Mamusicale

//INTERVIEW NÂDIYA – L’ODYSSÉE D’UNE CARRIÈRE

Interview Artistes, Pop | 11 février 2019

Mamusicale a rencontré Nâdiya à l’occasion de la sortie de son dernier album « Odyssée » qu’elle dévoilera au public le 22 février 2019. Après cinq albums, un gros succès médiatique auprès du public, l’artiste a pris une pause de dix années avant de revenir en force avec de nouveaux titres évoquant l’unité, la sagesse, l’universalisme et la diversité.

Rencontre.

 

– Hello Nâdiya ! Dix années ont passé depuis ton dernier album… pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant de revenir ? Que fait un artiste dans ces moments de pause ?

Quand je décide de faire une pause, c’est une pause médiatique. C’était un choix, j’avais besoin de prendre du recul. J’ai produit beaucoup de chansons qui ont eu la chance de rencontrer un succès auprès du public, cela a été très intense durant plusieurs années. Donc pour pouvoir être sincère dans ma démarche d’artiste, j’ai eu besoin de prendre du temps… pour voyager, pour retrouver les miens, m’occuper de mon enfant et recharger les batteries avec les choses simples du quotidien. C’était un voyage géographique, mais aussi intérieur. J’ai travaillé en catimini dans mon Home Studio sur quelques morceaux, textes… jusqu’au moment où c’est arrivé à maturation. J’aurais pu revenir plus tôt mais on ne me proposait que des projets de reprises, et ça ne m’intéressait pas. Donc dix années plus tard, je profite de tout un contexte pour monter mon label et délivrer mon projet. J’espère également que mon label produira de jeunes artistes dans quelques temps.

– Le titre de ton album c’est « Odyssée ». Évoques-tu l’Odyssée de ta vie, de ton parcours musical ?

C’est l’Odyssée d’une tranche de vie, de ces dix années. Par définition, c’est une aventure d’expériences, d’étapes… entre le dernier album et aujourd’hui, il y a eu des étapes qui me permettent de proposer des histoires à travers une odyssée. Je profite de ce fil rouge d’odyssée pour composer des chansons qui sont liées aux autres avec des musicalités qui appellent à certains continents, avec des instruments traditionnels. Ces derniers rentrent en synergie avec des sons plus urbains. Je reste dans l’ère du temps en rendant hommage à cette musicalité du monde.

– As-tu hésité avant de revenir dans la musique ? Après un immense succès comme le tien, certains artistes ont peur de revenir, par peur de décevoir. Ce qui est un sentiment tout à fait légitime.

Bien-sûr. Et rien que le fait de se produire sur scène devant des gens c’est un défi qui est fou. Il y a forcément encore ce désir de montrer que l’on est capable. Mais je dirais que je travaille un peu comme un artisan, qui va tailler dans son bois, ou le sculpteur dans la pierre… je suis très fière de cet album. Je suis arrivée au bout du bout, du bout ! Et j’ai fini par me dire que ce qui compte c’est le chemin, pas la destination. C’est monter, tomber, se relever… et lorsque vous êtes dans ce but de délivrer quelque chose, que vous avez tout donné, et que ça rencontre le public, c’est magnifique, c’est la cerise sur le gâteau. En tout cas je n’ai pas triché pour ce nouvel album « Odyssée », j’ai donné ce que j’avais en moi, j’ai fait ce que je voulais faire, et pas autrement. D’où ces dix années de pause, de repli, pour essayer de sentir ce moment. Car même ce moment ce n’est pas moi qui choisi. Il faut attendre l’heure, et c’était maintenant.

– Tu évoques beaucoup ce désir d’unité, d’où ton titre « Unity », est-ce la définition de ton prochain album ? Le fil conducteur ?

Tout à fait. « Unity » va avec le titre « Victory » qui est un autre titre de l’album, tout comme « Multinationaux » ou « Nirvana »… il n’y a pas de titre en fait, ce sont des slogans. Je pense qu’il y avait ce besoin inconscient de proclamer, de scander un mot, une énergie particulière, en l’occurrence ici c’est l’unité.

– Le monde artistique est assez dur, parfois cruel. As-tu réussi à créer un cocon de confiance et d’unité dans ton métier ?

Je n’ai jamais eu de mauvaises histoires dans ce métier. C’est une histoire de perception. Il faut être habité pour faire ce métier, il faut être vaillant, endurant. Mais je ne dirais pas que c’est un métier cruel, du moment que vous avez un équilibre. Personnellement, ma vie artistique est très présente dans ma vie, mais je n’ai pas que ça. J’ai un vrai cocon, car j’ai un équilibre familial, je voyage et j’ai une vraie vie à côté de la musique.

– Tu évoques beaucoup la beauté de la simplicité, sans oublier la forme et sans tomber dans le simplisme, est-ce un moyen pour toi de raconter une histoire accessible, avec un fond poétique ?

Et bien oui c’est magnifiquement dit ! (rires) Ma perception est là, à travers des choses simples, accessibles… dans tout ce qui est simple, il y a la paix. La douceur est là. Des choses sont parfois fines, subtiles, ou parfois directes mais tout cela reste connecté à l’autre. C’est ce que la musique a toujours été, depuis le début, elle est née d’un simple son. En cela, je dirais que la musique c’est le verbe. Pour moi ça n’a jamais été une histoire de mode, elle réside dans des choses simples, directes, elle a toujours été et le restera toujours. 

– On remarque tes influences pop, R&NB, mais également tribales, musiques du monde… est-ce important pour toi cette diversité musicale ?

La diversité tout court est très importante. C’est ce qui fait la richesse du goût, qui nous permet de nous distinguer les uns des autres. Et la musique est un vecteur de communication universel, qui nous permet d’aller vers l’autre. Mon titre « Unity » est totalement dans cette thématique. On dit que l’humanité c’est comme un tout, qu’il faut partager ce message. Le terme « Odyssée » va avec universalisme, rencontre de l’autre…  ce qui est chouette c’est que sur un titre comme « multinationaux » nous sommes dans un baglama turc qui ressemble un peu à un sitar mais qui n’en est pas un. J’utilise le sitar dans le titre « Nirvana » car on incarne ces sons orientalistes indiens, tout en restant connecté avec cette énergie de son digital qui est très actuel et qui fait partie de mon univers depuis le début.

– Défends-tu des causes dans ton nouvel album ? Je repense à « Parle moi » qui évoquait la maltraitance des enfants.

Il y a toujours cette idée que l’on est plus fort lorsque l’on marche main dans la main, de se battre pour une forme de dignité, c’est un combat que je tiendrai toujours. « Top » évoque ça, cette manière de se dépasser, se transcender, malgré les impondérables. L’impossible est possible. C’est cette victoire de l’esprit sur le corps, rester soi en gardant une foi inébranlable. Cela appelle à des expériences que j’ai vécu, et que j’arrive à incarner en musique. Ce sont des codes universels. Cet album parle de l’état multiple de l’être. Avec « multinationaux » on évoque ce passage de l’enfance en se disant qu’à cet âge dans la cour de récréation on joue tous ensemble sans se poser la question de nationalité, de statut social… c’est ce qui fait la richesse de la vie. Il y a « Exil » aussi qui évoque la souffrance, mais cette souffrance salvatrice. J’invite l’auditeur à ne pas avoir peur de se retrouver seul avec lui-même, car c’est le chemin qui va nous permettre d’être fort, de nous trouver.

– As-tu des collaborations particulières pour ce nouvel album ?

Oui, justement pour « Exil » je me suis inspirée de l’univers de l’Asie, des samouraïs. Car ils restent dignes et forts dans l’adversité. Un samouraï accepte ce qui l’entoure. Le slam que je fais au piano juste avant le titre, je voulais qu’il soit en japonais. Et pour cela il me fallait un natif japonais. J’ai trouvé un vrai samouraï de soixante dix sept ans qui est venu au studio. C’était très fort, car il ne parlait pas bien français, il y avait une traductrice, qui traduisait mon slam. C’était très fort. Collaboration inattendue, et très riche. Elle était prévue dans mon rêve, et moi je vis mes rêves !   

– Pourquoi avoir créer ton propre label ? Est-ce que cela t’offres une plus grande liberté dans tes choix artistiques ?

Créer son propre label permet d’être effectivement complètement libre sur la chaîne de la création, allant du concept à l’image… mais déjà en maison de disque, j’étais assez libre. Aujourd’hui mon label me permet de continuer de travailler comme je le faisais à l’époque. Car je pense qu’aujourd’hui cette liberté est plus rare en maison de disque. Il y a quelque chose à suivre. Je pense que les artistes qui signent aujourd’hui sont entre guillemets « suiveurs » d’un projet. Je n’ai pas l’esprit de suiveuse, j’ai toujours été leadership dans mon projet. Parce que j’incarne ce que je chante, ce que je propose sur scène. J’incarne complètement mes chansons. Mais je travaille toujours en équipe, je suis toujours ouverte aux idées, c’est ce qui fait la richesse d’un projet. L’esprit d’équipe je le tiens du sport aussi. 

– La prochaine étape ?

L’album déjà. La tournée n’est pas annoncée pour le moment, car j’ai encore des rêves plein la tête, j’ai une vision précise de ce que je veux. Idéalement j’aimerais avoir un spectacle vivant, j’aimerais inclure dans cet univers musical et cinématographique, des gens du cirque. C’est la vision que j’aimerais présenter sur scène, donc on y travaille ! On avance pieds à pieds, pas à pas, mais qu’importe, on avance ! (rires)

Une chose est sûre, Nâdiya n’a pas perdu son mordant, sa sympathie et sa passion contagieuse !

A l’occasion de la sortie de son nouvel album le 22 février 2019, Nâdiya organise un jeu-concours « Odyssée Bus Tour » pour rencontrer son public et célébrer son retour avec le bus qui a servi à la célébration de la victoire de l’équipe de France sur les Champs Elysées pour la coupe du monde 2018. Retrouvez toute son actu sur nadiyamusic.com  En attendant la sortie de son prochain album « Odyssée » (re)découvrez son tout dernier clip « TOP »

crédit photo : Alex Fadel

// Interview par : Camille Mutin

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