//LEETOH entre skate et Rap

Interview Artistes, Musique Urbaine | 5 octobre 2018

Nous sommes allés à la rencontre de Leetoh, un jeune rappeur à la plume poétique et sincère avec des notes nostalgiques. Moment pour nous, de le découvrir ainsi que ses projets entre cinéma et musique.

Tu t’appelles Camille dans la vraie vie, pourquoi tu as choisi Leetoh pour ton nom de d’artiste ?

Ah ouais …. Alors Le nom est un peu bizarre. En fait, à la base je suis très geek et Leetoh vient d’un pseudo « Leet 1337 » du jeu Counter-Strike dont je suis fan. J’ai choisi ce nom mais il y avait également la forme et la disposition des lettres LEETOH qui me plaisaient (rire…).

Comment t’es venue cette envie de devenir artiste ?

A mes 18 ans, je suis venu m’installer sur Paris pour faire mes études de cinéma pendant trois ans. Ensuite, j’ai fait de la photo pendant sept ans ce qui m’a donné l’envie d’écrire des histoires et de les mettre en image.  Je n’avais pas du tout prévu de me lancer dans le rap mais un jour je suis tombé sur des instrus, j’ai commencé à écrire des textes, j’ai vraiment aimé et je me suis lancé avec mon premier titre « Marijuana ».

Quel est ton processus de création ?

Tout seul chez moi, je peux avoir de l’inspiration à n’importe quel moment. Ça dépend aussi de l’instru qui va m’aider à m’orienter là où je veux aller. Je travaille exclusivement en one shot. Si un texte ne colle pas, je l’abandonne et je ne reviens plus dessus.

En parlant d’inspiration, quelles sont tes influences ?

C’est ultra varié. Ça passe par Keny Arkana, Georgio, Gainsbourg, Aznavour,… un peu tout mais à la base, je suis plus rock comme les Arctic Monkeys, Les Beatles. Mon père était un grand fan des Beatles donc j’ai été élevé avec eux.

Petit point actu, tu penses qu’on peut réussir dans le rap sans clash ?

Honnêtement, je ne vois pas qui je pourrais clasher (rires). Mais oui sinon, je pense que c’est possible d’avancer sans clasher.

Est-ce tu penses qu’un rappeur doit être un exemple ?

Un rappeur doit toucher les gens avec ce qu’il a à dire. Il peut donc être perçu comme un exemple à suivre, après ce n’est pas toujours facile.

Des sujets sensibles ressortent dans ton EP « à ma place » notamment rester une femme ou encore « Laura ». Pourrais-tu nous en dire plus sur ces morceaux ?

J’aime bien me nourrir de tout ce que je vois et entends. Comme le morceau Laura qui traite le sujet de la prostitution avec les clichés que cela véhicule, par exemple : de femme bimbo etc… Mon souhait était justement d’enlever ces clichés et de montrer une autre vision de la prostitution, que cela pouvait toucher n’importe quelle femme lambda, que l’on peut croiser à n’importe quel coin de rue, qui a juste besoin de payer ses études ou un loyer et qui malheureusement tombe dans un espèce de cercle vicieux pour s’en sortir.

Tu t’es inspiré de faits réels dans ton entourage par exemple ?

Oui, je connais une fille qui avait besoin d’un financement pour ses études. Elle a fait escort afin de subvenir à ses besoins de façon rapide et efficace. C’est pas un cas isolé, beaucoup sont dans cette situation.

Ton deuxième EP vient de sortir, est-ce qu’on va retrouver une autre facette de Leetoh sur « je m’en fou » ?

Alors «  je m’en fou » est un peu spécial, parce qu’en parallèle je prépare un nouvel album qui n’a pas officiellement de date de sortie, celle-ci sera en fonction du label que je vais sélectionner. Initialement l’EP « je m’en fou » ne devait pas sortir, mais après réflexion, je me suis dit qu’au lieu de les laisser dans un tiroir, c’est mieux de les sortir. Beaucoup des morceaux de cet EP, comme « Sentiment » ou encore « Ouabeloula », sont des essais pour le fun.

Dans l’EP, quel est ton morceau préféré et pourquoi ?

Je dirais « l’avenir nous appartient » pour son coté sincère.

Comment le public a -t-il réagi face à ta proposition de l’intégrer sur ton prochain clip d’OUABELOULA ? 

Ils ont trop apprécié. J’ai eu énormément de retour. C’était vraiment ma volonté de faire participer le public pour les clips, pour me rapprocher au maximum de cette sensation de réelle. En plus, c’est moi qui réalise les clips, ce qui me permet d’être proche des gens et c’est ça que j’aime.

Qu’est-ce que veut dire OUABELOULA ?

C’est vrai qu’on m’a posé pas mal la question notamment si c’était le prénom d’une fille. En vrai j’ai cherché un titre, et j’’avais dans la tête une mélodie qui ressemble beaucoup au début du titre Katchi d’Ofenbach et Nick Waterhouse. « Doo wop a doo wop… » Donc non il n’y a pas de véritable signification, « OUABELOULA » c’est accrocheur, entraînant alors  je l’ai gardé.

Avec qui aimerais-tu faire un featuring  et pourquoi ?

J’aimerai bien Lomepal, on est tous les deux dans l’univers du skate. Et artistiquement je dirais  Bigflo & Oli. Ils me font rire je les aime bien donc ça pourrait le faire, sinon je me suis pas trop posé la question concernant les featuring.

Justement peux-ton te comparer à Lomepal musicalement ou ça ne s’arrête qu’au physique et votre amour commun pour le skate ?

Franchement plus pour le physique et l’amour du skate (rire)

Pour toi c’est quoi l’art de vivre du skateur et celle du rappeur ?

Je trouve que ça va bien au RAP le skate, après moi je skate depuis tout petit et j’écoutais déjà du rap en plus  du rock, j’ai toujours été très ouvert musicalement.

J’ai cru comprendre que tu avais un autre projet, plus précisément un long métrage dont tu fais la bande son. Quelle sera ta position, tu seras acteur, réalisateur … ?

C’est un long métrage que j’ai écrit et réalisé avec ma copine qui joue d’ailleurs  dans le clip « Laura ». Nous avions déjà réalisé un court métrage l’année dernière « Mon état d’Âme » qui était en festival. Là, nous sommes sur le long métrage de « Dis-moi » qu’on a tourné au mois de Juin dans quelques villes de France, on est actuellement sur le montage et il nous manque l’étalonnage et le mixage son du film. On fait tout nous-même ce qui peut prendre un peu plus de temps.

Quel serait le synopsis du film ?

C’est le récit du quotidien d’un groupe de jeunes parisiens, avec tous les problèmes qu’ils peuvent rencontrer dans un contexte familial, amical ou encore professionnel. L’ambition de ce film est de mettre en avant l’importance des amis face à un combat quotidien qui est parfois difficile à gérer.

Quel message voudrais-tu adresser aux personnes qui ne te connaissent pas encore ?

Profitez de ce qui s’offrent à nous, dans mes chansons j’essaie de casser un peu les codes aussi, c’est toujours intéressant de découvrir quelqu’un que l’on ne connait pas. Selon moi, chacun pourrait se retrouver dans mes textes, en tous les cas c’est ce que je souhaite.

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crédit photo :Nicolas Norblin

// Interview par : Leïla Kallouche

Chroniqueuse Live report / Albums

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