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//INTERVIEW EMJI – MUSIQUE ET FOUGUE A L’ETAT PUR

Interview Artistes, Pop | 1 février 2019

C’est en 2015 que Emji remporte la Nouvelle Star sous un tonnerre d’applaudissements. Elle apparaît comme une révélation. Par la suite, elle enregistrera deux EP ainsi que son premier album « Folies Douces », et interprétera le personnage de Milady dans la comédie musicale « Les 3 Mousquetaires » en 2016.  Cependant, Emji et la musique c’est une longue histoire… habitée par des mélodies depuis toute petite, chantant son cœur dans le métro… la Nouvelle Star aura été le lancement de la carrière qu’elle mérite.

Aujourd’hui artiste indépendante, elle s’apprête à sortir son deuxième album, pas encore titré, grâce à un crowdfunding réussi. En effet, Emji a tout un public dévoué et impatient de découvrir ses nouveaux titres. C’est avant son concert au Café de La Danse le 18 janvier, que je la rencontre. Un live organisé à la base pour remercier ses contributeurs, mais qui s’est transformé en un véritable spectacle aux notes mystiques, féminines, sensuelles… entourée de ses musiciennes et danseuses, c’est une Emji éblouissante de talent que j’ai découverte sur scène.

Rencontre.

 

– Hello Emji ! 2 EP, un premier album… un crowdfunding réussi pour ton 2ème album..  peux-tu nous donner quelques indices sur ton prochain album ? Quel sera le fil conducteur ?

C’est un album qui est exclusivement féminin… le premier album « Folies Douces » était déjà une ode à la femme mais du côté plus mystique. Pour celui-ci, je prends un parti un peu plus concret, pour raconter des histoires plus actuelles. Pour le projet live je ne suis entourée que de femmes également, j’ai notamment deux danseuses avec moi (Justine Catala et Marion Gallet) qui étaient avec moi sur la comédie musicale « Les 3 Mousquetaires », ce sont des personnes de talent. Donc cet album est à l’image des femmes que j’ai pû rencontrer dans ma vie, qui m’ont inspiré, m’ont boosté… sans m’engager politiquement, j’avais envie de m’affirmer, exprimer une force féminine, une puissance. Je voulais tirer mon chapeau aux femmes de ma vie, en passant par ma mère, ma meilleure amie… Je dresse le tableau de plusieurs femmes, en passant par l’homosexualité, la mythologie grecque… le côté guerrière de la femme ressortira beaucoup grâce au côté percussif et tribal. Selon moi, une femme qui réussit, est une femme qui tape du pied, qui ne se laisse pas faire, qui est une guerrière. 

– En quoi se différencie t-il de ton premier album ?

Cet album est beaucoup plus actuel, notamment par rapport aux sonorités. Le premier album était peut-être moins accessible au niveau musical, j’avais beaucoup de cuivres, on était allé loin… mais j’en avais envie. En sortant de la Nouvelle Star, le mot d’ordre c’était de m’éclater, c’est ce que j’ai fait. Pour ce deuxième album je n’avais pas envie d’en faire tant, d’avoir tout un orchestre derrière moi, j’ai visé les percussions. C’est un album qui est donc un peu plus produit, plus moderne, plus pop. Il y a beaucoup de programmations par ordinateur, et oui, nous sommes au 21ème siècle… (rires) mais c’était vraiment un parti pris, pour apporter une touche plus efficace car il y a des sons qu’on ne peut pas avoir acoustiquement. Mon but était d’être plus impactante grâce aux percussions.

– Ce soir tu te produis au Café de la Danse, comment te sens-tu ?

A la base, ce concert a été organisé pour remercier les contributeurs du crowdfunding. Et par la suite j’ai voulu faire un vrai beau live pour présenter mon album, mon équipe a été dure à mettre en place. Je voulais trouver des personnes qui incarnent vraiment mon projet. L’équipe s’est constituée un peu au dernier moment, nous avons fait une résidence de quatre jours récemment, je ne connaissais pas la batteuse, Caroline, qui est exceptionnelle. Il y a eu des rencontres humaines et artistiques géniales, comme avec Laure, la guitariste. Il y a une très belle équipe autour de moi, donc je ne suis pas angoissée pour ce soir. Evidemment je vais être stressée cinq minutes avant, l’adrénaline monte juste avant d’entrer en scène pour moi ! C’est un bébé que l’on propose ce soir et on espère qu’il va plaire.

– Où puises-tu ton inspiration ?

Absolument partout. Je ne séquence pas mon travail. Je n’arrive pas à sortir de mon travail. Par exemple lors d’une soirée, j’ai rencontré un mec qui est devenu un très bon ami depuis, et toute la nuit nous avons chanté des chansons de Mylène Farmer… le lendemain, j’ai réécouté plus attentivement ses textes, et j’ai repuisé des influences là-dessus. Car l’inspiration peut venir lorsque tu regardes l’humain, quand tu parles à tes potes, en écoutant des chansons… elle est dans la vie tout simplement.

– Tes clips sont très soignés, tu t’investis vraiment. Dans le clip « Lost » par exemple, tu joues une internée en hôpital psychiatrique, tu nous dévoiles des talents de comédienne. Est-ce que le visuel est important selon toi pour représenter tes textes ?

C’est très important. J’ai fait quelques masterclass d’acting, ça me plaît vraiment. Cela dépend des artistes, certains vont très bien raconter une histoire  simplement avec une guitare, moi j’ai envie de mettre des couleurs. J’aime beaucoup tout relier. Par exemple, j’ai fait les costumes des danseuses pour le live, car j’étais modéliste avant. Tout cela m’a pris un temps monstre mais j’ai adoré, car le visuel est vraiment important pour moi. Je ne vois pas le métier de chanteuse en prenant juste un micro pour chanter. Je veux créer un monde, où les gens ont envie de se réfugier, d’être emporté loin. Moi aussi j’ai envie de m’emmener ailleurs. Le métier de chanteuse c’est un tout pour moi.

– Tu as un tempérament de feu, tu es une vraie passionnée, mais dans la composition es-tu au contraire, très réfléchie, posée ?

Je ne pense pas être réfléchie et posée non ! (rires) Mes meilleures chansons ont été composées en une demi-heure. Je fais ça depuis toute petite, je n’ai pas la prétention de dire que ce que je fais est génial mais en tout cas je suis fière de pouvoir être spontanée, d’avoir une inspiration. J’ai la tête sur les épaules, une fois les compositions faites, je suis très business, surtout maintenant que je suis en indépendant. Je suis profondément reconnaissante  pour le crowdfunding, j’ai une équipe extraordinaire avec moi. Donc non, je ne suis pas très réfléchie et posée sur la composition, je laisse mon inspiration me guider. 

– Est-ce que l’expérience de comédienne dans la comédie musicale « Les Trois Mousquetaires » a modifié ta sensibilité par rapport à l’interprétation, est-ce que cela t’as permis de te découvrir et d’ouvrir de nouvelles perspectives?

Cette expérience m’a effectivement beaucoup aidé, elle m’a également permis d’avoir un autre regard sur ce que l’on peut dégager sur scène. C’était un peu pareil pour La Nouvelle Star, car lorsque tu fais de la télé, que tu es devant une caméra, il faut faire vraiment attention aux mouvements. Par exemple, si je bouge trop ma main, les spectateurs ne comprendront pas ce que je veux exprimer. Grâce à l’acting, j’ai appris à contrôler mes mouvements. J’aurais bien voulu aller un peu plus loin dans l’incarnation du personnage de Milady, mais c’était très intéressant et enrichissant pour moi de travailler avec le metteur-en-scène et les différents coachs présents. L’interaction avec les danseuses m’a également beaucoup porté, le fait de raconter une histoire avec son corps, c’est d’une puissance incroyable. C’est pour ça que Justine et Marion sont sur scène avec moi aujourd’hui. Ce soir je vais reprendre la chanson « C’est si doux » (Folies Douces) qui parle de violences conjugales, et c’est seulement aujourd’hui que j’arrive à vraiment l’incarner, j’ai eu un déclic.  Il faut apprendre à ne pas seulement chanter, mais à incarner avec son corps, ses intentions… 

– Ton actualité pour les prochains mois ?

La sortie de mon single « Vegas » le 1er février. Plus la sortie de l’album, développer le concept, de nouvelles chansons… c’est un projet assez complet avec différents décors. J’ai envie de le faire vivre ! Et programmer un maximum de concerts !

– Un plaisir particulier en musique ?

Les impros ! J’adore chanter en yaourt, ne pas réfléchir et y aller ! C’est mon petit kiffe, j’aime bien sortir des choses spontanément. Parfois on me demande ce que j’ai voulu dire dans ma chanson, je réponds « Rien du tout. Potentiellement ce que je ressentais mais ça ne veut rien dire effectivement ! » (rires)

– Une bonne résolution artistique pour 2019 ?

La positive attitude ! J’ai assez galéré pendant deux ans et demi donc je me suis dis, en 2019 tout va bien ! Optimisme optimisme ! (rires)

– Si tu pouvais décrire la musique en un mot ?

La fougue, comme lorsque tu allumes une flamme ! Pour moi c’est ça la musique.

La fougue c’est également Emji ! C’est avec impatience que l’on guette la sortie de son prochain album… Retrouvez toute son actu sur emjimusic.com

Et en attendant ses nouveaux clips, (re)découvrez « Lost » :

Crédit photo : Marc Thirouin

// Interview par : Camille Mutin

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