//INTERVIEW : LOUIS DELORT – DE LA PASSION A L’ENGAGEMENT

Chanson française, Interview Artistes, Pop / Rock | 14 octobre 2018

Que de chemin parcouru pour Louis Delort depuis The Voice. L’artiste revient en force avec son premier album solo « La folie des hommes ». Artiste indépendant aujourd’hui, Louis nous offre un album riche, varié et il n’a pas peur d’exprimer ce qu’il pense, ce qu’il veut. Rencontre avec ce compositeur/interprète sincère et engagé.

– Hello Louis !

Salut Camille !

Enfin un album solo !

Après the Voice, « 1789 – Les amants de la Bastille », Louis & the Sheperds, 4 ans chez Mercury… tu es artiste indépendant maintenant. Tu as toujours été entouré, c’était un challenge cet album solo ?  Comment te sens-tu en solo ?

C’était un challenge, et surtout une nécessité. J’avais envie de pouvoir composer des chansons sans aucune restriction, créer un album sans avoir de compte à rendre. L’important pour moi était de réduire les intermédiaires entre le public et moi.

Le titre de ton album c’est « La folie des hommes », sorti le 28 septembre…15 titres. Tu nous offres un album riche varié, pop rock folk,  tu ne t’exprimes pas dans un seul style de musique, une seule langue… c’était important pour toi ? Est-ce la raison pour laquelle tu es passé artiste indépendant ? Pour avoir cette liberté et un album qui te ressemble vraiment ?

Tout à fait. Je n’aurais sans doutes pas pu créer cet album avec un major car ils demandent souvent une uniformité au niveau du son. Quant à moi j’avais vraiment envie d’explorer toutes les influences que j’aime, que ce soit la folk, le rock, la pop… les influences symphoniques aussi. Le fait donc de travailler de manière indépendante m’a permis d’emprunter le chemin que je voulais et d’ajouter tous les ingrédients que je voulais dans cet album.

Peux-tu nous parler des thèmes que tu défends dans ton album, avec notamment « la folie des hommes », « le monde est à rendre »…

J’avais envie de parler de choses qui me touchent depuis quelques années. Et selon moi, c’est beaucoup plus fort et intense d’avoir des choses sincères à dire, à défendre à travers des chansons. Lorsque je chante « La folie des hommes » par exemple, j’y crois à fond, je m’identifie au personnage qui se demande si ce Dieu existe vraiment, pourquoi laisserait-il des gens mourir en son nom. Ce sont des introspections que je pouvais faire et que j’avais envie de mettre en texte.

Quel est le sujet qui t’as le plus touché/énervé dernièrement ?

Il y a beaucoup de sujets qui peuvent énerver actuellement. En ce moment notre génération passe son temps à s’indigner de choses et d’autres,  parce que l’on nous sert de quoi nous indigner. Moi ce qui me choque, c’est la tendance de certains politiques à mépriser les honnêtes gens qui travaillent. On entend plusieurs phrases à la télé ou autres qui rabaissent ces gens, et ça m’indigne.

Tu avais 18 ans lorsque tu as participé à The Voice, tu as 25 ans aujourd’hui, tu affirmes ce que tu veux, tu n’as pas peur de défendre les causes auxquelles tu crois. Pour toi, était-ce une chance de commencer jeune ?

Oui je pense que c’était une chance de commencer à 18 ans dans la mesure où j’ai pu tomber, me relever, et apprendre. J’ai pu tester plein de choses, comme avoir un major, et surtout faire partie d’un groupe (Louis & the Sheperds) et j’ai pu découvrir ce qui me faisait le plus vibrer. Et ce qui me fait plus vibrer c’est de faire de la musique sincère.

Est-ce que c’est cela qui t’as justement permis à 25 ans, de sortir un album si riche, varié et mature ?

C’est ce qui m’a permis d’être en accord avec moi-même, car pendant un temps je voguais entre différents chemins. J’aurais pu m’orienter dans le commercial pur et ne pas faire mes chansons. Cela aurait pu très bien se passer, j’aurais peut-être gagné beaucoup d’argent, fait d’autres comédies musicales etc… mais je me suis rendue compte que ça ne me convenait pas car j’avais envie d’écrire, de composer, d’arranger librement mes chansons et de les interpréter sur scène.

Est-ce que l’expérience de la comédie musicale a modifié ta sensibilité par rapport à l’interprétation de tes chansons ? Est-ce que l’expérience d’acteur t’aides aujourd’hui dans l’écriture de tes chansons et dans l’interprétation ?

L’expérience d’acteur m’a aidé sur des points physiques comme savoir occuper la scène. C’est également un bon exercice pour se familiariser avec les projections, savoir où regarder, pour bien se mettre en conditions… mais le fait d’interpréter avec l’âme et avec le cœur c’est quelque chose que j’ai toujours essayé d’avoir et de faire car j’ai été bercé et influencé par des artistes qui font ça, comme Jeff Buckley. J’essaye de suivre à mon niveau le sillage des artistes qui chantent avec leur âme.

Qu’est-ce qui te fait le plus vibrer aujourd’hui, la composition d’un album, l’enregistrement ou le live ?

Ce qui me fait le plus vibrer c’est le live, et la composition vient juste après en terme de puissance. Car lorsque tu composes il y a une véritable excitation qui se passe. Si tu arrives à tirer les bons fils, ça fait vraiment du bien, il se passe quelque chose. Et lorsque tu viens à interpréter ces mêmes chansons sur scène, là c’est l’apothéose.

Est-ce que tu as l’impression de « rouler trop vite » (« On roule trop vite »)  ou au contraire, es-tu quelqu’un de très posé et réfléchi sur ta carrière ?

Je pense que c’est un mélange des deux, j’essaye d’avoir du recul et de ne pas me précipiter sur tout. Mais à côté de ça, j’ai parfois des coups de folie, j’attaque, si j’ai envie de faire quelque chose, je le fais. Par exemple l’album est sorti il y a deux jours, je suis déjà sur scène pour le présenter ce soir, organiser un concert aussi rapidement ce n’est pas commun, normalement il faut plus de temps pour organiser une date mais j’avais envie de le faire donc j’ai foncé. Et j’ai hâte d’être sur scène !

Tu aimes la chanson française, tu as l’amour des mots, une très belle plume pour l’écriture… est-ce un combat pour toi de défendre la langue française, la beauté des mots ?  Est-ce que tu penses que ça se perd de nos jours ?

Je ne pense pas que la langue française se perde, car il y a toujours des chansons en français. En revanche, les chansons à texte se font plus rares, dernièrement je ne me rappelle pas avoir été vraiment touché par des chansons que j’entendais à la radio. Si tu cherches plus loin tu trouves de vraies chansons à texte, qui touchent. La langue française se défend toute seule mais c’est aux artistes et surtout au public de faire son choix sur ce qu’il veut entendre.

 Un conseil pour les jeunes qui rêvent d’être musicien ?

De le faire, tout simplement. C’est quelque chose qui se sent. Si tu ressens ça au fond de toi, c’est que tu dois le faire, tu dois te lancer, pour ce que tu as dans le cœur.

Quelle est ta plus grande source d’inspiration ?

La vie sous toutes ses formes, les moments de colère, de tristesse, des événements.. lorsqu’il se passe quelque chose de fort en moi, j’en sors une chanson. Ou je regarde ma chérie et ça me donne une chanson par exemple ! (rires)

L’actualité de Louis Delort pour les prochains mois ?

Défendre l’album et surtout préparer la tournée qui va suivre à partir de 2019.

Si tu devais choisir un moment dans ta vie où tu as le plus ressenti d’amour pour ton métier et ta passion.

Ma première répétition avec le batteur de mon premier groupe The Sheperds. On répétait ensemble, c’était la première fois que jouais avec guitare, batterie… et là j’ai senti qu’il se passait quelque chose, et que ce serait ça que je voudrais faire toute ma vie.

On ne peut donc que lui souhaiter une longue vie artistique… Si ce n’est pas déjà fait, dépêchez vous de découvrir son dernier album « La folie des hommes » !

Rdv sur sa page Facebook  pour retrouver toutes ses dates de concert et son actualité pour les prochains mois.

Crédit photo : Alex Mouchet

// Interview par : Camille Mutin

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