est-il pour toi ?

Je m’empêche d’être trop dans la réflexion. Je trouve ça compliqué lorsque tu fais de la musique d’être trop dans cette réflexion car selon moi ça reflète de la peur, peur d’être vampirisé par ce qu’il se passe. Je n’ai pas envie de m’éterniser. Lorsque je compose un morceau j’essaye de ne pas trop passer de temps dessus, car au bout d’un moment, lorsque tu as trop de recul, tu as envie de tout changer et c’est ici que tu perds la magie. Pour profiter vraiment de l’instant, il faut qu’il soit naturel, spontané. Lorsque tu composes, si le morceau se déroule naturellement, rapidement, c’est qu’il y a quelque chose de magique.

Quelle a été la chanson la plus spontanée de l’album ?

« I’m the dead man », cette chanson a été le point de départ. Lorsque j’ai fait ce morceau je me suis dit que je tenais l’album, sa direction, et qu’il parlerait de telle chose… à partir de là, l’album s’est composé en deux mois. 

Tu fais de la composition digitale, qu’en est-il en live ? Privilégies-tu les instruments sur scène ?

Je privilégie  vraiment les instruments. Il y a une partie stress lors d’un concert car ton souci c’est que les gens prennent leur pied. C’est là que tu te rends compte que si toi tu ne prends pas ton pied, tu ne pourras pas faire plaisir au  public. Et très sincèrement, balancer des pistes de son sur scène ça ne me procure aucun plaisir. J’ai donc besoin que l’on joue sur scène pour pouvoir vivre les morceaux, qu’on les interprète pour notre kiffe et pour donner au public ce qu’il attend.

Tu as du succès aux Etats-Unis, tu as fait une tournée là-bas… quel est ton ressenti ? C’était un rêve pour toi ?

Je ne l’avais pas prévu mais j’en profite. Je ne me suis pas dit que le fait de chanter en anglais allait me permettre de tourner à l’étranger. J’ai été très surpris lorsque l’on m’a annoncé qu’on allait faire une tournée aux Etats-Unis… la blague quoi ! Mais ok allons-y ! Ce n’est pas un besoin, c’est un luxe et j’en profite.

Tu as tout quitté pour devenir artiste, tu as réussi, tu en vis. Aucun regrets donc ?

Impossible d’avoir des regrets. Pour moi la musique c’est un jeu. J’ai besoin de faire les choses avec envie, avec mes tripes. Avant j’avais un boulot qui était cool mais qui ne me passionnait pas des masses. Aujourd’hui je m’éclate, peut-être que ça ne durera pas, mais sincèrement c’est pas grave !

Pourtant pour certains artistes c’est un drame d’être pendant une période dans l’ascension et de redescendre ensuite. Pas pour toi ?

Pour être tout à fait honnête, je ne rêve pas d’ascension, j’aime vraiment les choses simples. Je ne veux pas d’une fausse vie, avec des choses superficielles… j’aime les endroits modestes, les gens modestes, la bière et la bouffe ! (rires) Je n’aime pas le tralala, j’aime les gens simples… et quand je suis dans des soirées mondaines, je m’ennuie, je ne me sens pas chez moi. Je préfère être chez Michel à la cool ! Donc si je dois arrêter la musique un jour, ok ! Tout va bien en ce moment, je suis très heureux, j’aime mon public, je veux que ça continue mais je ne m’accroche pas à des choses superficielles.

As-tu des collaborations particulières pour ton nouvel album ?

Non pas pour celui-là. J’aimerais faire des duos. Mais comme je suis toujours dans l’urgence de création, je n’ai jamais le temps d’en faire. Au moment où j’y pense, le morceau est déjà fini, bouclé, et pour moi il ne faut plus le toucher. C’est comme si tu avais fini ton tableau et que tu devais attendre une autre personne pour mettre un deuxième coup de pinceau…

Quel est le  moment le plus excitant pour toi dans la création d’un album ?

C’est vraiment la création. Ce sentiment lorsque je me lève le matin et que je me demande ce que je vais faire aujourd’hui. Mon processus est de me lever le matin à huit heures, de chercher des mélodies sous la douche et de les travailler. Je fonctionne comme ça, et si l’inspiration ne vient pas le matin c’est que la journée va être compliquée…(rires)

As-tu un conseil pour les jeunes artistes ?

Ne pas copier le voisin. De toute façon, si on essaye de copier on ne sera qu’un suiveur… il faut être soi-même, s’éclater, faire ce que l’on aime et ne pas partir avec l’objectif d’être une star car c’est un objectif qui ne tient pas. Personnellement, je préfère me planter en ayant fait un morceau qui me ressemble plutôt qu’avec un titre commercial.  Selon moi, le seul objectif que l’on doit avoir c’est de s’amuser, la musique passe surtout par cela. Et le business il faut le laisser aux producteurs.

La prochaine étape ?

La sortie de l’album et surtout la préparation de la tournée. En ce moment mon quotidien n’est fait que de répétitions. J’ai hâte !

Nous aussi nous avons hâte d’écouter ce fabuleux album en live ! Rendez-vous sur son site pour suivre son actualité et (re)découvrir « Kings and Fools » taliscomusic.com

C’est un Talisco libéré et passionné que j’ai rencontré, à l’image de son dernier clip…

// Interview par : Camille Mutin

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