Mamusicale

//Antoine HOLLER : LES BLUES BROTHERS ONT TOUT DECLENCHE

Interview Artistes, Mamusicale, Soul / Jazz, Soul Blues | 22 janvier 2017

Après son album « Love In Stereo » sorti en 2009, grâce auquel il reçoit différents prix, et son album « No Regrets » sorti en 2014, Mamusicale a le plaisir de rencontrer Antoine HOLLER pour la préparation de son 3ème album.

 

Dans quel univers musical as-tu grandi ?

On écoutait de la musique mais cela a été rapidement une volonté personnelle. Très tôt j’ai été en demande et j’ai été attiré par la musique blues, soul, jazz, pop. Je me souviens du film «The Blues Brothers» qui a marqué mon enfance et qui m’a fait découvrir Ray Charles, John Lee Hooker, Aretha Franklin, James Brown etc … Puis à l’âge de 12 ans, lorsque j’ai appris à jouer de la guitare, j’ai tout de suite été passionné par les grands guitaristes de blues et de Rock (BB King, Eric Clapton, Mark Knopfler, Jimi Hendrix etc..).

Quelles sont tes principales sources d’inspiration ?

Pour les textes, c’est la vie en général, le monde qui nous entoure, les gens, sans être forcément autobiographique. Pour la musique, c’est ce que j’écoute sur le moment, j’ai des périodes et ça peut aller du jazz à la soul, au blues, au reggae, la pop etc… Il m’arrive parfois de faire juste un riff de guitare et ça m’amène ailleurs. Pour mes compositions, je fais d’abord la mélodie et ensuite les paroles, c’est souvent dans cet ordre-là. Pour moi la musique est une échappatoire, qui m’a aidé dans les moments difficiles de ma vie. L’inspiration vient car j’ai besoin d’écrire pour évacuer. Je le vois plus comme ça. Après, comment écrire une chanson, et comment ça vient, je ne sais pas. Parfois quand je réécoute mes anciennes chansons je ne me souviens plus comment je les ai composées.

Y a-t-il des sujets que tu t’interdis d’aborder dans tes chansons ?

Je me refuse les thèmes qui ne m’intéressent pas. J’aime parler des thèmes universels comme l’amour, l’espoir, la souffrance des gens, le bonheur. Ce sont des choses toutes simples mais inépuisables dans l’écriture.

Tu es parti à Chicago, peux-tu nous parler de cette expérience et qu’est ce qui t’a fait revenir en France ?

Chicago était une transition pour moi car j’ai fait des études supérieures d’ingénieur. Pendant la 2ème année j’ai dit à ma mère que je voulais arrêter les études pour ne faire que de la musique. Et j’ai réalisé mon rêve d’aller à Chicago. Il fallait que je me confronte à ceux qui ont créé cette musique qu’est le blues et je voulais jouer dans les clubs de blues et de jazz de la ville. J’ai appris là-bas en quelques temps ce que j’aurais appris ici en 10 ans, tellement c’était intense. J’ai aussi compris que c’était cette musique que je voulais jouer et que c’était le métier que je voulais faire. J’avais une vingtaine d’années et c’était absolument extraordinaire. J’espère y retourner dès que je peux.

Tu as collaboré sur l’album de Charles Pasi, et tu as fait la BO du film de Valeria Bruni Tedeschi, la manière de composer est-elle différente ?

En fait, pour la BO du film, la musique était déjà composée, c’était un arrangement d’« I will survive » qu’il fallait faire durer 8 minutes, puis la jouer devant la caméra pour le film. Avec Charles c’est tout d’abord une grande histoire d’amitié. J’ai commencé le métier avec lui en duo, on a joué pendant plus de deux ans dans les bars à Paris, jusqu’à 4/5 fois par semaines. Puis un jour il m’a fait écouter quelques compos et je l’ai poussé à en faire un album. J’avais déjà un peu d’expérience dans l’enregistrement et la réalisation, j’étais passionné par le son, j’avais fait des stages dans des studios (comme le studio Acousti à Paris) et également à Radio France. On a donc coproduit l’album ensemble, arrangé les chansons et co-écrit pour certaines. On a fait une prod assez intimiste et ça a bien marché, ça nous a ouvert les portes des festivals etc..

Aimerais-tu écrire la BO complète d’un film ?

J’adore la scène avec l’intensité et l’adrénaline que ça procure, c’est extraordinaire, mais j’adore aussi l’écriture. Le moment où on est bloqué sur une chanson et que ça se débloque, je trouve ça magique. Et j’adore aussi écrire pour les autres donc oui bien sur écrire la BO d’un film c’est quelque chose qui m’intéresse. En réfléchissant, je me vois de plus en plus dans le futur écrire ou produire pour les autres, mais sans abandonner mon projet bien sûr.

Tu as joué dans des grandes émissions comme Taratata ou le grand journal, en quoi est-ce différent de se produire devant son propre public ?

La télé c’est très particulier. Taratata est un peu différent car ça ressemble beaucoup à un concert, mais c’est très chronométré. Mais les autres télés, c’est un autre boulot, c’est très intéressant et c’est bien de se préparer à ça. Une émission télé, c’est l’image avant tout et la différence est que tu joues 2/3 chansons maxi dans le meilleur des cas.

Tu as fait également les 1ères parties de Kool and The Gang, comment as-tu vécu l’expérience ?

C’est super les 1ères parties. A chaque fois c’était sur des festivals, et quand tu es un jeune artiste et qu’on te programme avant un grand artiste, c’est génial. C’est une occasion énorme de rencontrer de beaux artistes et de jouer sur des grandes scènes. J’ai énormément de respect pour ces artistes qui jouent encore et encore, comme BB King par exemple qui a joué jusqu’à la fin de sa vie, plus 200 concerts par an.

Quelle rencontre a eu une importance toute particulière pour toi depuis le début de ta carrière ?

Je dirais mes amis musiciens. Personne ne faisait de musique dans ma famille et j’écoutais une musique un peu décalé à l’âge de 20 ans. Je ne savais pas ce qu’étaient les jam sessions et c’est comme ça que j’ai rencontré mes amis (Charles Pasi et Bassam Bellman sont deux amis très proches). On avait le même âge et on aimait la même musique. Je me suis dit je ne suis pas tout seul. Ça m’a réconforté et c’est ça qui m’a le plus marqué. Je trouve cela très important dans la musique d’avoir des gens de confiance autour de soi, qui te comprennent, qui peuvent te conseiller, te rassurer dans les moments de doute etc..

De quoi rêvais-tu étant enfant ?

J’ai rêvé de cette vie assez tôt, je ne me souviens pas avoir voulu être pompier ou autre comme beaucoup d’enfants. Ma mère m’a raconté que j’ai été très rapidement attiré par les instruments de musique étant tout petit.

Comment te vois-tu dans 40 ans ?

Vivant j’espère (rires). Etre en bonne santé le plus longtemps possible pour continuer à faire ce métier, car c’est assez physique parfois. Tant que je continuerai à vivre de la musique je serai super heureux, et surtout continuer à avoir la liberté artistique que j’ai aujourd’hui.

Si tu devais échanger ta vie pendant un an avec quelqu’un d’autre, qui ce serait ?

Déjà ce serait avec une fille, pour savoir ce que c’est que d’être une femme. Une femme jolie bien sûr (rires). Mais pas forcément connue, car je ne suis pas sûr que les actrices super connues soient très heureuses. C’est agréable de signer des autographes après un concert mais être reconnu tout le temps dans la rue et ne plus pouvoir sortir tranquillement de chez soi ce n’est pas trop mon truc.

Pourrais-tu nous parler de ton actualité à venir ?

Je suis en pleine période de composition, je prépare mon 3 ème album. Je n’ai pas encore toutes les compos mais je veux prendre mon temps. Je veux surtout travailler le son et la production sur cet album, avec des beaux sons de basse-batterie etc. Trouver un réal ou un très bon ingé son avec lequel je puisse travailler et surtout qu’il comprenne mon univers et la direction dans laquelle je veux aller. C’est souvent dur de décrire un univers, une texture, un son avec des mots.

Sinon on peut me retrouver en live assez régulièrement à Paris (au China, Caveau des oubliettes, Chapelle des lombards etc..) et un peu partout en France.

Retrouvez toute son actualité sur antoineholler.com

// interview par : Isabelle Grand-Dufay

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