//INTERVIEW MARA – CAN I GET A PEN ?

Interview Artistes, Musique Urbaine | 30 octobre 2018

C’est avec curiosité et grand intérêt que Mamusicale rencontre ce jeune artiste pour la sortie de son premier EP solo « Cas d’école » (1er novembre). A travers 6 titres, Mara nous parle de famille, d’hypocrisie, de guerre intérieure, d’espoir…  avec la puissance de ses flows hip hop. Rencontre avec cet artiste à l’inspiration et détermination débordante.

Hello Mara !

Salut Camille !

Tout d’abord, peux-tu te présenter ? Ton parcours etc… Depuis combien de temps baignes-tu dans la musique ? Comment t’es venu cette passion ?

Ça fait 15 ans que je baigne dans la musique, j’ai commencé par la guitare à 13 ans.  J’ai fait partie d’un groupe de punk, on s’est produit sur beaucoup de scènes en France. Je n’ai jamais voulu m’enlever l’étiquette punk, c’est ce qui m’a initié à la musique, fait comprendre les mélodies, la manière de structurer les compositions… mais il y a 4 ans, j’ai décidé de lâcher la guitare pour prendre le micro à pleine main pour balancer des flows et faire du hip hop, car j’en écoutais beaucoup aussi. Je me suis donc lancé avec mon meilleur ami dans l’aventure « Foxy Friday », mais c’était surtout pour décrire une histoire d’amour entre potes, plutôt que le côté brut d’un son comme moi je l’entends. C’était extraordinaire de vivre ça avec lui mais par la suite j’ai voulu me lancer en solo pour faire ma musique.

D’où vient ton nom d’artiste Mara ?

Mara c’est issu du champ lexical de l’amertume en latin. C’est mon deuxième prénom.

Comme tout le monde, j’ai vécu des épreuves dans ma vie, mais c’est ce qui m’aide à puiser de l’inspiration et à introduire de la profondeur dans ce que je raconte. Et ce que je veux c’est faire ressortir de positif de tout ça. Mara c’est l’amertume, mais je voulais montrer en antithèse que grâce au travail, à la détermination, tu peux réaliser tes projets, et rendre ta vie incroyable. Mon troisième prénom c’était Patrick mais je trouvais ça un peu moins profond..(rires)

Premier EP en solo. Peux-tu me parler du travail que tu as fourni, sur la composition des morceaux…

Je travaille depuis un an sur cet EP avec Dora Dora qui compose des instrus. Au départ il devait juste pousser certains morceaux, pour que je compose derrière. On a fini par vraiment inventer ensemble, j’ai environ 30% sur les instrus, mais c’est vraiment mon acolyte qui fait l’architecture des morceaux, qui finalise le travail grâce à sa galaxie artistique. Et moi par dessus je pose mes flows, j’écris tout. Mais pour la suite, on prévoit d’inclure de vrais instruments.

Le titre de ton EP c’est « Cas d’école », sortie prévue le 1er novembre, tu fais d’ailleurs souvent référence à l’enfance, la famille… tu abordes d’autres thèmes, assez dénonciateurs. Peux-tu me parler de ces thèmes ? Que souhaites-tu dénoncer ? Que veux-tu honorer ?

Je pense déjà que lorsque l’on dénonce quelque chose, c’est pour honorer son miroir, son antithèse.

Un « Cas d’école » c’est un symbole, un exemple, tout dépend du contexte. Ici je pense que c’est ma famille. A travers nos épreuves, mes frères et moi avons toujours communiqué, en se regardant dans les yeux, sans jugement. On a trouvé une vraie force entre frangins. Cet album est là pour montrer que je peux me mettre à nu grâce à ce passé, la force que j’en ai tiré. J’ai voulu honorer ma famille, la fierté que je ressens pour elle. Le cas d’école c’est le cas de notre famille. 

Ton clip « Les Sup de Co » est léger, sur le ton de l’humour… mais il se termine de façon inattendue, tu te fais kidnapper. La dernière image s’arrête dans un champ, un revolver braqué sur toi. On suppose qu’il y a une suite. Est-ce que tu as prévu un clip par chanson, une histoire qui se suit ?

Tout à fait. Avec « Les Sup de Co » on voit ce qui se passe avant ce kidnapping, et les prochains clips raconteront la suite… on tourne le deuxième en novembre. C’est un album cinématographique, j’ai besoin d’associer ma musique à l’image. C’est ma rencontre avec le réalisateur  Gaël Verbitzky qui a façonné ce projet. Nous avons eu cette idée autour d’un verre, et 8 jours après nous étions déjà en train de tourner le premier clip. Sans lui le projet de Mara ne serait pas le même, j’ai beaucoup d’admiration pour lui.

Tu as fait une petite preview, un teaser de l’histoire qui va suivre, la chanson s’appelle « Can I get a pen ». J’ai été interpellé par les paroles « Do I wanna know and see myself, cause the good is the bad and the good is a crime », c’est puissant. Peux-tu un peu décrire cette phrase ?

Dans le teaser, j’ai inclus « Can I get a paper, can I get a pen ? », qui signifiait pour moi « puis-je avoir un papier, un stylo pour écrire cet album ? ».

Pour les paroles suivantes, même si je mets en valeur la communication, comme je l’ai fait plus haut, je me retrouve parfois confronté à cette peur de parler avec trop de transparence et de trop découvrir… découvrir une autre facette de moi, une version plus sombre. « The good is the bad and the good is a crime », dénonce ces gens successfull qui en fait, se travestissent à travers le crime.

Se mettre à nu est bienfaiteur mais effrayant car cela peut-être trop révélateur. C’est ce que j’ai voulu exprimer.

Le 1er novembre, tu présentes ton EP en live (Les Maquereaux, Quai de l’Hôtel de Ville). Comment te sens-tu ?

J’ai vraiment très hâte ! La scène me manque, je veux présenter ce projet au public, pour qu’il découvre mon univers, qu’il vibre avec moi et que l’on passe une soirée mémorable. 

Quelle est ta chanson préférée dans ton EP et pourquoi ?

« Crash Bandicoot » car elle parle de mes frères. Dans cette chanson je dis « le béton rouillé du 10 square du champ de l’aire garde en lui les coups et les bosses, l’écorce de 3 frères » c’est le symbole du square de notre quartier d’enfance, qui doit encore garder les marques de nos passages. C’est un hommage pour représenter tous ces moments de bonheur. 

Ton actualité, tes projets pour les prochains mois ?

Je vais me concentrer sur l’organisation des concerts, la réalisation des prochains clips, et la démarche promo de cet EP… et pour un projet futur, j’aimerais former un vrai live band.  

Si tu devais décrire la musique en un mot ?

Couleurs. Car la musique permet de regarder avec différentes nuances certaines situations de la vie, c’est une thérapie et une inspiration sans limites.

Tout comme « Cas d’école », Mara est un artiste nuancé par beaucoup de couleurs et d’inspirations.Un talent à ne pas manquer sur scène ce jeudi 1er novembre à 19h30, Les Maquereaux Quai de l’Hôtel de Ville.En attendant la sortie de « Cas d’école » le 1er novembre, découvrez le premier clip de son album cinématographique, « Les Sup de Co ».

Retrouvez toute son actu sur Facebook

// Interview par : Camille Mutin

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